Canadiens de Montréal

«La pire maudite chose que tu peux faire...» : l'entraînement dingue de Mattias Norlinder

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Pour le sportif de salon, il n’y a rien de plus frustrant qu’un athlète naturel. L’espoir des Canadiens de Montréal Mattias Norlinder en est un.

Lors de la pandémie, le jeune homme s’est consacré sérieusement à un nouvel hobby, le golf. Après à peine un an de pratique, il est parvenu à remettre une carte de 85 et il peut frapper la balle sur 300 verges. 

Selon une étude menée par «MyGolfSpy», seulement 4% des golfeurs peuvent atteindre une telle distance, et Norlinder fait déjà partie de ce groupe sélect. Bref, quand vous vous demandez à quel point les hockeyeurs professionnels sont athlétiquement habiles, cela vous donne une bonne mesure. 

Un coup de départ de Norlinder sur une normale 3. «J'ai réussi un oiselet là-dessus», souligne le principal intéressé.

L'élan de Mattias Norlinder -

S’il aime bien passer ses temps libres en tapant la balle blanche, Norlinder n’a pas eu pour autant un été de tout repos. 

Lors de sa réunion de fin de saison, Frölunda a insisté sur le fait qu’il devait prendre du muscle pour être plus puissant dans les coins de patinoire. Particulièrement au niveau du haut du corps. 

«Je dois renforcer le corps au complet, précise toutefois Norlinder au téléphone. Je suis assez jeune, mais je deviens vieux! Je dois aussi muscler mes jambes.»

Pour ce faire, il s’est notamment livré à un entraînement spartiate qui consiste à courir dans la pente escarpée de saut à ski du parc forestier de Slottskogen. 

«C’est la pire maudite chose que tu peux faire à Göteborg, s’exclame le talentueux défenseur, qui revient d'ailleurs tout juste de sa séance quotidienne au gymnase. On l’a fait deux ou trois fois cet été. Tu ne peux plus marcher pendant toute la fin de semaine après. C’est dingue!» 

Une mission           

Vous l’aurez probablement déjà compris, Norlinder a une personnalité spéciale... qui n’en demeure pas moins attachante. 

Au bout du fil, on le sent très décontracté, sans pour autant être le plus loquace. Parfois un peu lunatique, il vit la vie à son rythme, prenant son temps pour articuler des réponses. Et il lui arrive de surprendre son interlocuteur en répliquant avec une étonnante candeur. 

C’est sur la patinoire que d’autres facettes de sa personnalité ressurgissent : initiative, fougue, audace. Quand il est question de la prochaine saison, on le sent investi d’une mission. 

Il faut savoir que Norlinder n’a pas connu une année facile sur le plan hockey en 2020-2021. 

«C’était une saison différente pour moi, disons-le ainsi, avoue-t-il. D’abord, il y a eu cette blessure à une épaule et ensuite à un genou. Quand je suis revenu de ma blessure au genou, ça m’a pris plus de temps que prévu pour reprendre mon rythme de croisière.»

Si les partisans en Amérique du Nord se demandent pourquoi cet espoir pourtant prometteur n’a pas été plus convaincant à sa première saison dans la ligue professionnelle suédoise, voilà un élément de réponse.

Puis en séries éliminatoires, Norlinder a décollé en récoltant cinq points, dont trois buts, en seulement sept matchs. 

«J’étais au niveau que je dois être, oui.» 

Le niveau qu’il doit maintenir la saison prochaine? 

«Non, je pense que je dois être encore meilleur.»

Eh bien, la table est mise. 

Premier contact montréalais          

C'est alors que les Canadiens affrontaient les Jets de Winnipeg au deuxième tour des séries que Norlinder a paraphé son contrat d'entrée dans la LNH, le 3 juin dernier. 

Disons que le moment n'était pas propice pour avoir une longue discussion avec le directeur général Marc Bergevin. À vrai dire, les communications entre Norlinder et le CH se font surtout à travers le directeur du développement des joueurs, Rob Ramage. 

«Les Canadiens étaient assez occupés, rigole Norlinder. J'ai parlé à Rob au courant de l'été. J'imagine que la fréquence de nos discussions va augmenter à l'approche du camp d'entraînement.»

En fait, le Suédois n'avait même pas pris connaissance des récents propos du DG à son endroit. Lors de son dernier point de presse, le 28 juillet dernier, Bergevin a reconnu qu'il aimerait ajouter un défenseur «bougeant bien la rondelle» à sa formation, mentionnant du même souffle la présence de Norlinder au camp, au mois de septembre.

Pour Norlinder, l'objectif principal est de se tailler immédiatement un poste avec le grand club, cela va de soi. Pour la première fois de sa vie, il mettra les pieds en sol montréalais, dans quelques semaines. 

Il a eu un aperçu de la frénésie du marché en suivant du mieux qu'il pouvait, avec six heures de décalage, le périple du Tricolore jusqu'en finale de la Coupe Stanley. 

«C’était complètement fou, les partisans et tout ce qu’il y avait autour...», s’étonne le défenseur de 21 ans. 

Et s’il mentionne qu’il est tout de même habitué à se faire reconnaître dans la rue de temps en temps à Göteborg, le jeune homme n’a rien vu encore...