Crédit : Photo Mississippi State Athletics / Courtoisie

MLB

Eric Cerantola : mûr pour être repêché

Benoît Rioux

Publié | Mis à jour

À moins d’une surprise, le premier joueur natif du Québec à être appelé au prochain repêchage du baseball majeur sera le lanceur Eric Cerantola.

«Je suis super excité, j’ai hâte de savoir quelle équipe va me repêcher et j’ai hâte de rentrer dans le baseball professionnel», indique l’athlète de 21 ans, en vue de l’encan prévu de dimanche à mardi. 

Originaire de la grande région de Montréal, Cerantola est déménagé avec ses parents à Oakville, en Ontario, lorsqu’il n’avait que 7 ans. Une simple conversation au téléphone suffit toutefois pour retracer ses racines québécoises, puisqu’il s’exprime encore très bien en français.

Entre deux discussions entourant les bonnes performances de Carey Price durant les séries éliminatoires de la Ligue nationale de hockey, ce grand partisan du Canadien de Montréal fait preuve d’optimisme face à ce qui se dessine pour sa propre carrière.

«Je pense avoir une belle opportunité pour le repêchage, mon agent a été en contact avec plusieurs équipes», dit celui qui vient de conclure sa saison à l’Université Mississippi State avec un championnat national gagné par son équipe.

«J’ai beaucoup aimé le temps passé au Mississippi, ça va m’aider à long terme, ajoute celui qui a joué trois saisons dans la NCAA, vantant au passage l’ambiance du baseball universitaire. Je me sens bien préparé face à ce qui s’en vient.»

Une décision justifiée 

Comme c’est parfois le cas au baseball, Cerantola a déjà été repêché une première fois par le baseball majeur, soit au 30e tour par les Rays de Tampa Bay, en 2018. À l’époque âgé de 18 ans, le géant de 6 pi et 5 po n’avait toutefois pas obtenu un boni de signature satisfaisant pour l’empêcher d’aller à l’université.

«Mes deux parents [Franco et Lucy] sont ingénieurs et c’était important pour moi d’aller chercher un diplôme, précise Cerantola, qui complète un cours en administration des affaires. C’est quelque chose qui va me servir toute ma vie.»

Au plan baseball, Cerantola se sent aussi plus mature pour affronter les aléas du baseball affilié. Comme lanceur, son passage à l’Université Mississippi State lui a également permis de s’améliorer, malgré une utilisation limitée dans les derniers mois.

«J’ai commencé la saison dans la rotation partante, mais j’ai été placé en quarantaine après avoir été en contact avec un coéquipier qui avait contracté la COVID-19, détaille-t-il. Par la suite, on m’a mis dans l’enclos des releveurs et je me tenais prêt si on me donnait la balle.»

Lancer à 100 milles à l’heure 

En 17 manches et un tiers, Cerantola a permis 11 points cette saison. Il a néanmoins réussi 24 retraits sur des prises et limité l’adversaire à une moyenne au bâton de ,206 contre lui. Plus impressionnant encore pour les recruteurs, Cerantola a par ailleurs atteint le chiffre magique des 100 milles à l’heure avec un lancer lors de son premier match de la saison, le 27 février, contre le Green Wave de l’Université Tulane. La moyenne de ses tirs varie entre 94 et 96 milles à l’heure.

«Quand je suis arrivé à Mississippi State, j’avais seulement deux lancers : une balle rapide et une courbe, a convenu Cerantola. J’ai amélioré la vélocité de ma balle rapide et ma courbe, mais j’ai aussi développé un bon changement de vitesse que je peux maintenant utiliser pendant les matchs.»

Autant d’arguments qui devraient faire de Cerantola le premier joueur natif du Québec - et peut-être le seul - à être repêché au cours des prochains jours.

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Repêchage du baseball majeur: des Québécois dans le collimateur 

En raison de la pandémie de COVID-19, la séance de repêchage du baseball majeur avait été réduite à seulement cinq rondes en 2020. Dans ce contexte plutôt particulier, aucun Québécois n’avait été sélectionné. Les joueurs d’ici peuvent être un peu plus optimistes cette année, car malgré une autre version écourtée, on compte un total de 20 rondes pour cet encan qui se tiendra du 11 au 13 juillet.

