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À VOIR | Santé mentale : «les sportifs sont humains»

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On place souvent les athlètes professionnels sur un piédestal, on les idolâtre et on oublie parfois qu'ils sont des humains, qu'ils ont des états d'âme, des moments heureux et d'autres moins. Comme nous. «Le moment est venu d'en parler», croit l'entraîneur-chef du tennis féminin au Canada, Sylvain Bruneau.

«La santé mentale peut être mise à rude épreuve dans les sports professionnels. C'est une vie extrêmement compétitive, il y a beaucoup de solitude, de charge mentale de toujours devoir se prouver. On est habitué de les voir à de hauts niveaux, mais ils demeurent des humains. Il est temps qu'on s'y penche sérieusement», a admis l'instructeur en entrevue au TVA Nouvelles. 

Évidemment, le contexte est plus que propice pour aborder le sujet. Rappelons que la deuxième joueuse mondiale Naomi Osaka a déclaré forfait à la suite d'une victoire au premier tour du prestigieux tournoi de Roland-Garros afin de prendre du recul en raison de troubles dépressifs reliés à la pression qu'accompagne son sport, le tennis.

«Je n'étais pas tellement au courant de sa situation. On côtoie Naomi lors des tournois et des entraînements. C'est une fille très introvertie, très privée. Elle ne parle que très peu. Elle est très gentille et on peut dire qu'elle s'exprime très bien sur le terrain. Le problème semble être lors des conférences de presse où toute l'attention est tournée vers elle.» 

Il faut dire qu'Osaka est l'athlète féminine la mieux payée tous sports confondus. Elle a de nombreux commanditaires et beaucoup de visibilité. Au Japon, elle est une superstar.  

En demande-t-on trop aux athlètes? 

«C'est le débat! Au tennis, perd ou gagne, très rapidement après le match, et ce, sans avoir eu le temps de retomber sur tes pieds, tu dois aller affronter une salle remplie de journalistes. On l'a déjà vu avec Serena Williams, Maria Sharapova et bien d'autres, ça arrive que les journalistes débordent du contexte de la rencontre pour aboutir sur des sujets relevant de la vie privée. Ça mérite au moins qu'il y ait une discussion sur les sujets que peuvent aborder les journalistes», toujours selon Sylvain Bruneau. 

Naomi Osaka au front 

«Elle est très courageuse. Tout le monde l'a noté et s'entend là-dessus. Lors des Internationaux des États-Unis, chaque jour elle portait un masque différent arborant le nom d'une personne ayant subi de la discrimination. Elle a déjà déclaré forfait pour soutenir une cause raciale. Elle prend position et s'affirme.»

Bien que ses confrères et consoeurs comprennent sa situation, la majorité s'entend pour dire que cette visibilité fait partie du boulot et que c'est en partie grâce aux médias qu'ils réussissent à faire carrière.

Voyez l'entretien intégral dans la vidéo ci-dessus.