Séries de la LNH

À VOIR: fan des Canadiens depuis (presque) 100 ans

Publié | Mis à jour

La doyenne des fans des Canadiens de Montréal se trouve probablement à Saguenay.

À 100 ans, Germaine Côté, continue d'applaudir ses Glorieux et continue de croire qu’ils soulèveront leur 25e coupe Stanley. 

Mme Côté est née la même année que Maurice Richard, soit en 1921. 

Un siècle plus tard, cette véritable mordue ne manque aucun match du Tricolore. 

«Je mets ma jaquette et envoye, raconte la colorée amatrice de hockey. Quand ils entrent un point, je frappe. Je suis bonne de ça», ajoute-t-elle pour bien faire comprendre qu’elle applaudit chaque but.                    

Son fils, Marc, a été témoin de sa passion débordante. Quand elle va souper chez lui la journée d’une partie, elle lui fait bien comprendre qu’il y a un match qui approche. 

« Il faut que je sois à 8h00 devant ma TV», lui dit alors sa mère. 

«Parfait maman. On va aller te reconduire», répond son fils. 

Ses joueurs préférés

Quand Mme Côté a eu 100 ans, le 22 février dernier, le CH lui a envoyé une carte signée par le numéro 15, Jesperi Kotkaniemi, avec une photo de ce dernier, un de ses joueurs préférés. 

«Je pensais qu'ils allaient m'envoyer un autre souvenir, mais ils ne me l'ont pas envoyé», lance la partisane avec un sourire en coin. 

Elle adore aussi Brendan Gallagher parce qu'il est déterminé, un peu comme elle. 

«J'aime ça des joueurs qui sont fougueux, qui travaillent. Je suis fonceuse. J'ai 100 ans. Je fais mon manger. J'entretiens ma maison», affirme Mme Côté.

La mère, qui a eu six enfants et qui a perdu son mari en 1992, a aussi un faible pour celui qu’elle appelle le petit nouveau, Cole Caufield. 

«Un garçon de 20 ans qui joue pour le Canadien. C'est plaisant. Il est bon. Il rentre les points gagnants», analyse Germaine Côté, avec les yeux brillants. 

Un sport qui a changé

Germaine Côté a commencé à suivre le Tricolore quand Howie Morenz et Aurèle Joliat étaient les vedettes de l’équipe dans les années 1930. 

Au fil des années, elle a vu le hockey changer. 

«Les premiers temps, ils n'allaient pas vite comme aujourd'hui. Quand Béliveau allait entrer un point, il allait bien tranquillement entrer un point. Aujourd'hui, il faut qu'ils aillent se débattent pour un point», compare-t-elle.

Mme Côté a toujours aimé le hockey. 

«J'étais fille. Il y avait un aréna qui n’était pas couvert à Port-Alfred. J'allais aux joutes de hockey. Ce n'était pas chauffé. On se mettait debout sur le banc et on criait», se souvient la centenaire qui était alors accompagnée d’une bonne amie. 

Dans leur enfance, les quatre garçons de Mme Côté ont patiné avec un chandail de Montréal sur la petite patinoire que leur père leur faisait au domicile familial. 

Aujourd’hui, elle écoute les matchs en se préparant avec une boisson gazeuse, des croustilles et l'alignement des joueurs, car à 100 ans, elle les distingue par leur numéro. 

«Au début, les Canadiens, c'était tous des Canadiens français. Les Béliveau, Bouchard, Geoffrion, Lafleur», dit-elle. 

Aujourd’hui, les noms des joueurs sont plus difficiles à retenir pour elle. 

Durant les parties, elle est expressive. 

« S'il y a un but, elle peut applaudir, explique son fils. Quand il y a un but de l'autre côté, quelques mots moins positifs, du genre: ils ont mal joué.» 

Le fils de Mme Côté croit que le hockey aide à la santé de sa mère qui vit encore seule. 

«Dans ces âges-là, il leur faut une motivation. Il leur faut une passion, témoigne Marc Tremblay. Elle nous embarque dans ses plans d'action. Je n'écoutais pas le hockey. Là, je l'écoute pour venir converser avec ma mère.» 

Le CH en finale: une belle surprise

Le parcours de ses Glorieux en série était inattendu pour Germaine Côté. 

«On ne pensait pas qu'ils allaient se rendre aussi loin. Ils ont travaillé. Ils ont écouté l'instructeur. Ils ont suivi ses conseils. Des fois, ils ne faisaient pas ce qu'il disait. L'instructeur leur a dit. Ils ont travaillé et là, ils ont gagné», constate-t-elle. 

La centenaire estime que ses joueurs ont mal performé lors du premier match de la finale. 

« Ils n'avaient pas le temps de s'organiser. Ils ont mal joué. Le gardien n'a pas été bon», déclare-t-elle selon son analyse du travail de Carey Price, pourtant l’un de ses joueurs favoris. 

Germaine Côté redoute la force d’Andrei Vasilevskiy dans les buts de Tampa Bay. 

«Leur gardien, il est bon. Il est grand et gros. Il a battu les autres équipes», lance-t-elle.  

Germaine Côté a un conseil pour son équipe. 

«Ne pas avoir de punitions. Les punitions les tuent», mentionne-t-elle en appuyant chacun des mots. 

Mme Côté est une partisane attachante qui a assisté à 23 des 24 coupes du CH. Elle est persuadée d’en voir une autre cette année. 

« Le Canadien va gagner la coupe, hein! »

Voyez le reportage dans la vidéo ci-dessus.