Euro 2020

Euro: l'Espagne sans pitié pour la Slovaquie

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Enfin! Accrochée par la Suède (0-0) et la Pologne (1-1), l'Espagne a enfin remporté un match mercredi en étrillant la Slovaquie 5-0, et a rassuré son monde en validant son ticket pour les huitièmes de finales de l'Euro, où elle affrontera la Croatie lundi (18h00) à Copenhague.

Un penalty manqué, deux buts contre son camp, et un «golazo»: la première victoire de l'Espagne, large et facile, n'a pourtant pas échappé au caractère rocambolesque qui distingue le parcours de la «Roja» dans cet Euro.   

Comme lors des deux premières rencontres, l'Espagne a commencé par se faire une frayeur, mercredi: à la 10e minute, Jakub Hromada a donné un coup de pied dans la jambe de Koke dans la surface, et l'arbitre est allé revoir l'action à la vidéo pour accorder le penalty.

Depuis sa glacière, Luis Enrique a confirmé à Alvaro Morata, ciblé par les critiques pour son imprécision depuis le début du tournoi, que c'est lui qui allait le tirer. Buteur contre la Pologne samedi, Morata s'est élancé... mais le portier slovaque Martin Dubravka a stoppé son ballon. 

Le cinquième pénalty de rang manqué par la Roja (deux par Sergio Ramos, un par Abel Ruiz, un par Gerard Moreno samedi contre la Pologne et Morata mercredi).

Dubravka, de héros à maudit   

Héros de son équipe pendant quelques minutes, Dubravka allait vite déchanter: vingt minutes plus tard, le portier de Newcastle allait commettre une bourde. 

Une frappe de Pablo Sarabia a heurté sa barre transversale, s'est envolée puis redescendue à la verticale, et Dubravka, voulant la dégager en corner par-dessus la barre, l'a volleyée dans ses propres cages, devenant ainsi le 7e joueur à marquer contre son camp dans cet Euro.

Un énorme soulagement pour Luis Enrique, qui a célébré le but avec euphorie, et pour toute l'Espagne, qui entrevoyait enfin les portes des huitièmes de finale.

«J'ai l'impression que l'on est comme la bonne bouteille de la cave qu'il suffit de déboucher. Quand on fera un match complet avec une victoire, ça va nous générer de la confiance et ça fera ressortir notre meilleure version», avait prévenu Luis Enrique mardi en conférence de presse.

En effet, ce premier but a fait sauter le bouchon qui empêchait le ballon d'entrer jusque-là dans les cages adverses et a libéré la «Roja».

Suivront quatre autres buts. D'abord du Franco-Espagnol Aymeric Laporte, d'une reprise de la tête qui a lobé le gardien slovaque juste avant la mi-temps (45e+3). Ensuite de Pablo Sarabia, du gauche, sur un centre de Jordi Alba au retour des vestiaires (56e).

Busquets, précieux revenant   

Puis de Ferran Torres, entré en jeu à la place d'un Morata ovationné par les 12.580 spectateurs du stade de la Cartuja à sa sortie (65e), qui a marqué sur son premier ballon d'une magnifique «Madjer», et qui a été impliqué sur le 5e but, un autre but contre son camp de Juraj Kucka (72e).

Outre la victoire et la manière, l'autre gros point positif a été le retour du capitaine Sergio Busquets dans l'entrejeu de la «Roja». 

Le milieu de terrain catalan, de retour après avoir passé deux semaines à l'isolement à la suite de son test positif au Covid-19 (le 6 juin), n'était pas entré en jeu contre la Pologne. 

Titulaire mercredi à la place de Rodri, le vétéran de la Roja (32 ans), le seul joueur restant du sacre du Mondial-2010, a huilé le jeu espagnol en jouant en peu de touches de balle, en multipliant les passes verticales et en remportant la plupart de ses duels.

Un retour et une «manita» (5 buts) qui se conjuguent au retour en force de l'Espagne. Deuxième du groupe E derrière la Suède, qui a battu la Pologne 3-2 dans le même temps, la Roja est désormais tournée vers les huitièmes de finale, où elle affrontera la Croatie de Luka Modric, enfin lancée.

La Suède célèbre, la Pologne pleure    

Avec un but dans le temps additionnel, la Suède a battu sur le fil la Pologne (3-2), mercredi à Saint-Pétersbourg, pour terminer en tête du groupe E. La sélection de Robert Lewandowski, auteur d'un doublé, quitte l'Euro avec un seul point.

Depuis le début de la compétition, les Scandinaves déroulent leur plan sans accroc, avec une force qui fait d'eux un adversaire redoutable pour la phase à élimination directe.

Solides contre l'Espagne (0-0), sérieux face à la Slovaquie (1-0), les "Blagult" ont enchaîné un deuxième succès consécutif qui leur assure une suite de parcours à leur portée.

Ils vont jouer un troisième de groupe à Glasgow, mardi, lors de la dernière affiche des 8e, comme le souhaitait le sélectionneur Janne Andersson, qui voulait du temps de récupération pour ses joueurs.

Si la progression de la Suède est évidente, la Pologne effectue, elle, un pas en arrière, après avoir atteint les quarts en 2016.

Pourtant, l'équipe entraînée par Paulo Sousa a réussi une belle performance qui lui permet de finir la tête haute, sous les applaudissements de ses supporters.

Menés 2-0, les Blanc et Rouge, qui avaient besoin d'une victoire pour se qualifier, n'ont pas baissé les bras, revenant à 2-2 après le doublé de Lewandowski (61e, 84e).

La superstar du Bayern, critiquée après la défaite inaugurale contre la Slovaquie (2-1) pour ses maigres statistiques dans les compétitions majeures, a montré une abnégation qui a déteint sur ses coéquipiers.

Son premier but est une merveille: lancé en contre, à un contre deux, "Lewy" a trouvé la lucarne de Robin Olsen d'une superbe frappe enroulée du droit.

Mais la défense a trahi ses efforts.

Euro: la Suède célèbre, la Pologne pleure -

Kulusevski décisif   

A la 94e minute, Viktor Claesson a remis les Suédois devant, à la suite d'une action orchestrée par Dejan Kulusevski. Le début n'avait pas été meilleure pour l'arrière-garde des Blanc et Rouge.

81 secondes: la "finale" voulue par Sousa a désigné son champion avant même que son équipe ait touché le ballon.

Emil Forsberg a ouvert le score, à la suite d'un cafouillage dans la défense polonaise qui a vu, tour à tour, une déviation du mollet d'Alexander Isak et un dégagement raté de Kamil Jozwiak.

Il s'agit du deuxième but le plus rapide de l'histoire de la compétition, derrière le record de 2004 du Russe Dmitry Kirichenko (65 sec).

Dans le même temps, Lewandowski a joué de malchance, en trouvant deux fois la barre transversale de la tête (17e), une séquence folle qui l'a laissé hagard.

Durant une heure, la Pologne s'est cognée (45e+1, 47e, 52e) à la carapace de la tortue suédoise, repliée sur elle-même depuis l'ouverture du score.

Forsberg a puni leur manque d'efficacité en inscrivant le 2-0 (58e), d'une frappe qui portait autant la marque de son réalisme que du talent de Kulusevski.

Entré en jeu quatre minutes avant, pour sa première à l'Euro après avoir contracté le coronavirus durant la préparation, le talentueux attaquant a réussi une percée de 50 mètres avant de servir son N.10.

Dans le temps additionnel, Kulusevski a réussi une deuxième passe décisive qui a mis à terre la Pologne pour de bon. Cruel.