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Alouettes de Montréal

C’est la fin pour Martin Bédard

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Le Québécois Martin Bédard ne s’en doutait pas à ce moment-là, mais il aura conclu sa carrière dans la Ligue canadienne de football (LCF) en remportant un prix fort symbolique, soit le trophée Jake-Gaudaur, en novembre 2019.

Cet honneur individuel est décerné à un joueur de la LCF affichant le mieux les valeurs dont les vétérans font preuve en temps de guerre, soit la force, la persévérance, le courage, la camaraderie et l'implication communautaire.

«J’ai eu à surmonter mon lot d’épreuves, mais je n’ai pas à mettre ma vie en jeu pour défendre des valeurs auxquelles nous tenons tous, avait commenté le joueur des Alouettes de Montréal au moment de recevoir le prix. Je me considère chanceux de faire un travail que j’aime beaucoup et qui me permet de vivre autant de camaraderie avec mes coéquipiers.»

Environ deux ans plus tard, et après une saison 2020 annulée en raison de la pandémie de COVID-19, l’athlète de 37 ans a annoncé officiellement sa retraite du football professionnel, jeudi. Bédard avait bien conclu un nouveau contrat de deux ans avec le club montréalais, au printemps 2020, mais le contexte pandémique n’a pas favorisé les choses.

«La saison annulée m’a donné une introduction à la retraite. Je ne m’en vais pas amèrement ni tristement, a réagi le principal intéressé, expliquant en visioconférence que sa décision était la sienne, mais qu’elle était partagée par l’organisation des Alouettes qui, visiblement, demeurait plus ou moins intéressée à ses services. Je suis encore en train d’assimiler le fait que je suis en train de prendre ma retraite. Ce qui était inévitable est arrivé. Je devais faire place à la jeunesse.»

Le spécialiste des longues remises, qui a aussi excellé sur les unités spéciales, met donc un terme à une glorieuse carrière de 11 saisons, ayant totalisé 179 matchs dans l’uniforme des Alouettes.

«Je me considère choyé d'avoir pu jouer toute ma carrière avec la même équipe, d'autant plus qu'il s'agit de l'équipe de ma ville et de ma province», a-t-il noté.

Bédard garde évidemment en mémoire ses deux conquêtes de la coupe Grey, en 2009 et 2010. Il pense également aux partisans et aux nombreux coéquipiers avec lesquels il s’est lié d’mitié.

Impliqué auprès des jeunes

À l’extérieur des terrains, le Québécois faisait partie des joueurs des Alouettes les plus impliqués dans les écoles, incitant les jeunes à prendre les bonnes décisions malgré certaines épreuves de la vie. Le grand Martin s’y connaît d’ailleurs plutôt bien à ce niveau, ayant perdu sa maman Sylvie et son papa Jocelyn, tous deux décédés du cancer au fil des ans. Son frère Mathieu, qui est aussi son plus grand partisan, a pour sa part perdu l’usage de ses deux jambes après avoir été opéré, en 2006, pour une tumeur cancéreuse au sacrum. C’est aussi pour lui que Martin a toujours voulu jouer à Montréal.

«Ce serait difficile pour moi d’aller ailleurs, a-t-il ainsi convenu, quand on lui a suggéré qu’il aurait pu décider de terminer sa carrière au football avec une autre équipe. Pour mon frère, je ne peux pas aller ailleurs et j’ai aussi beaucoup d’autres engagements ici au Québec.»

Réellement, au football, comme dans la vie, Bédard a toujours su faire preuve de force, de persévérance et de courage. Il en trouvera certainement une dose supplémentaire pour accepter ce passage à la retraite. On lui prête d’ailleurs déjà l’intention de s’impliquer éventuellement, d’une manière ou d’une autre, dans le monde du football au Québec.