Club de foot Montréal

Rea est à Winnipeg pour avancer

Dave Lévesque

Publié | Mis à jour

À 19 ans, Sean Rea se voyait déjà commencer des matchs avec le CF Montréal, mais c’est plutôt avec le Valour FC de Winnipeg qu’il joue un rôle de premier plan cette saison, et c’est tant mieux.

Le milieu de terrain a signé un premier contrat avec l’Impact en décembre dernier, avant que l’équipe ne change d’identité, et il entendait bien se tailler un poste avec la première équipe dès cette saison. Mais il a vite réalisé que les choses seraient différentes.

«Au début, je n’étais pas sûr à 100 % de ce que je voulais faire, je voulais m’entraîner avec la première équipe pour être dans les plans de Wilfried. Mais j’ai vu qu’il y avait beaucoup de milieux, et je n’aurais pas eu de temps de jeu.»

Quand on lui a proposé d’aller rejoindre Winnipeg, de la Première ligue canadienne, par l’entremise d’un prêt, il a accepté.

«En allant à Winnipeg, je pouvais obtenir de l’expérience, pour revenir et qu’ils me perçoivent comme un professionnel.»

Âge adulte

Rea le dit depuis longtemps, il a toujours eu l’ambition de devenir un footballeur professionnel.

«Je voulais être joueur de foot depuis que j’ai 5 ou 6 ans», admet-il en riant.

Ce passage dans la capitale du Manitoba est de nature à le modeler pour le reste de sa carrière.

«C’est la première fois que j’habite tout seul, que je dois faire mon épicerie et cuisiner. À 16 ou 17 ans, je vivais chez mes parents, ils cuisinaient pour moi, c’était facile. Ici, je suis passé de l’enfance à l’âge adulte et ça se reflète aussi sur mon attitude sur le terrain.»

«Un coach m’a déjà dit que la façon de s’améliorer c’est de devenir à l’aise en dehors de sa zone de confort.»

Au bon endroit

Sur le terrain, il fait partie des plans de l’entraîneur Rob Gale, qui l’a titularisé dans six des huit matchs disputés par l’équipe.

«C’était l’étape dont j’avais besoin afin de pouvoir rivaliser avec les gars pour qu’ils se disent que je suis prêt, admet Rea. Ce ne sont plus des matchs contre l’Académie ou encore la Première ligue du Québec.»

Et Gale, qui connaissait déjà Rea pour l’avoir vu évoluer à plusieurs reprises quand il était plus jeune, estime que le jeune est sur son X, comme on aime le dire.

«On le défie beaucoup sur le terrain et en dehors, on fait beaucoup de vidéos. On va lui donner la chance de se développer et de faire des erreurs. Il est au bon endroit au bon moment à cette étape-ci de sa carrière.»

Plus menaçant

Rea a disputé 411 minutes en huit rencontres et a récolté deux passes décisives. Maintenant, Rob Gale travaille beaucoup avec lui afin qu’il se place en position encore plus avantageuse.

«On veut le voir devenir une plus grande menace offensive et faire ce qu’on le voit faire à l’entraînement. Il a tous les outils, mais on veut le voir dans des espaces plus dangereux», résume-t-il.

Gale se montre élogieux quand on lui demande de décrire les atouts de Rea.

«Il est très à l’aise à un contre un et il a une vitesse qui lui permet de décevoir l’adversaire. Il peut aussi évoluer à plusieurs endroits sur le terrain, ce qui est un grand atout.»

Rea s’est montré d’accord avec les propos de son entraîneur actuel et entend faire tout en son pouvoir pour revenir à Montréal en étant un meilleur joueur que quand il est parti, le printemps dernier.

«Venir à Winnipeg, c’est exactement ce dont j’avais besoin. Je suis dans le meilleur des environnements pour progresser.»