Crédit : Stevens LeBlanc/JOURNAL DE QUEBEC

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LHJMQ: la rivalité gagne en intensité

Publié | Mis à jour

La rivalité entre les Tigres de Victoriaville et les Foreurs de Val-d’Or n’est plus seulement sur la glace : elle a atteint le deuxième étage.

Au lendemain d’un quatrième match émotif mardi soir, le directeur général de la formation des Bois-Francs Kevin Cloutier a tiré à boulets rouges sur son homologue des Foreurs Pascal Daoust et sur l’entraîneur-chef, Daniel Renaud, mercredi.

Le «Journal» avait tout d’abord contacté Cloutier mardi dans le but de parler de son appréciation de l’équipe qu’il a formée. La discussion a toutefois rapidement bifurqué.

«C’est une très bonne série entre deux solides clubs de hockey, a-t-il tout d’abord mentionné. Par contre, je trouve regrettable que le directeur général (Pascal Daoust) et l’entraîneur-chef (Daniel Renaud) passent leur soirée à trouver et inventer des clips vidéos à envoyer à la ligue. Si la série va en sept, les Foreurs vont pouvoir s’ouvrir un club vidéo», a-t-il poursuivi par la suite.

On comprend que le directeur général des Tigres n’a pas apprécié que certaines séquences aient été envoyées à la LHJMQ dans le but de faire suspendre des joueurs de son équipe. Les Foreurs ont d’ailleurs écopé d’une amende de 1000 $ le 29 mai dernier après que deux séquences vidéos eurent été rejetées par la LHJMQ. Le règlement prévoit 500 $ d’amende lors de chaque séquence envoyée inutilement, afin d’éviter qu’il y ait exagération.

«C’est un manque de confiance envers leur équipe et surtout envers les décisions rendues sur la glace par les officiels et par notre ligue, a ajouté Cloutier. Remarque que je les comprends d’être très nerveux: tous les experts avaient prédit que cette série serait déjà terminée et pourtant c’est 2-2.»

«Je ne suis pas cinéaste»

Appelé à répondre aux propos de son vis-à-vis, Daoust a tenu à se défendre d’envoyer de façon abusive des séquences au Département de la sécurité des joueurs. Selon lui, chaque décision d’envoyer une séquence ou non est entérinée par les propriétaires des Foreurs en raison de l’amende de 500 $ décernée à chaque reprise non concluante.

«Si avec deux envois en quatre matchs on se part un club vidéo, on ne fera pas beaucoup de profit, a-t-il tout d’abord réagi. Ce sont des enfantillages pour détourner notre regard de sur les vraies choses. Pour nous, pour les Tigres, ainsi que pour les 16 autres équipes de la LHJMQ, les vraies choses c’est la sécurité de nos joueurs. S’il y a matière à entraver la sécurité de nos athlètes, c’est notre devoir de nous en occuper. On a envoyé deux clips en quatre matchs : on est loin d’être dans l’envoi massif. Je ne suis pas cinéaste, je suis directeur général d’une équipe de hockey.»

«On n'est plus dans les années 90»

Kevin Cloutier n’en avait pas seulement contre Pascal Daoust, d’ailleurs.

«Ce qui est assez spectaculaire aussi, c’est d’entendre l’entraîneur Daniel Renaud continuellement répéter ne pas vouloir parler d’individus, mais plutôt de son concept d’équipe alors que son no. 13 (Olivier Picard) n’a été utilisé qu’une seule présence dans tout le match d’hier soir et ce fut en fin de match dans un mandat précis de venir directement à notre banc pour tenter de s’en prendre à un de nos joueurs. Nous ne sommes plus dans les années 90. Je suis assez déçu de le voir diriger de cette façon.»

Rappel des faits : avec un peu moins de cinq minutes à faire au match no. 4, mardi, Picard a effectué sa seule présence du match qui s’est soldée en une mêlée devant le banc des Tigres de Victoriaville. Pendant ce temps, Mikhail Abramov marquait, mais le but était refusé en raison des infractions commises juste avant.

Impact

Mis, lui aussi, au parfum des déclarations de Cloutier, Daniel Renaud a défendu sa façon de faire, assurant que l’emploi de Picard pour une seule présence en toute fin de match n’était pas dans le but de blesser un adversaire.

«Il (Kevin Cloutier) peut vouloir essayer de comprendre la gestion de notre banc comme il veut. Il reste que le 13, comme il le dit, a un rôle précis. Pour nous, que ce gars-là joue une, zéro ou dix présences, son impact sur le banc et dans le vestiaire est incalculable. Certains partisans se concentrent sur ce qu’ils voient sur la glace, mais toute personne qui fait partie d’une équipe comprend que ça prend toute sorte d’apports différents dans un collectif. Picard, c’est un gars qui amène un esprit de corps et de positivisme. Ça va au-delà de la quantité de ses présences. Ceci dit, quand je sens qu’on met à risque la sécurité de certains de nos joueurs, ça se peut que je l’utilise en fonction de ça.»

Bref, les hostilités sont lancées. Le match no. 5 de la série aura lieu jeudi soir, 19h, au Centre Vidéotron.

Un match décisif

Pour la onzième fois de l’histoire de la LHJMQ, la finale de la LHJMQ est égale 2-2 après les quatre premières rencontres. Lors des dix occasions précédentes, c’est l’équipe qui a gagné le match no. 5 qui, à huit reprises, a finalement mis la main sur la Coupe du Président.

On remercie d’ailleurs le collègue Mikaël Lalancette pour les statistiques.

Ceci étant dit, on peut faire dire ce qu’on veut aux statistiques. Une chose qui ne ment pas, toutefois, c’est que le match de jeudi soir entre les Tigres de Victoriaville et les Foreurs de Val-d’Or pourrait fort bien dicter la suite des choses.

Et les deux formations en sont pleinement conscientes.

«De notre côté, on sait qu’une série n’est pas finie tant qu’elle n’est pas finie, a mentionné le pilote des Tigres, Carl Mallette, dont l’équipe a surmonté à deux reprises des déficits pour finalement l’emporter depuis le début des éliminatoires. C’est un match crucial pour les deux équipes puisque celle qui perdra devra battre l’autre deux fois si elle veut gagner la Coupe du Président. C’est comme ça qu’on l’approche. On doit avoir un sentiment d’urgence et c’est un match qu’on doit gagner.»

En connaissance de cause

Les deux seules fois dans l’histoire où une équipe a pris les devants 3-2 dans une série qui était égale à deux partout avant de finalement s’incliner en sept, c’était en 2014 lorsque les Foreurs avaient renversé la vapeur face au Drakkar de Baie-Comeau puis l’année suivante, en 2015, lorsque l’Océanic de Rimouski avait fait de même face aux Remparts de Québec.

Cette année-là, d’ailleurs, l’entraîneur-chef actuel des Foreurs, Daniel Renaud, était l’adjoint de Philippe Boucher avec les Remparts.

Il sait donc fort bien que le match de demain ne décidera pas d’absolument tout, mais est fort conscient qu’il pourrait avoir un impact majeur.

«À l’heure actuelle, chaque période devient la plus importante de l’année. C’est donc évident que le match de demain (jeudi soir) est le plus important aussi. De dire le contraire serait un mensonge. Tout le monde en est conscient, que ce soit nous ou Carl (Mallette) et ses joueurs. On sait tous très bien qu’une partie de notre saison peut se jouer demain.»

En bref

L’état de santé du défenseur des Tigres Jérémy Michaud continue de progresser, mais Carl Mallette n’a pas voulu s’avancer à savoir s’il serait en mesure de participer à un match d’ici la fin de la finale.