Canucks vs Canadiens

Crédit : Martin Chevalier / JdeM

Stéphane Auger

L’importance de pouvoir «peser sur pause»

L’importance de pouvoir «peser sur pause»

Stéphane Auger

Publié 30 avril
Mis à jour 30 avril

Le départ de Jonathan Drouin pour des raisons personnelles a alimenté les conversations cette semaine. Plusieurs de mes collègues ont partagé leurs histoires.

Je ne connais pas les raisons du départ de l’attaquant des Canadiens, mais quand ça se met à mal aller, il est parfois difficile de s’en sortir.

Après l’écoute du témoignage de mon collègue Patrick Lalime, j’ai décidé de vous partager une période de ma carrière où j’aurais aimé prendre quelques semaines de vacances afin que les choses se replacent.

Au retour du lock-out en 2005, la LNH avait décidé de revoir les standards sur les fautes d’entraves, plus particulièrement l’accrochage. Après une année complète à ne pas avoir arbitré, nos références sur l’accrochage changeaient de façon importante.

Ayant un standard un peu plus serré que certains de mes collègues, je pensais que ce changement n’impacterait pas trop ma «game». Malheureusement, j’ai pris l’application de la règle de façon intégrale et à la place de laisser les pénalités venir à moi, je voulais m’assurer de ne rien manquer, ce qui conduisait à quelques punitions marginales à chaque partie.

Je me souviens d’une pénalité en fin de partie contre Chris Gratton, des Panthers, au Centre Bell. Il n’avait jamais commis d’infraction. Une autre contre Mario Lemieux pour obstruction sur Martin Gélinas en prolongation. Lemieux s’était d’ailleurs dirigé vers moi à la sortie de la zamboni pour me partager son mécontentement.

Ce ne sont que deux situations, mais il y en a eu d’autres. J’avais perdu mes repères et en essayant d’en faire trop, j’aggravais ma situation. Je voulais tout simplement peser sur pause.

Crédit photo : Agence QMI

Mais comme arbitre, tu ne peux pas te cacher. Tu dois trouver une façon de t’en sortir. Ça m’a pris trois mois avant de m’en sortir. Il était déjà trop tard, ça m’avait coûté ma sélection pour les séries de fins de saison. J’avais perdu ma place et je n’ai jamais été en mesure de la reprendre.

Tu essaies de ne pas ramener ça à la maison, mais c’est plus facile à dire qu’à faire. Je n’étais pas toujours drôle pour ma famille.

La difficulté, cette saison, c’est que joueurs, officiels, entraîneurs n’ont aucune façon de ventiler. Sur la route, une soirée au cinéma, un souper au resto font un grand bien à la santé mentale. C’est une période difficile pour tous, en espérant que l’on s’en sorte rapidement.