FBL-EURO-2020-PLAYOFF-SCO-ISR

Crédit : AFP

Euro 2020

Steve Clarke, de l'ombre à la lumière avec l'Écosse

Publié | Mis à jour

En qualifiant l'Écosse pour sa première compétition majeure depuis le Mondial 1998, Steve Clarke a réalisé un exploit qui ne risque pas de monter à la tête d'un sélectionneur qui voit déjà au-delà de l'Euro (11 juin-11 juillet).

La nuit de novembre 2020 où l'Écosse a arraché sa qualification aux tirs au but en Serbie (1-1, 5-4 aux tirs au but), après avoir laissé filer un but d'avance à la dernière minute du temps réglementaire, restera longtemps dans les mémoires des « Highlanders ».

« Si vous aviez dit aux supporters, avant que Steve ne soit nommé, qu'il nous faudrait battre la Serbie chez elle pour aller a l'Euro, tout le monde vous aurait dit: "A quoi bon ? On n'y arrivera jamais" », avait raconté, il y a quelques jours, le directeur exécutif de la fédération écossaise, Ian Maxwell. Pour le dirigeant, la venue de Clarke « a été un recrutement extraordinaire ».

Un peu plus de trois ans avant Belgrade, Clarke, 57 ans aujourd'hui, semblait perdu pour le football.

Après un parcours très honorable de joueur, notamment avec le Chelsea pré-Abramovitch, où il a été l'un des précurseurs des arrières droits modernes venant dédoubler en attaque, il avait commencé une discrète carrière d'adjoint sur les bancs.

À Newcastle, Chelsea, West Ham puis Liverpool, il apprend le métier auprès de Ruud Gullit, Bobby Robson, José Mourinho, Gianfranco Zola, Roberto Di Matteo ou Kenny Dalglish. Belle équipe pédagogique.

Secoué par sa femme

« Et ce n'est pas un hasard », a souligné John Carver, adjoint de Clarke dans le staff écossais, après l'avoir connu chez les Magpies. Carver loue son « attention aux détails », sa « capacité à garder son calme » et sa communication. « Il est ferme quand c'est nécessaire mais traite tout le monde avec respect ».

Clarke finit par passer numéro un à West Bromwich Albion, en 2012.

Un franc succès la première saison, avec un record de victoires et de points en Premier League, mais la suite a été moins heureuse, jusqu'à une pige ratée à Aston Villa, comme adjoint de Zola, en 2016, qui débouche sur une année blanche.

« Je m'amusais bien, je me détendais », avait-il assuré au Sportsmail en avril dernier.

Mais « ma femme a senti que je m'ennuyais et que j'étais frustré. Probablement quand je regardais des matches de foot et que j'insultais la télévision. Elle a estimé que j'étais trop jeune pour la retraite et m'a convaincu de me remettre au travail ».

Il rebondit à Kilmarnock, dernier du Championnat écossais quand il le prend en main en octobre 2017 et qui finira 5e cette saison-là et 3e la suivante.

Alors que des gros clubs s'intéressent à lui, Clarke opte pour la sélection nationale.

Le Mondial-2022 déjà un vue

« Il a pris un risque en acceptant le poste », a estimé son ancien coéquipier à Chelsea et international écossais Craig Burley.

« Le poste de sélectionneur d'Écosse a été le cimetière de nombreux entraîneurs - beaucoup sont arrivés et se sont ridiculisés (...) Cela n'a pas été facile, mais il a fait le boulot ».

Après des débuts chaotique et des revers cinglants, 4-0 contre la Belgique et la Russie, il aligne neuf matches dans défaites pour s'adjuger un billet pour l'Euro.

Son système à trois défenseurs centraux, capable d'offrir d'infinies variations dans l'animation, semble désormais bien en place, même s'il compte bien le peaufiner encore.

À l'Euro, « on n'aura pas nos deux entraînements habituels avant de disputer trois matches en dix jours. J'aurai du temps sur la pelouse avec les joueurs pour nous améliorer en tant qu'équipe, pour corriger une ou deux choses », avait-il expliqué lors de la présentation des 26.

« Être ensemble si longtemps cet été doit porter ses fruits lors des éliminatoires du Mondial cet automne », a ajouté celui qui voit toujours le coup d'après.

Avant cela, il faudra mordre dans cet Euro, pour que l'Écosse franchisse enfin le premier tour d'une compétition majeure.

« Ce n'est pas la peine d'y aller pour faire le nombre », a souligné Clarke.

Avec la qualification acquise « en Serbie, les garçons sont devenus des héros. Si on arrive à sortir de la phase de poule, ils deviendront des légendes, donc pourquoi ne pas viser cela? »