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Crédit : Photo Agence QMI, Thierry Laforce

Canadiens de Montréal

Du hockey en juin à Montréal!

Du hockey en juin à Montréal!

Jean-Charles Lajoie

Publié 02 juin
Mis à jour 02 juin

On n’a pas vu de match de séries en juin à Montréal depuis 1993. Rien de démagogique ici. Rien à voir avec le numéro de la ronde. Le deuxième tour ou la finale de la Coupe Stanley n’est pas le point. Du hockey du Canadien en juin, ça, c’est le point.

Suivant une saison sous le signe du n’importe quoi. Un calendrier impossible, retordu à souhait par les affres pandémiques. Sur quatre fuseaux horaires. Avec l’équivalent d’une urgence d’hôpital à la suite du club. Des blessés, des écorchés, des fatigués.

Un peuple meurtri, aigri de ne pas pouvoir compter sur son équipe pour lui offrir un peu de joie. Une présence en séries perceptible depuis trop longtemps, réduite à peu de mérite en raison des défaillances ailleurs dans la division.

Un duel inégal contre Le Toronto pour commencer. Rien pour exciter l’amateur hypothéqué. Une première victoire et un sourire retrouvé. Trois défaites de suite et les obsèques prononcées.

Le comble. Le soir où les Leafs pouvaient en finir, une grande réconciliation s’est publicisée sous nos yeux. Patrick Roy et Mario Tremblay ont enterré la hache de guerre autour d’une table de hockey. Situation devenue invivable pour Marc Bergevin et Dominique Ducharme. Les deux dirigeants du CH étaient bons pour les ordures. Ne restait plus qu’à perdre le match 5 et le bilan allait être au goût des affamés : une crucifixion.

Comme en 1993

Ironie du sort, le Canadien a gagné le duel 5, et le sixième deux jours plus tard devant une foule survoltée de 2500 partisans. Chaque fois en prolongation. Comme en 1993, alors que «Casseau» fermait systématiquement la porte et que l’escadron de Jacques Demers en gagnait 10 en surtemps, en route vers la dernière grande conquête de l’équipe.

Une coupe Stanley méritée dans la chaleur d’un tournant printemps-été d’une majestueuse beauté. Un peuple en liesse, en short et en «chest»... Un Montréal ivre et une victoire célébrée partout dehors.

Du hockey de séries en juin. Y’a rien de plus beau. Le rituel s’installe, le menu se macère, la bière s’achète et se met au «frette». Et puis, bon comportement oblige, le Québec peut à nouveau inviter, se rassembler. Se faire griller puis griller. Manger boire danser. Regarder. Du hockey.

Le Canadien joue enfin en juin. C’est la première fois depuis 1993. C’est pleinement mérité. Surtout pour vous autres, les amateurs. Mais aussi pour Ducharme. Le gars de Joliette ne pouvait pas dire non, même s’il savait que ce ne serait pas simple. La victoire en sept contre Le Toronto assure son avenir financier, celui de sa famille. Il va obtenir un contrat de trois ans de la part du CH.

Marc Bergevin le lui consentira. Si, bien entendu, le DG accepte la prolongation proposée par Geoff Molson. Je pense que Bergevin a fait un énoncé vestimentaire pour répondre à son patron. Lundi, son outfit trois-pièces rouge clair dans la mer bleue torontoise confirme qu’il va demeurer le patron hockey du Canadien.

Ça recommence ce soir à Winnipeg. J’ai hâte. Pensez-vous que Mario pis Patrick vont regarder ça?