Pour tenter d’identifier les Québécois qui pourraient être repêchés, l’Agence QMI a tâté le pouls auprès de différents recruteurs originaires de la Belle Province.

De manière générale, on note une tendance importante. Il serait très étonnant qu’un jeune Québécois associé à une école secondaire soit appelé cette année. Les équipes risquent surtout de miser sur ceux qui fréquentent un collège américain ou qui évoluent au niveau universitaire aux États-Unis, dans la NCAA.

«Ils sont 100% désavantagés, a résumé Alex Agostino, qui travaille dans le secteur du recrutement pour les Phillies de Philadelphie. Et c’est encore plus vrai cette année alors qu’on retrouve moins de joueurs dans les ligues mineures.»

Une quarantaine d’équipes ont effectivement disparu à la suite d’un remaniement dans le baseball affilié, qui ne compte plus que quatre niveaux: A-faible, A-fort, AA et AAA.

À titre d’exemple, un joueur comme Jean-Christophe Masson avait seulement 16 ans quand il a été sélectionné au 26e tour (777e au total) par les Blue Jays de Toronto au repêchage de 2019. L’encan comptait à l’époque 40 rondes. Il aurait été plus difficile pour lui d’être appelé, selon le contexte actuel. Le jeune Alexis Gravel, 17 ans, aurait très bien pu suivre ses traces en étant repêché cette année, mais à 20 rondes, ses chances s’amenuisent considérablement. Il risque plutôt de se joindre au collège Weatherford, au Texas, cet automne.

Une carte cachée? 

Lors des cinq derniers repêchages du baseball majeur, un seul Québécois provenant de l’école secondaire a été choisi dans les 20 premières rondes, soit le lanceur gaucher Antoine Jean, au 17e tour. Or, celui-ci a refusé l’offre des Twins du Minnesota pour se tourner vers l’Université de l’Alabama. À 19 ans, Jean pourrait à nouveau être repêché d’ici la fin de son séjour dans la NCAA.

Selon les échos, c’est un lanceur natif de la région de Montréal, soit Eric Cerantola, qui semble avoir le plus de chances d’être sélectionné au cours de la prochaine semaine. Le grand droitier, qui a grandi à Oakville, en Ontario, est un produit de l’Université Mississippi State. Les Rays de Tampa Bay en avaient fait leur choix de 30e tour en 2018, mais il avait alors décidé d’emprunter la voie de la NCAA pour augmenter sa valeur. Pour le reste, nous ne sommes jamais à l’abri d’une carte cachée.

Celui qui risque d’être repêché...

- Eric Cerantola*

Des cartes cachées:

- Conor Angel

- Mathieu Deneault-Gauthier

- Alexis Gravel

- Christopher Pouliot

- Mathieu Vallée

À surveiller en vue des prochaines années:

- Félix-Antoine Chénier-Rondeau

- Louka Daoust

- Yohann Dessureault

- Cédric De Grandpré

- Antoine Jean

- Joshua Jones

- Simon Lusignan

- Alfonso Villalobos

*Eric Cerantola est né au Québec, mais a grandi à Oakville, en Ontario.

Liste des Québécois sélectionnés parmi les 20 premières rondes lors des cinq derniers repêchages: 

2019 – Antoine Jean, Twins du Minnesota, 17e ronde - ABC

2019 – Édouard Julien, Twins du Minnesota, 18e ronde – NCAA (Auburn)

2017 – Jonathan Lacroix, Astros de Houston, 12e ronde – Collège (Seminole)

2017 – Raphaël Gladu, Mets de New York, 16e ronde – NCAA (Louisiane Tech)

2016 – Charles Leblanc, Rangers du Texas, 4e ronde – NCAA (Pittsburgh)

2016 – Abraham Toro, Astros de Houston, 5e ronde – Collège (Seminole)

2016 – Louis-Philippe Pelletier, Astros de Houston, 20e ronde – Collège (Seminole)