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Canadiens de Montréal

Normand Léveillé a eu peur pour John Tavares

Normand Léveillé a eu peur pour John Tavares

Félix Séguin, TVA Sports

Publié 22 mai
Mis à jour 22 mai

La grave blessure qu’a subie John Tavares a rappelé de mauvais souvenirs à Normand Léveillé.

«C’est pareil, pareil, pareil», s’est-il empressé de me dire lorsque je lui ai parlé au téléphone samedi matin.

Le 23 octobre 1982, Léveillé, alors un jeune joueur prometteur avec les Bruins de Boston, avait été frappé solidement par l’attaquant Marc Crawford, des Canucks de Vancouver.

La vie de Léveillé avait alors basculé. Âgé à ce moment de 19 ans, le premier choix des Bruins en 1981 avait été transporté d’urgence à l’hôpital où il avait été cliniquement mort deux fois. Après plusieurs semaines passées dans le coma, Léveillé est revenu à la vie.

Il a dû réapprendre à marcher, mais il est devenu aphasique et partiellement paralysé, des conséquences avec lesquelles il doit toujours vivre aujourd'hui à l’âge de 58 ans.

Normand Léveillé
Crédit photo : Photo d'archives

«Il a subi un accident vasculaire cérébral, précise sa conjointe Denise. Normand a appris plus tard qu’il vivait avec une malformation congénitale, ajoute-elle.»

Lorsque Tavares s’est blessé gravement, jeudi soir. Léveillé était rivé à son écran et il s’inquiétait beaucoup de l’état de santé du capitaine des Maple Leafs. «J’étais bouleversé et je ne parlais plus. J’ai toujours peur quand un joueur est frappé à la tête. Toutefois, j’ai été rassuré lorsque j’ai vu Tavares lever le pouce en quittant la patinoire.»

Pour lui, le coup de Corey Perry à la tête de Tavares était accidentel comme ce fut le cas lors de son accident en 1982. «Quand j’ai eu mon accident, ce n’était pas de la faute à Marc Crawford. C’était un geste dans le feu de l’action. Sur la glace, ça va vite, très vite.»

D’ailleurs, sa conjointe Denise se souvient que Crawford avait tenu à rencontrer Normand quelques années après l'accident. «Crawford, qui était alors l’entraîneur-chef de l’Avalanche du Colorado, avait rencontré Normand à Boston. Il s’était excusé, mais Normand lui avait dit qu’il n’avait rien à se reprocher.»

Léveillé est soulagé que Tavares recouvre peu à peu la santé et il demeure convaincu que les conséquences auraient pu être beaucoup plus graves.

Entre temps, Denise et lui regardent tous les matchs des séries éliminatoires de la LNH et ils offrent un appui inconditionnel à leur équipe préférée, les Bruins de Boston.