Crédit : Photo Didier Debusschère

Renaud Lavoie

Vers une relance du hockey québécois

Vers une relance du hockey québécois

Renaud Lavoie

Publié 13 juin
Mis à jour 13 juin

C’est un sujet qui soulève les passions. Le Québec est un énorme territoire avec une population restreinte qui parle le français. Les défis sont nombreux chez nous, mais s’il y a un élément qui nous rend fier, c’est de voir nos athlètes nous représenter dans divers sports, dont le hockey.

Le meilleur butteur de la LNH remporte maintenant le trophée Maurice-Richard (depuis 1999) après chaque saison. Vincent Lecavalier l’a remporté en 2007 et maintenant, pour la première fois, un Américain, Auston Matthews, verra son nom gravé sur ce superbe trophée.

Si, dans la LNH, il y a encore une bonne trentaine de joueurs originaires du Québec qui sont des réguliers avec leurs équipes respectives cette saison, ils sont de moins en moins nombreux, parce que la compétition internationale est vive, mais aussi parce que notre model ne tiens plus la route. C’est la constatation de bien des experts qui veulent que le Québec retrouve ses lettres de noblesses dans ce dossier.

Un de ceux-là est Benoit Robert qui a été propriétaire d’une équipe de la USHL à Omaha au Nebraska au début de 2004 à 2014 et qui était le grand patron des Remparts de Québec et de l’Armada de Blainville lorsqu’il occupait le poste de président du département sports et divertissement chez Quebecor.

Aujourd’hui Benoit Robert croit qu’il est grand temps de repenser le modèle québécois.

Créer un comité indépendant

«On est sur le point de relancer l’économie au Québec alors qu’on sort d’une pandémie, lance Benoit Robert au téléphone. Il faudrait aussi en profiter pour relancer le hockey parce qu’on a perdu nos couleurs.»

Benoit Robert connaît le monde du hockey parfaitement. Il connaît toutes les ligues du Canada et des États-Unis et ses vrais amis dans la vie sont Mario Lemieux, Luc Robitaille, Marc Bergevin, Pat Brisson et j’en passe. Il vit maintenant en Californie avec son épouse qui est américaine, mais ses racines sont au Québec. «Je n’ai jamais eu le Québec autant à coeur qu’aujourd’hui, dit-il. Plus on vieillit, plus on s’attache à nos racines et il n’y a rien de plus beau.» 

Son français est impeccable et sa passion pour le hockey québécois s’entend clairement dans sa voix.

Selon lui, il faut qu’un comité indépendant soit créé pour relancer notre sport national. Il souligne au passage qu’il y a des têtes de hockey extraordinaires au Québec (Joël Bouchard, par exemple) qui ont sûrement de bonnes idées pour trouver les bonnes solutions. 

Benoit Robert a aussi ses idées et elles méritent d’être entendues. «J’aimerais que le hockey redevienne accessible aux jeunes, comme c'est le cas pour le soccer et le football présentement. On pourrait subventionner les heures de glace. Il faut s’asseoir avec les fabricants d’équipements pour aider les jeunes. Les gens plus fortunés peuvent permettre à leurs enfants de jouer au hockey et personne n’est à blâmer pour ça. Reste qu’il y a trop de jeunes talentueux qui ne sont plus développés à cause de ça. On a été pendant 30 ou même 40 ans une machine à fabriquer des joueurs de hockey, mais ce n’est plus le cas. Il faut revenir à la base et se regarder dans le miroir. Il faut changer le modèle et c’est sûr que ça va faire mal.»

Ça passe par l'école 

Comme propriétaire d’une équipe de la USHL, Benoit Robert avait une priorité, et c’est de s’assurer que les jeunes qui jouaient dans son équipe allaient recevoir une éducation appropriée. «Deux pour cent des joueurs juniors vont avoir une carrière alors que 98 pour cent d’entre eux sont laissés à eux-mêmes. Ma priorité à Omaha était que la voie du succès des joueurs passe par l’école et une très bonne éducation. Lorsqu’ils arrivent au collège, ils ont quatre années additionnelles pour se développer. Ils ont une très bonne éducation. Les universités américaines sont très bonnes mais dites-vous que c’est la même chose au Canada. Il faut aussi que la relance du hockey passe par l’éducation, donc par les écoles.»

Je ne serais pas du tout surpris que le gouvernement du Québec ait un plan en tête présentement pour permettre à tout ceux qui ont l’intérêt du hockey québécois à coeur de trouver une piste de solution. Que ce soit la LHJMQ en passant par les Canadiens de Montréal, tous ont un intérêt marqué pour que le Québec redevienne une force dans le monde du hockey. Il faut trouver un plan, le bon et celui qui va nous permettre de retrouver notre fierté qui s’effrite depuis trop longtemps.