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Olympiques

Les Canadiennes sont championnes olympiques!

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Le Canada a signé une victoire historique vendredi matin, au Stade international de Yokohama, en remportant l’or olympique pour la première fois en soccer féminin par un gain arraché à la Suède en tirs de barrage.

Au sixième tir, en déjouant Hedvig Lindahl, Julia Grosso a semé l’hystérie dans le camp canadien. Son tir partiellement bloqué par la gardienne a dévié vers le haut du filet. Avec un pointage égal de 1-1 après 120 minutes, le Canada s’est imposé 3-2 en tirs de barrage.

À la cinquième ronde, la capitaine suédoise Caroline Seger avait la victoire au bout du pied, mais son tir trop haut a raté la cible, ce qui a permis au Canada de demeurer en vie.

Après un autre arrêt de Stephanie Labbé, Grosso n’a pas raté sa chance de fermer les livres.

«C’est irréel et je n’ai pas de mots pour décrire ce qui vient de se passer», a raconté Grosso, qui n’est âgée que de 20 ans.

«Je suis tellement fière de cette équipe. Sur mon tir, je suis restée calme et j’ai pris une grande inspiration. J’avais l’intention de changer ce que je fais habituellement, mais j’ai écouté mon intuition et cela a fonctionné», a ajouté la milieu de terrain.

C’est la première fois dans l’histoire du tournoi olympique que la finale se conclut en tirs de barrage.

Après le bronze aux Jeux de Londres et de Rio (2012 et 2016), le Canada voulait changer la couleur de la médaille à Tokyo.

Pour la Suède, qui n’avait pas perdu contre le Canada depuis 1988, il s’agit d’une deuxième médaille d’argent de suite après s’être inclinée contre le Brésil en 2016.

Rêve prémonitoire

Partante depuis le match contre la Grande-Bretagne, Vanessa Gilles a fait un rêve prémonitoire la veille du match.

«J’ai rêvé que nous allions remporter l’or et je me demande si je rêve encore», a raconté la défenseuse centrale avec sa grosse médaille au cou.

«Après avoir raté mon tir de barrage [elle a touché la barre horizontale], je suis allé voir Stephanie [Labbé, la gardienne]. Elle m’a dit de ne pas m’inquiéter et qu’elle allait protéger mes arrières. À partir de là, je savais qu’on gagnerait. Je n’ai pas de mots pour décrire son tournoi», a commenté Gilles.

Dans la tête des tireuses

«Je me sens “fucking great”», a lancé Labbé, rayonnante après la victoire.

«Ça fait tellement longtemps qu’on attend ce moment. En fusillade, c’est toujours un défi, mais je ne ressens pas de pression parce que je ne suis pas supposée faire d’arrêt. Les chances sont contre moi et je fais tout pour tenter de déranger l’adversaire», a expliqué la gardienne, qui souriait à pleines dents à ses opposantes tout au long des tirs de barrage.

Dominé en première demie, mais ne tirant de l’arrière que par un but, le Canada a obtenu une chance inespérée à la 67e minute.

Merci à la reprise vidéo

Fauchée dans la surface de réparation, la capitaine Christine Sinclair réclamait un tir de pénalité que l’arbitre n’a pas décerné, mais, pour un deuxième match de suite, la reprise vidéo est venue en aide au Canada.

Et, pour un deuxième match de suite, c’est Jessie Fleming qui a obtenu la mission de réussir le tir de pénalité, et elle a fait mouche pour créer l’égalité et redonner espoir aux Canadiennes.

«Nous voulions créer un moment de l’histoire canadienne qui a le potentiel de changer le sport à tout jamais, a déclaré l’entraîneuse-chef Bev Priestman. Ça s’est décidé à la toute fin mais lorsque ces joueuses font face à l’adversité, elles redoublent d’efforts.»

C’est la première fois depuis 1920, à Anvers, en Belgique, quand le hockey sur glace faisait partie des Jeux d’été, qu’une équipe canadienne remporte l’or.

En 1904, à Saint-Louis, les formations de soccer masculin et de crosse avaient aussi été couronnées.