Crédit : Photo Agence QMI, Thierry Laforce

Alouettes de Montréal

632 jours plus tard, voilà les Alouettes

Publié | Mis à jour

L’attente est maintenant terminée. Après avoir patienté pendant 632 jours, les Alouettes sont de retour. Ils disputent leur premier match de la saison 2021, ce vendredi soir, alors qu’ils rendent visite aux Elks au Stade du Commonwealth.

Une partie que les joueurs attendent depuis plusieurs mois. Même chose du côté des dirigeants des Alouettes. Le propriétaire Gary Stern, le président Mario Cecchini et le directeur général Danny Maciocia pourront enfin voir l’équipe dans laquelle ils ont investi temps et argent au cours des deux dernières années.  

Pour cette occasion spéciale, Cecchini et Maciocia ont fait le voyage avec l’équipe d’entraîneurs et les joueurs. Ils n’auraient pas voulu rater cette rencontre pour rien au monde.

Sur le terrain, les attentes seront élevées après les succès obtenus en 2019. L’objectif n’est plus seulement de participer aux éliminatoires.

Tous les membres de l’organisation aimeraient bien mettre fin à la disette de conquête de la Coupe Grey. Les Alouettes n’ont pas mis la main sur le précieux trophée depuis 2010.

Est-ce qu’ils parviendront à atteindre la terre promise ? Il est trop tôt pour y aller d’une prédiction à ce sujet.

Guerre de mots  

Avant de penser aux grands honneurs, les Alouettes doivent disputer leur saison régulière. Cette année, en raison de la pandémie, ils disputeront seulement 14 parties au lieu de 18.

Et ça commence avec un match contre les Elks d’Edmonton. La formation albertaine a changé de nom dans la dernière année en raison de la controverse entourant les Premières Nations.

Ce match entre les Alouettes et les Elks s’annonce très intéressant. Les Alouettes comptent maintenant plusieurs anciens joueurs d’Edmonton dans leurs rangs.

D’ailleurs, même si on a droit à des zooms quotidiens avec les joueurs, on a assisté à une guerre de mots entre le joueur de ligne défensive Almondo Sewell et le quart Trevor Harris. Les deux ont évolué ensemble dans les dernières saisons.

Le vétéran a été le premier à mettre le feu aux poudres.

«Si tu le frappes une fois, il va commencer à perdre ses repères», a indiqué Sewell en début de semaine.

Harris a répondu à son ancien coéquipier jeudi.

«Il ne sait pas de quoi il parle, a-t-il mentionné. Il y a deux options : soit que c’est un jeu ou soit il ne m’a jamais vu jouer au football.»

Les deux vétérans ont trouvé une bonne façon de mettre la table à l’affrontement de ce vendredi soir entre les deux équipes. Il sera intéressant de savoir qui aura le dernier mot à la fin de la rencontre.

Levels ne jouera pas  

Les Alouettes ont confirmé que le secondeur du côté large, Patrick Levels, ne jouera pas contre les Elks. Il est toujours embêté par des blessures à une hanche et à un doigt.

C’est Najee Murray qui le remplacera à ce poste hybride.

L’Américain, qui a surtout évolué au poste de demi défensif depuis son arrivée à Montréal, aura un beau défi devant lui.

Le receveur Dante Absher et le centre-arrière Alexandre Dupuis manqueront aussi à l’appel.

Dans le cas d’Absher, c’est plutôt surprenant parce qu’il a participé à tous les entraînements de la semaine.

Par contre, son absence ne devrait pas trop se faire sentir en raison de la profondeur de l’escouade aérienne des Alouettes.

Finalement, l’entraîneur-chef Khari Jones a décidé d’habiller un seul porteur de ballon, l’Américain William Stanback.

Cette semaine à l’entraînement, Cameron Artis-Payne avait pris part à plusieurs jeux simulés.

Ça laissait croire qu’il pourrait participer au match, mais ce n’est pas le cas.

LES 5 CLÉS DU MATCH  

1. HARRIS : LE CAUCHEMAR DES ALOUETTES  

Au cours des dernières saisons, le quart Trevor Harris a causé des maux de tête à la défense des Alouettes. À son dernier match contre Montréal, en 2019, il avait taillé l’unité de Bob Slowik en pièces.

Est-ce qu’on assistera au même scénario ce vendredi soir ? On ne le sait pas. Le nouveau coordonnateur défensif, Barron Miles, connaît bien Harris parce qu’ils ont fait partie de la même équipe dans les dernières années. D’un côté, Harris voudra livrer une autre performance convaincante alors que Miles voudra lancer un message au reste de la ligue lors de ce match.

