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Crédit : Dominick Gravel/Agence QMI

Sports aquatiques

«Je voulais finir avec le sourire malgré tout» - Meaghan Benfeito

Marc-Antoine Malo

Publié | Mis à jour

C’est avec beaucoup de positivisme que Meaghan Benfeito a fait samedi le bilan de ses Jeux de Tokyo, qui se sont terminés sur une note crève-cœur. Si vous pensiez que c’était la fin pour la Québécoise de 32 ans, détrompez-vous, puisqu’elle n’en a pas fini avec le plongeon.

L’issue de ses quatrièmes Jeux est somme toute un peu décevante pour Benfeito, qui dit avoir beaucoup pleuré dans les journées qui ont suivi sa 13e position en solo sur la plateforme de 10 mètres. La Lavalloise n’était qu’à cinq points de participer à une autre finale.

«J’ai le cœur brisé, mais en même temps, je pense que c’est important de voir le côté positif. On a quand même eu des Jeux olympiques. Je sais que j’ai tout donné», s’est consolée la triple médaillée de bronze, en visioconférence.

Dans un bel état d’esprit malgré tout, Benfeito reconnait qu’elle aurait été bien plus triste de ce résultat en 2016, si elle avait échoué à Rio.

La dernière année a été éprouvante. Elle a très mal débuté lorsque la plongeuse et son copain Alexandre Dupuis ont tout perdu dans l’incendie de leur immeuble en janvier. Elle aurait pu accrocher son maillot et en finir avec son sport, mais elle a persévéré.

«Ce qui est arrivé, pas seulement depuis janvier, mais avec la pandémie, avoir perdu mes deux grands-mères et plein de choses comme ça... Je pense que j’ai vraiment appris à plus apprécier la vie parce qu’elle peut changer du jour au lendemain», a soutenu Benfeito, le visage lumineux.

«Je suis entrée aux Jeux de Tokyo et je voulais finir avec le sourire malgré tout, et en sachant que je ne regrette rien, a poursuivi la Lavalloise. Je suis allé là et j’ai donné mon 100 %. Malheureusement, ce n’est pas le résultat que j’aurais voulu, mais je suis fier du parcours que j’ai eu, parce que ça aurait vraiment été facile d’abandonner au mois de janvier.»

Moment de réflexion

Benfeito prendra désormais une pause bien méritée pour faire le point. Elle assure tout de même qu’on la reverra très bientôt sur le bord d’une piscine.

«Je vais prendre quelques semaines. Je vais m’asseoir avec Arturo [Miranda, son entraîneur]. J’ai toujours dit que les Jeux n’étaient pas ma dernière compétition, mais avec l’année d’extra, je ne sais pas. D’avoir fini comme ça, ça vient me chercher. Ça me fait quelque chose», a reconnu la compétitrice, qui sait que sa carrière ne se résume pas qu’à sa 13e place à Tokyo.

Septième sur la plateforme en plongeon synchronisé à Pékin, en 2008, Benfeito est allée chercher le bronze à Londres et à Rio avec Roseline Fillion. En 2016, elle était également montée sur la troisième marche du podium en solo.

Un rôle de mentor

Il faut également souligner la superbe quatrième place à Tokyo de Benfeito et sa jeune partenaire, Caeli McKay. Derrière les Chinoises, les Américaines et les Mexicaines, le duo canadien a terminé à moins d’un point d’une médaille.

La Québécoise apprécie son rôle de mentor auprès de l’Albertaine de 22 ans. Cette dernière a participé aux compétitions malgré une blessure, et Benfeito se reconnait en elle.

«C’était difficile d’avoir ce rôle-là, a-t-elle confié. En même temps, je voulais qu’elle s’amuse. Elle était très concentrée sur les résultats et moi je la ramenais toujours. “Caeli, c’est ta première expérience aux Olympiques. T’as quasiment un pied en moins. Il faut juste qu’on apprécie.”»

«On n’avait même pas encore compétitionné, mais elle me disait : “Merci d’avoir confiance en moi, de me relaxer”. Elle n’était pas aussi stressée qu’elle aurait dû l’être et pour moi c’était un travail accompli.»

Si une carrière d’entraîneuse n’attend pas nécessairement Benfeito à sa retraite, elle souhaite contribuer au cheminement de McKay. Une chose est certaine, le plongeon restera toujours dans son cœur, malgré vents et marées.