Canadiens de Montréal

Douche froide pour les partisans du CH

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L’ambiance festive s’est rapidement dissipée mercredi soir au Centre Bell et ses alentours après la défaite dure à avaler du Canadien, mais les partisans de la Sainte-Flanelle s’entendent tous pour dire que les exploits de l’équipe en série ont mis un baume sur une dernière année marquée par la pandémie.

«On y a cru du début à la fin. Je n’ai jamais été aussi euphorique depuis les 10 dernières années. Ces séries-là ont changé mon mal de place avec la COVID», lance Sébastien Dubois, attablé avec deux proches dans un resto-bar pour écouter la partie.

Gonflés à bloc par la victoire dramatique de lundi, les partisans étaient pleins d’espoir, mercredi, au centre-ville de Montréal, durant la cinquième rencontre entre le Tricolore et Tampa Bay.

Puisque le match se déroulait sur la glace du Amalie Arena en Floride, une diffusion avait aussi lieu à l’intérieur du Centre Bell mercredi soir.

«Je suis confiante depuis le début que Tampa Bay allait gagner en 5. C’était écrit dans le ciel. Je vis une belle soirée en ce moment. Je n’ai jamais vu autant de personnes au même endroit depuis un an», partage Britanny Laflamme, une des rares fans du Lightning sur place.

Son de cloche différent pour Xavier Julien, qui était convaincu de la victoire du Canadien après le triomphe de lundi dernier.

«C’est la déception totale ce soir. La saison est finie. On s’est rendu loin pour ne pas gagner», laisse-t-il tomber, en pensant au Lightning qui a soulevé la coupe Stanley pour la deuxième fois en neuf mois.

Venus de loin

Plusieurs partisans du Canadien ont fait le voyage de loin pour assister au match numéro 5 à Montréal. C’est le cas de la famille de Carole Jean-Baptiste, venue de l’Alberta juste pour l’occasion.

«Pour rien au monde on ne voulait manquer ça. Peu importe le résultat ce soir, on passe un beau moment et on est fiers de nos Canadiens», conclut l’Albertaine.

Haute surveillance

«Olé! Olé! Olé!», scandaient au début de la soirée les fans. Les partisans euphoriques s’époumonaient pour encourager le Tricolore qui jouait pour sa survie. Ils sont finalement rentrée sans faire de grabuge.

Les festivités se sont déroulées une dernière fois sous les yeux de plusieurs centaines de policiers aux aguets. Des agents du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), de la Sûreté du Québec (SQ) et la police montée sillonnaient toutes les rues aux abords du Centre Bell durant le match décisif.

Il s’agissait d’ailleurs du rassemblement avec le moins de fans depuis le début des séries, selon nos observations. Contrairement aux autres soirs, aucun feu d’artifice n’a été tiré mercredi.

«Y’a pas mal de policiers, c’est intense ! Je suis juste venue avec mon fils, c’est un fan fini du Canadien. C’est la première fois que je me déplace pour assister à un match. Il m’a suppliée de venir. On veut passer un beau moment mère-fils, c’est tout», confie Hernia Kermouche.

Des fans sereins

«Je pense qu’on peut dire qu’on s’y attendait. On quitte quand même contents, parce qu’ils se sont battus jusqu’à la fin.» – Felix-Antoine Caron.

«Je dis bravo au Canadien. Il faut accepter que le Lightning a très bien joué ce soir.» – Suzanne Lemieux, 80 ans.

«On est déçus que ça se finisse ce soir, mais on quitte la tête haute et fiers d’eux.» – Félix Bastien.

«C’était l’équipe négligée, alors se retrouver là après 28 ans, c’est déjà beaucoup.» – Fredwidg François.

«Oui, il y a de la déception, mais aussi de la résilience. On a eu un beau parcours.» – Pascal Forget.

Des amateurs de Québec déçus, mais fiers de l’incroyable parcours du CH

Même si la déception était grande hier soir à Québec après la défaite du Canadien, plusieurs étaient fiers du chemin parcouru.

Le match, diffusé dans les bars de la Vieille-Capitale, a gardé les fans de hockey sur le bout de leur siège, qu’ils soient partisans du Canadien, nostalgiques des Nordiques ou simplement heureux de voir l’équipe locale se rendre si loin.

Sur la terrasse du bar Quartier Général, en basse ville, on pouvait entendre des encouragements pratiquement chaque fois que les joueurs du Tricolore approchaient le but adverse.

Malgré le but de Tampa en deuxième période, plusieurs ont gardé espoir jusqu’à la fin, surtout avec le niveau de combativité de la Sainte-Flanelle tout le long de son parcours éliminatoire.

Mégan Lagacé était venue regarder la partie en famille ; cette année, ils suivent plus assidûment les matchs que d’habitude, encouragés par la performance du Canadien.

«Moi honnêtement, j’ai jamais suivi le hockey, et là je vois une équipe d’ici qui se rend si loin, ça me rend vraiment fière», dit-elle.

Tout un match

Nicolas Lefebvre, cuisinier au Quartier Général et fan de hockey, s’attendait pour sa part à un match « très serré » et c’est ce à quoi il a eu droit.

Pour lui, c’est clairement un évènement historique: «en 28 ans, oui ! Depuis 93... c’est une très grosse soirée».

«Je suis super fier ! Ce soir Tampa ont joué rough. Les Canadiens ont joué une super belle game», assure Nicolas Lefebvre.

«Si Montréal gagne, je paie les shooters à tout le monde ici, si Tampa gagne, on me paie les shooters!» avait lancé M. Lefebvre, en riant avant le match. Finalement, il s’est retrouvé bredouille après le match.

«Je ne suis pas un fan du Canadien, j’aime plus les Nordiques», raconte Zoran Drakul, propriétaire du bar, mais il espérait quand même une victoire.

«Je ne suis pas un Québécois, mais je soutiens toujours les affaires québécoises!» rigole celui qui est d’origine serbe.

«C’est pas la fin du monde s’il perd non plus, mais on aimerait qu’il gagne un autre match au moins», dit-il, mentionnant que c’est bon pour les affaires aussi.

Pas de favoris

Denis Labbé et Francis Brau faisaient partie des rares impartiaux. «Moi, je suis partisan du hockey», dit M. Labbé. Il prédisait une victoire de Tampa. «Je suis réaliste, peut-être l’un des seuls réalistes», a-t-il dit en rigolant.

De son côté, Francis Brau appréciait surtout de vivre cette ambiance après une année de pandémie.

«Avec la situation [au travers de laquelle] on a passé, on est capables de sortir sur les terrasses, voir les amis, je pense que le côté social est aussi important que le côté sportif», croit-il.