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Victoire émotive pour Patrice Bergeron

Publié | Mis à jour

Certains moments en séries transcendent le hockey. C’était clairement le cas lors de la chaleureuse étreinte entre Patrice Bergeron et Zdeno Chara après l’élimination hâtive des Capitals de Washington en cinq matchs aux mains des Bruins de Boston. Deux grands leaders, désormais opposants, ont connu leurs 14 saisons précédentes dans la même organisation.

L’ancien capitaine des Bruins, qui a fait le saut chez les Capitals, risque d’avoir disputé sa dernière saison en carrière, à 44 ans.

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Celui qui lui a succédé dans ses fonctions à Boston reconnaît l’impact que Chara a exercé sur son cheminement et n’allait pas rater l’occasion de le saluer comme il se doit sur la glace. Plutôt qu’une poignée de main purement protocolaire, les deux fiers soldats en ont profité pour se faire une accolade bien sentie et échanger de bons mots.

«À la fin, c’était un moment spécial de le voir de l’autre côté et de prendre un peu de temps avec lui. C’est sûr que je serai toujours reconnaissant de tout ce qu’il a fait pour l’organisation, mais aussi pour moi. J’étais jeune quand il est arrivé à Boston et j’ai appris beaucoup de lui», a confié Bergeron, en entrevue téléphonique avec «Le Journal de Québec».

«On est devenu un bon duo et on s’est beaucoup entraidés. Lui et moi, nous sommes devenus des amis au-delà des joueurs de hockey et ce n’est pas la fin. On va continuer de se voir, peu importe la suite des choses. Sa famille est encore à Boston. Il reste que c’était une poignée de main différente. On a joué ensemble quatorze ans et il y a un lien spécial entre nous», a ajouté le Québécois.

Pas une distraction

À sa première saison avec le «C» cousu sur son chandail des Bruins, Bergeron assure qu’il n’a pas ressenti une pression supplémentaire à l’idée d’affronter son mentor en séries.

«C’était spécial, mais dans le moment présent, tu essaies juste de rester dans ton match et de contrôler ce que tu peux en tant qu’équipe. On a joué huit matchs en saison régulière contre les Capitals, donc ça a certainement aidé au niveau de notre préparation. Ça a été plus spécial d’affronter Zdeno au premier match de la saison qu’en séries. Il y a un sentiment d’habitude qui était déjà intégré», a-t-il soutenu.

Il faut dire que de façon naturelle, Bergeron assumait déjà un grand rôle au sein du leadership des Bruins avant même que la transition ne soit officielle.

«Je reste moi-même et j’applique le même leadership que par le passé. Je continue d’apprendre et d’utiliser l’aide que j’ai avec tous les autres leaders dans le vestiaire. Je m’assure qu’ils ont la place qu’ils méritent pour être eux aussi de bons leaders. C’est ma manière de faire les choses. À part la lettre, il n’y a pas de changement», a-t-il constaté.

Une étape

Même si en fin de compte, les Bruins ressortent gagnants haut la main en cinq rencontres, trois matchs ont nécessité une prolongation et Bergeron apprécie de se retrouver du bon côté de la clôture.

«On a eu des matchs extrêmement serrés. Tout a été difficile à gagner et ça aurait pu aller d’un côté comme de l’autre. C’est sûr qu’on est contents de la tournure des événements. Ils ont eu des moments où ils nous ont donné de grosses poussées en dominant le jeu, mais tout le monde est resté positif et la profondeur de notre équipe a aidé. Notre résilience a fait en sorte qu’on a trouvé une façon de gagner même après avoir perdu le premier match», s’est réjoui celui qui a inscrit quatre points.

Une équipe en pleine confiance

Plusieurs se demandaient avant la saison si les Bruins n’étaient pas en déclin. Avant la série face aux Capitals, ils héritaient d’ailleurs du statut de négligés. Pourtant, la route se poursuit. «On avait confiance en nous. On savait que le talent et l’expérience étaient là. Nous misons aussi sur des jeunes qui grandissent dans l’organisation, qui s’améliorent d’année en année et qui prennent un rôle de plus en plus important.»

«On était conscients qu’il y avait des doutes à notre sujet, mais à l’interne, nous ne sommes pas surpris du résultat. On était négligés dans les prédictions, mais on sait qu’on peut accomplir quelque chose de spécial avec cette équipe. Ça fait assez longtemps que je suis dans le hockey pour savoir que la chose la plus importante, c’est le "feeling" à l’intérieur du vestiaire», a raconté l’infatigable centre de 35 ans.

Les pieds sur terre

Maintenant, la route des Bruins se poursuivra au deuxième tour contre le gagnant de la série entre les Penguins et les Islanders.

S’il est fier que sa bande ait passé au travers des Capitals, Bergeron ne se laissera pas prendre au jeu de voir trop loin dans le temps.

«On croit en nous, mais depuis le début de l’année, on bâtit sans voir trop loin en avant. Ce serait prématuré tout à coup de dire qu’on y va pour la coupe. On s’est concentrés pour avoir une place en séries et rendus là, on savait qu’on se donnait une chance de pouvoir atteindre notre objectif final. La première ronde, on s’est occupés de ça et on passe maintenant à la deuxième.»

En saison régulière, les Bruins ont montré un dossier de 5-3 face aux Penguins et de 3-3-2 contre les Islanders.

«En tant que compétiteur, la pire chose que tu puisses faire, c’est de souhaiter un adversaire. On peut juste laisser les choses aller. C’est sûr qu’on suit les matchs attentivement», s’est contenté de mentionner le leader des Bruins.