LHJMQ

Les Foreurs nivellent les chances

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Les Foreurs de Val-d’Or respirent assurément un peu mieux. Malgré une autre féroce opposition des Tigres de Victoriaville vendredi, ils sont parvenus à niveler les chances dans la série finale de la Coupe du Président en l’emportant 4 à 1 lors du deuxième match.

Les Tigres de Victoriaville ont de nouveau donné du fil à retordre aux Foreurs grâce à leur acharnement, mais n’ont pas été en mesure de marquer le premier but. En milieu de deuxième période, ils ont écopé de trois pénalités de suite dont une qui a permis à Val-d’Or d’évoluer à cinq contre trois pendant plus d’une minute, et ils en ont payé le prix. Maxim Cajkovic a inscrit son huitième des séries et ce but a redonné des ailes aux Foreurs qui ont toutefois, eux aussi, pris une pénalité coûteuse qui a profité à l’adversaire.

Avec Justin Ducharme au cachot, Alex Beaucage a décoché un tir qui a été partiellement stoppé par Jonathan Lemieux avant de se faufiler dans le filet. Les Foreurs ont toutefois répliqué 53 secondes plus tard grâce, encore une fois, à Maxim Cajkovic.

Jérémy Michel et Samuel Poulin en ont ajouté en troisième période pour fermer les livres.

«La vérité, c’est que les gars se sont parlé entre eux (après le match 1). On a un groupe qui a confiance en ses moyens, mais c’est pas de l’arrogance. C’est un groupe qui s’est donné l’occasion d’être confiant de par leur performance. Aujourd’hui, ils ont fait preuve de caractère. On tirait de l’arrière 1 à 0 dans la série et je n’ai pas aimé notre première période. Mais c’est une belle démonstration de caractère», a mentionné l’entraîneur-chef des Foreurs Daniel Renaud.

Lemieux solide

Au-delà des canons offensifs, le gardien des Foreurs Jonathan Lemieux a été partie prenante de la victoire de vendredi, réalisant 21 arrêts dont quelques-uns fort importants en troisième qui ont permis à son équipe de conserver l’avance.

«J’essaie d’être le plus constant possible pour donner une chance à mon équipe à chaque soir, mais si je vois bien la rondelle, si les joueurs devant moi font un travail, ça m’aide beaucoup», a-t-il mentionné.

L’entraîneur Daniel Renaud était d’ailleurs élogieux envers son gardien qui évolue dans l’ombre des vedettes offensives de l’équipe à Val-d’Or.

«On parle beaucoup de notre attaque et de nos défenseurs qui contribuent offensivement, mais Jo est un joueur excessivement important au sein de notre organisation et il fait partie de nos succès. Sa moyenne en saison et en séries, c’est un gars qui ferme les livres et ce soir il a été très efficace quand les Tigres avaient de bonnes séquences.»

Absent lors du premier match de la finale, l’attaquant Justin Robidas était de retour dans la formation vendredi. Toutefois, contrairement à ce qu’a affirmé l’entraîneur-chef Daniel Renaud vendredi, Robidas n’a pas été victime d’une indigestion. Il est plutôt blessé au haut du corps, selon ce qu’il a été permis d’apprendre.

En bref

La LHJMQ a profité du match de vendredi pour annoncer les gagnants de certains de leurs honneurs individuels pour la saison 2020-2021. La ligue a tout d’abord décerné le trophée Marcel-Robert, remis au joueur ayant le mieux concilié le sport et les études cette saison, au centre des Foreurs de Val-d’Or Jacob Gaucher.

Puis, l’attaquant de l’Océanic de Rimouski Zachary Bolduc a remporté le trophée Mike-Bossy, remis au meilleur espoir professionnel.

Indiscipline coûteuse chez les Tigres

L’entraîneur-chef des Tigres de Victoriaville Carl Mallette faisait un constat plutôt clair, vendredi : l’indiscipline a eu raison de son équipe lors du match numéro 2.

Les Tigres ont offert cinq avantages numériques aux Foreurs, dont un cinq contre trois qui leur a permis d’ouvrir la marque en deuxième période.

«Au premier tiers, on était dominants à cinq contre cinq et on réussissait à contrôler ce qu’on devait contrôler. Par contre, le cinq contre trois a changé le match.»

«Nos cinq pénalités ont changé la dynamique de l’équipe. Avant ça, je jouais à quatre trios, je roulais et tout le monde avait de l’énergie. Tout le monde jouait dans le système.»

Les pénalités écopées par ses joueurs sont peut-être aussi le signe que la rivalité commence à grandir entre les deux équipes, note l’entraîneur.

