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Crédit : AFP

Omnium banque Nationale

Une semaine riche en rebondissements

Publié | Mis à jour

L’Omnium Banque Nationale a couronné son favori à Toronto et une joueuse inattendue à Montréal.

Mais avant les victoires du Russe Daniil Medvedev et de l’Italienne Camila Giorgi, il y a eu beaucoup de moments forts, inusités, voire décevants sur les terrains du Centre Aviva et du Stade IGA.

En voici quelques-uns.

CENDRILLON EN ESPADRILLES

Il y a eu quelques surprises cette semaine à Montréal, mais la plus belle a été la Canadienne Rebecca Marino. Classée 220e sur la WTA, cette ancienne membre du top 40 a surpris coup sur coup la 16e favorite, l’Américaine Madison Keys, puis la 31e joueuse au monde, l’Espagnole Paula Badosa. Elle a finalement trébuché devant la première tête de série, la Bélarussienne Aryna Sabalenka. Marino, qui avait pris une pause du tennis entre 2013 et 2017 pour soigner sa santé mentale, gravitera maintenant aux alentours du 175e rang mondial lundi.

COMME AU «FOOT»

Les spectateurs présents au Stade IGA ont chaudement encouragé les représentantes canadiennes, mais leur voix a été enterrée par les chants des partisans tunisiens d’Ons Jabeur, jeudi soir. Avec leurs chants et leurs drapeaux de la Tunisie, ils donnaient l’impression d’encourager une équipe de soccer plus qu’une joueuse de tennis. La Canadienne Bianca Andreescu, qui a fait les frais de Jabeur ce soir-là, a admis avoir été un peu déboussolée pendant le match : «Je sais que mes fans étaient là, mais les siens l’étaient un peu plus que les miens...»

AU PAYS DES GÉANTS...

À Toronto, les quatre demi-finalistes mesuraient tous bien au-delà de 6 pieds. Le Grec Stefanos Tsisipas était le plus petit, à 6 pi 4 po, et l’Américain Reilly Opelka, le plus grand, du haut de ses 6 pi 11 po (!). Opelka, au service imparable, est d’ailleurs le plus grand joueur de l’ATP. Le Russe Daniil Medvedev (6 pi 5 po) et l’Américain John Isner (6 pi 10 po) n’étaient pas en reste dans ce défilé d’athlètes au gabarit de joueurs de basketball.

... ET DES LILLIPUTIENNES

À Montréal, la Tchèque Karolina Pliskova était la seule à mesurer plus de 6 pieds — 6 pi 1 po, précisément. Si son adversaire en demi-finale, la Bélarussienne Aryna Sabalenka n’était pas loin derrière du haut de ses 5 pi 11 po, les deux autres joueuses dans le carré d’as étaient beaucoup plus petites : 5 pi 7 po pour l’Américaine Jessica Pegula et 5 pi 6 po pour l’Italienne Camila Giorgi. Comme quoi il n’existe pas gabarit idéal pour connaître de bons résultats au tennis féminin.

UNE PLUIE DE FORFAITS

Les averses n’ont pas trop embêté les organisateurs cette année, tant à Montréal qu’à Toronto. Mais ils ont dû concilier avec une pluie de forfaits. Avant le début du tournoi, le Serbe Novak Djokovic (1er mondial), l’Allemand Alexander Zverev (4e), le Suisse Roger Federer (9e), l’Australienne Ashleigh Barty (1re au monde), la Japonaise Naomi Osaka (2e) et l’Américaine Sofia Kenin (4e) avaient annoncé qu’ils ne feraient pas le déplacement au Canada. À ces forfaits s’est ajouté le retrait de l’Espagnol Rafael Nadal, 3e, avant son premier match. Quelques grandes têtes ont tout de même joué jusqu’à tard dans la semaine, au grand plaisir des spectateurs... et sûrement au grand soulagement des directeurs de tournoi.

DUR, DUR D'ÊTRE CANADIEN

On attendait Bianca Andreescu, Félix Auger-Aliassime, Denis Shapovalov et peut-être même Leylah Fernandez. Mais c’est finalement Rebecca Marino, 220e, qui a connu le plus beau parcours devant les siens. Auger-Aliassime et Shapovalov, têtes de série à Toronto, ont tous deux perdu dès leur premier match, mercredi. Fernandez, 70e mondiale, semblait bénéficier d’un tirage au sort favorable, elle qui se mesurait d’entrée de jeu à une qualifiée, Harriet Dart, 152e mondiale. De son propre aveu, la jeune joueuse a «mal joué» et s’est inclinée en deux manches, lundi. Quant à Andreescu, la deuxième favorite a été rattrapée par son manque de matchs face à la tenace Ons Jabeur (13e), qui connaît une saison impressionnante. Et par son corps, à nouveau : une blessure à un orteil a embêté la championne en titre pendant la seconde partie de sa rencontre de troisième tour, jeudi.

OPELKA, LE PHÉNOMÈNE

Le finaliste à Toronto arbore une barbe fournie, porte des chandails «tie-dye» sur lesquels est cousue une commandite de Red Bull. Dans l’univers propre et conservateur du tennis, l’Américain Reilly Opelka détonne. Et s’il est un homme de peu de mots sur le terrain après ses victoires, le géant de 6 pi 11 po au puissant service se montre beaucoup plus loquace lorsqu’il est question de critiquer l’ATP. «Les joueurs n’ont aucune liberté», leurs «droits de télé sont merdiques», «les dirigeants n’auraient pas pu gérer la pandémie de moins bonne façon», a-t-il déjà dit. À 23 ans, le 32e mondial est peut-être le leader d’une nouvelle génération de joueurs de tennis.

DÉMONSTRATION DE PUISSANCE

Le ciment rapide à Montréal et à Toronto a avantagé quelques-uns des meilleurs serveurs du circuit. Les Américains John Isner (21,1 as en moyenne par match au cours des 52 dernières semaines) et Reilly Opelka (18,7 as en moyenne) ont tous deux atteint au moins les demi-finales. Chez les femmes, la Bélarussienne Aryna Sabalenka, demi-finaliste, et la Tchèque Karolina Pliskova, finaliste, arrivent respectivement au deuxième et troisième rang pour le nombre d’as sur le circuit cette année, avec 241 et 233 avant le début du tournoi.