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Olympiques

Alexander Zverev quitte Tokyo l'or au cou

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On attendait Novak Djokovic c'est finalement Alexander Zverev qui a été sacré à Tokyo: l'Allemand a remporté dimanche la médaille d'or du simple des Jeux olympiques en battant le Russe concourant sous bannière neutre Karen Khachanov à l'issue d'un tournoi de tennis marqué par les desillusions des grands favoris.

En battant nettement Khachanov, 6-3, 6-1, celui qui a fait tomber le N.1 mondial en demi-finale remporte le titre le plus prestigieux de sa carrière, lui qui à 24 ans, et malgré déjà 15 titres sur le circuit ATP - dont 4 Masters 1000 - court toujours après son premier Grand Chelem.

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«Rien de meilleur»

«Je ne vais pas enlever cette médaille d’or de mon cou avant longtemps. Je peine à trouver les mots pour décrire mon bonheur, c'est incroyable. C’est la plus grande victoire de ma carrière», a estimé Zverev à l'issue du match.

Cette médaille et les Jeux olympiques, «c'est tellement plus grand que tout ce qu'on peut vivre dans le sport par ailleurs. La valeur de ce titre est inestimable et incomparable. Il n'y a rien de meilleur au monde», a-t-il expliqué en conférence de presse. 

Cette victoire vient clore un tournoi olympique privé de nombre des meilleurs mondiaux - Rafael Nadal, Roger Federer, Serena Williams ou encore Simona Halep - et où les favoris présents ont failli.

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La N.1 mondiale Ashleigh Barty est tombée au premier tour, le double champion olympique Andy Murray a déclaré forfait avant son premier match, Naomi Osaka, superstar au Japon qui avait allumé la flamme olympique et porté les espoirs de son pays, est tombée dès les huitièmes face à la 42e mondiale.

Mais la plus grande surprise est venue de la chute en demi-finale du N.1 mondial, Novak Djokovic, grand favori, venu à Tokyo après quelques hésitations pour remporter son premier titre olympique. 

Il en repart finalement bredouille et diminué par une blessure à l'épaule et un «épuisement physique et mental». Peu rassurant à un mois de l'US Open (30 août-12 septembre).

La revanche de Zverev 

Si en doubles la logique a été respectée, avec les victoires des têtes de série N.1 - les Tchèques Barbora Krejcikova et Katerina Siniakova chez les dames, les Croates Nikola Mektic et Mate Pavic chez les messieurs - en simples, c'est une revenante et un jeune loup qui se sont imposés. 

Samedi, Belinda Bencic, ancienne N.1 chez les juniors et grand espoir du tennis suisse à la carrière freinée par les blessures à répétition, a remporté le titre chez les dames, et dimanche Alexander Zverev est venu montrer, après son exploit contre Djokovic vendredi, qu'il faudra aussi compter avec lui dans les années à venir.

Une belle revanche pour celui qui il y a un peu moins d'un an voyait ses espoirs de décrocher une première victoire en Grand Chelem s'envoler brutalement aux Internationaux des États-Unis. 

Alors qu'il menait deux sets à zéro face à Dominic Thiem, Zverev avait vu l'Autrichien s'imposer au terme d'un thriller de 4h02. Il était passé à seulement deux points du match.

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Mais depuis il s'est bien repris, remportant deux titres à Cologne à l'automne et atteignant les demi-finales à Roland-Garros.

Dimanche, toujours très efficace au service (6 aces, 69% de premières balles), il a assommé Khachanov de coups gagnants (65 contre 43 au Russe) pour s'imposer en seulement 1h21.

Malgré des tribunes vides pour cause de huis clos dû à la pandémie et le bruit de fond en début de match d'une manifestation anti-JO semblant se dérouler à proximité de l'Ariake Tennis Park, rien n'a semblé pouvoir perturber l'Allemand, qui à la fin du match seulement a laissé éclater sa joie en tombant à genoux sur le court.

«Du début à la fin, il a joué un match tout simplement fantastique», a reconnu Khachanov, qui hérite de la médaille d'argent. Le bronze revient à l'Espagnol Pablo Carreno.