Euro 2020

«Quand Christian est tombé au sol, tout s’est arrêté»

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La formation du Danemark participant à l’Euro a relevé la tête après que son joueur Christian Eriksen eut été victime d’une crise cardiaque sur le terrain et ceci a possiblement resserré les liens au sein des troupes, tout en rappelant à tout le monde les vraies valeurs du soccer.

C’est du moins l’opinion de l’entraîneur-chef de l’équipe danoise, Kasper Hjulmand, qui a récemment livré une généreuse entrevue à la chaîne TVA Sports, diffuseur francophone du tournoi. Évidemment, il a été fortement secoué par ce qui est survenu durant la rencontre du 12 juin contre la Finlande, quand Eriksen a dû être réanimé à la suite de son malaise subi devant une foule médusée à Copenhague. La suite a défilé à vive allure, mais pour le pilote, le côté humain devait et doit toujours primer sur le reste. 

«Les 10 derniers jours sont difficiles à décrire et c’est probablement la dernière fois que notre pays accueille un match d’une telle importance; nous avons un petit pays d’environ cinq millions et demi d’habitants. On avait donc consacré beaucoup d’efforts à cela et nos buts étaient clairs. Puis, quand Christian est tombé au sol, tout s’est arrêté. Le Danemark a été silencieux pendant une heure. Tous les objectifs étaient désormais différents, notre attention était ailleurs. On a vu que la vie reste fragile et qu’elle peut se terminer à tout moment», a-t-il mentionné.

«On a vu notre meilleur joueur, notre ami, se battre pour sa vie. Les gars ont été absolument incroyables, a-t-il ajouté au sujet de son groupe qui est parvenu à se qualifier pour les huitièmes de finale en écrasant la Russie 4 à 1 après avoir encaissé deux revers d’affilée. Ma principale préoccupation fut d’essayer de mener avec de l’humanité ces joueurs en prévision des matchs à venir. Effectivement, quand de telles choses arrivent, vous vous demandez pourquoi vous jouez au football. [...] On a essayé de traverser cela avec beaucoup d’émotion [...] et contre la Belgique [NDLR : le match suivant, qui fut une défaite de 2 à 1 au Danemark], ce fut difficile. Cependant, on a joué une partie fantastique. On a tout donné et les gens au pays ont été formidables en termes de compassion.»

Toute une nation derrière l’équipe 

D’après Hjulmand, qui a déjà dirigé le Québécois Patrice Bernier avec le club de première division danoise FC Nordsjælland, c’est toute une nation qui s’est regroupée derrière sa formation. Celle-ci voudra d’ailleurs lui montrer toute sa reconnaissance lors de son affrontement des huitièmes contre les Gallois, samedi.

Par contre, au-delà du résultat, il y a la solidarité, l’amour et l’amitié pour autrui. Et à ce titre, Hjulmand croit que son sport a des vertus significatives. Le malheur ayant frappé les rangs du Danemark a rendu chacun plus attentif au mieux-être de ceux qui l’entourent.

«Tout le Danemark est derrière cette équipe et on saisit bien tout le sens du football, ce qu’il représente par ses valeurs de base, a-t-il souligné. Certains peuvent croire que notre sport est une question de cupidité, d’argent et d’ententes commerciales. Mais nous avons vu que le football est d’abord généreux, rassembleur. Il réunit les gens à travers les nations, peu importe leurs origines. On a touché cela de nouveau et au Danemark, tous sont unis.»