«On est en finale et les deux équipes commencent à se haïr. C’est normal. De notre côté, on est des guerriers et des gagnants et comme je le répète depuis le début de la série, on n’est pas en finale pour les regarder jouer. Je sais qu’on n’est pas favoris aux yeux de plusieurs experts, mais nous, on y croit. Ça crée de la fierté dans le vestiaire et c’est pour ça qu’on est sortis forts en première. On a gagné le premier match et en première période on était la meilleure équipe sur la glace. Pour ce qui est des punitions, on n’a pas besoin de l’expliquer à nos joueurs, ils le savent. Par contre, quand tu regardes la force de frappe des Foreurs et que tu vois qu’on leur a accordé cinq avantages numériques, dont un cinq contre trois, mais qu’ils n’ont réussi que huit lancers dangereux, je vois du positif à retenir de notre bord.»

Crédit à Lemieux

Mallette a aussi accordé crédit au gardien des Foreurs, Jonathan Lemieux.

«Il ne faut pas oublier qu’il a fait de gros arrêts. Ce soir, les rondelles allaient pour eux et c’est correct. Maintenant, c’est 1-1 dans la série et c’est comme si on retournait à la maison. Demain (aujourd’hui), on va avoir le dernier changement et ça va être à nous de nous ajuster.»

D’ailleurs, Egor Serdyuk a été laissé de côté pour la rencontre. L’attaquant n’avait inscrit que cinq points en 13 rencontres depuis le début des séries.

«Je ne trouve pas qu’il a joué à 100 % lors du dernier match. On lui a montré, on lui a expliqué et on est allé en ce sens. On ne peut pas se permettre en finale d’avoir des joueurs qui ne respectent pas le plan de match.»

Un semblant de normalité

On était loin de la normalité, vendredi au Centre Vidéotron, mais c’est ce qui s’y apparentait le plus en 15 mois. Après autant de temps sans hockey en personne, les amateurs de la LHJMQ s’ennuyaient.

Un total de 1816 spectateurs ont assisté à la rencontre de vendredi sur une capacité totale de 2000, limite permise par la Santé publique.

Deux heures avant le début de la partie entre les Foreurs de Val-d’Or et les Tigres de Victoriaville, les gens circulaient autour de l’amphithéâtre, certains arborant les couleurs des Tigres et d’autres des Foreurs. Des « tailgates » en petits groupes se sont également organisés dans le stationnement.

D’ailleurs, si on s’attendait à ce que plusieurs personnes de Victoriaville fassent le chemin vers Québec pour le match de vendredi en raison de la proximité géographique, ce fut également le cas de plusieurs amateurs de l’Abitibi qui ont parcouru près de 800 km pour être là, vendredi.

Quelques-uns d’entre eux, d’ailleurs, attendaient l’autocar de l’équipe à son arrivée au Centre Vidéotron pour afficher leur soutien à leur équipe.

Simplement lors de notre marche autour du Centre Vidéotron avant la rencontre, nous avons croisé des membres de la famille ou des proches des joueurs des Foreurs Jakob Pelletier, Justin Robidas et William Blackburn, ainsi que celle des défenseurs des Tigres de Victoriaville Massimo Siciliano et Pier-Olivier Roy.

«Un cadeau»

Parmi les familles présentes vendredi, celle du capitaine des Foreurs Jakob Pelletier était assurément en lice pour remporter la palme de la plus importante délégation alors que plus d’une cinquantaine de membres de la famille et de proches étaient au Centre Vidéotron pour encourager le natif de Neufchâtel.

«Ç’a été difficile de ne pas pouvoir le voir jouer cette saison, a reconnu son père Mario, rencontré quelques heures avant le début du match. On avait un voyage de prévu en famille pour aller voir Jakob au Championnat mondial de hockey junior l’hiver dernier, mais on a dû l’annuler. On aurait aussi aimé le voir jouer à Val-d’Or puisqu’il semble que l’ambiance est extraordinaire quand l’amphithéâtre est plein. Au moins, là, on a un beau cadeau.»

«Au moins, on a l’occasion de le voir jouer dans l’uniforme des Foreurs, en finale, à sa dernière année junior, ajoute sa mère Nancy Latulippe. Ç’a tellement passé vite depuis le jour où il a été repêché à aujourd’hui. Ça fait déjà quatre ans.»

Bizarre et plaisant

Sur la glace, pas de doute que les joueurs et les entraîneurs aussi s’étaient ennuyés de l’apport de la foule.

«C’est le fun pour tout le monde, a commenté l’entraîneur-chef des Tigres Carl Mallette. Tout le monde était séparé, mais on les entendait. Quand on avait des chances de marquer, on sentait que nos partisans y croyaient. C’était le fun de les revoir.»

«C’était bizarre au début, a pour sa part trouvé le gardien des Foreurs Jonathan Lemieux. Ça faisait plus d’un an et ça nous a donné un petit boost de plus en finale dans un match aussi important. C’est le fun d’avoir le support des partisans et ils étaient nombreux ce soir. Ça fait du bien et on l’a senti dans la chambre.»