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2. DE LA PRESSION SUR ADAMS JR.  

Lorsqu’il a pris les commandes de l’attaque des Alouettes en 2019, Vernon Adams Jr. n’était pas pris au sérieux. Plusieurs croyaient à un feu de paille. Toutefois, il est parvenu à réaliser quelques miracles pour amener son équipe jusqu’aux éliminatoires.

Cette année, il sera attendu de pied ferme par les autres formations de la LCF. On verra comment il réagira alors que les projecteurs seront braqués sur lui. La qualité de ses performances sera intimement liée à celles du porteur de ballon William Stanback.

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3. LE FRONT DÉFENSIF A DU PAIN SUR LA PLANCHE  

Depuis son entrée en poste, le directeur général, Danny Maciocia, a travaillé fort pour bâtir un nouveau front défensif. Il souhaite que ses nouveaux joueurs mettent de la pression sur le quart adverse de façon régulière, une lacune qui perdure depuis plusieurs saisons.

Ce sera crucial qu’ils parviennent à le faire contre Trevor Harris, qui n’est pas le pivot le plus courageux de la LCF.

Si les joueurs de ligne défensive peuvent déranger le quart des Elks, ils donneront une chance à leur équipe de gagner ce duel. Il faudra aussi qu’il trouve une façon de contenir le porteur de ballon, James Wilder Jr.

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4. LE QUÉBEC À L’HONNEUR  

Selon les derniers calculs, les Alouettes auront 13 joueurs québécois en uniforme, le plus haut total dans l’histoire de l’organisation pour un match. On verra ce qu’ils pourront faire pour aider les Alouettes à remporter une première victoire en 2021.

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5. L’EFFICACITÉ DE DAVID CÔTÉ  

Les Alouettes ont pris un pari audacieux en donnant le poste de botteur de précision à David Côté.

Toutefois, l’entraîneur-chef, Khari Jones, a déclaré au cours des derniers jours qu’il était confiant dans le potentiel du Québécois. Côté aura de la pression sur les épaules lors de ses premiers matchs et, comme tous les autres botteurs, il n’aura pas beaucoup de marge de manœuvre.

LE BAPTÊME DU FEU DE CÔTÉ  

Le botteur David Côté vivra un moment spécial ce vendredi soir à Edmonton. Ce sera son baptême du feu dans la Ligue canadienne de football quelques mois après avoir été repêché par les Alouettes.

«J’ai hâte d’être sur le terrain et d’affronter une autre équipe que la nôtre, a souligné le Québécois plus tôt cette semaine. J’attends ce moment depuis un petit bout.

«Lorsque je sauterai sur le terrain, je vais prendre un petit instant pour apprécier ce qui m’arrive et réaliser ce qui va se passer. Après, il faudra rapidement que je me remette dans le match.

«C’est sûr que ce sera spécial et je risque d’avoir des papillons dans le ventre. Ce sera un beau moment.»

Le numéro 15 des Alouettes sait très bien qu’il fera ses débuts devant une foule hostile au Stade du Commonwealth.

«C’est une bataille contre moi-même. Si je demeure concentré, je ne crois pas que ça va être plus difficile que dans les rangs universitaires.

«Pour ce qui est de la foule d’Edmonton, je ne crois pas que je vais être intimidé. J’ai eu la chance d’évoluer devant de grosses foules au PEPS de l’Université Laval.»

Il pourra aussi compter sur la présence de deux vétérans pour ses tentatives de placement. Pierre-Luc Caron (remise) et Matt Schiltz (teneur de ballon) connaissent le tabac. Ils sauront quoi faire et quoi dire pour mettre Côté en confiance.

Côté est un bel exemple de résilience. En raison de la pandémie, sa dernière saison universitaire a été annulée.

Du garage à la LCF  

Il a gardé la forme en s’entraînant dans le garage familial durant l’hiver.

Puis, les Alouettes l’ont repêché au cinquième tour en mai dernier. Quelques mois plus tard, il sera en uniforme pour le premier match de la formation montréalaise.

«Ce fut difficile par moment. Lorsque je bottais dans mon garage, je ne voyais pas aussi loin que cela, a expliqué Côté. Par contre, j’ai toujours eu comme devise que les bonnes choses vont t’arriver si tu travailles fort.

«Avant et pendant la pandémie, je me suis attardé aux petits détails. C’est ce qui a fait la différence durant le camp.»