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Euro 2020

L'Espagne enfin lancée?

Publié | Mis à jour

Une victoire 5-0 contre la Slovaquie et tous les doutes s'évaporent? L'Espagne est enfin parvenue à gagner durant l'Euro mercredi et semble avoir retrouvé confiance et crédit à point nommé, avant le huitième de finale lundi contre une équipe d'un tout autre calibre, la Croatie.

Du beau football, des buts en cascade, et un « grand soulagement »: après deux nuls contre la Suède (0-0) et la Pologne (1-1), cette « Roja » en reconstruction a enfin rassuré son public et a redonné un nouvel élan au projet du sélectionneur Luis Enrique. 

« Comme ça! », affiche à sa une en grandes lettres jaunes et rouges Marca jeudi, précisant: « l'Espagne gagne, convainc et scelle la raclée de l'Euro ».

La presse espagnole s'aligne sur cet enthousiasme généralisé. « Permis de rêver », titre le quotidien sportif As, ajoutant que la « sélection ressuscite et se qualifie avec la manière ». « Un festival », abonde le journal catalan Sport.

Même le travail de Luis Enrique, dont les choix tactiques étaient critiqués jusque là, a été salué.

Le journal Mundo Deportivo voit dans ce succès « la Main de Lucho ». 

Pour Santi Nolla, directeur de Mundo Deportivo, « les changements effectués par Luis Enrique ont fonctionné, juste pour le match le plus décisif. Les entrées de Busquets et Sarabia ont été clé. Désormais, en huitièmes, la sélection devra confirmer que ce qui s'est passé hier (mercredi) n'était pas qu'un songe d'une nuit d'été ».

« Soulagement » 

L'entraîneur asturien, revenu aux commandes de la « Roja » en novembre 2019, est ressorti rassuré de cette « manita » 5-0, le plus large victoire depuis le début de l'Euro. 

« Cette victoire, c'est évidemment un soulagement. Pas seulement pour moi, mais pour ce que cela signifie: en continuant d'insister sur les mêmes concepts footballistiques, on peut arriver à des résultats. Elle arrive au meilleur des moments », a soufflé le sélectionneur espagnol en conférence de presse d'après-match, mercredi soir.

Mardi, avant cette « première finale », Luis Enrique, serein, avait comparé son équipe à une « bonne bouteille de la cave qui est sur le point d'être débouchée ».

Et il a filé la métaphore après le match: « cette bouteille a été débouchée, on a redonné de la joie aux supporters, aux joueurs. Et maintenant, on va aller chercher une autre bouteille à la cave, et on verra si on peut la déboucher celle-là aussi », a-t-il glissé, sourire malicieux aux lèvres, en référence à la Croatie, qui les attend en huitièmes lundi à Copenhague.

Ce large succès face à une nation bien inférieure sur le papier a-t-il pour autant effacé tous les doutes qui hantaient l'Espagne ?

Retour gagnant de Busquets 

« Le sélectionneur a fait un pari osé, mais un seul match a suffi à justifier ces dix jours d'incertitude qu'a vécu la sélection », a répondu Marca jeudi.

Contre la Slovaquie, Luis Enrique a effectué quatre changements (Eric Garcia à la place de Pau Torres, César Azpilicueta à la place de Marcos Llorente, Pablo Sarabia à la place de Dani Olmo et Sergio Busquets à la place de Rodri), qui ont tous optimisé le rendement de son équipe.

Et le retour du capitaine Sergio Busquets au milieu de terrain a été son atout-maître.

« Le match de Busquets est un manuel pratique pour milieux de terrain », a salué le sélectionneur. 

« Sur ce que doit faire un pivot en défense et en attaque. On sait l'importance qu'il a pour le groupe. C'est un joueur assez incompris, cela fait de nombreuses années qu'il est là et on est fatigué de le voir (ironiquement, ndlr), mais il est unique et c'est une véritable garantie », l'a encensé Luis Enrique.

« On a fermé beaucoup de bouches », a affirmé le défenseur franco-espagnol Aymeric Laporte, auteur mercredi de son premier but sous le maillot de la « Roja ».