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Canadiens de Montréal

Jesperi Kotkaniemi: une lente évolution

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Il y a des attentes, mais il y a aussi la réalité. Depuis le jour de son repêchage en 2018, Jesperi Kotkaniemi incarne l’avenir à Montréal. On le décrit comme le futur premier centre que le Canadien cherche depuis des lunes.

Un troisième choix au total à une séance de repêchage apporte généralement son lot de rêves et d’espoirs. C’est le cas avec Kotkaniemi. 

Mais c’était aussi une histoire semblable avec Alex Galchenyuk, troisième choix à la séance de 2012. Avant de voir si le bourgeon se transformera en une magnifique fleur, ça prend du temps et de la patience. Et parfois les attentes se transforment en désillusion comme avec Galchenyuk.

À 20 ans, Kotkaniemi a encore plusieurs années devant lui pour s’établir comme un bon centre dans la LNH. Et le CH l’imagine encore comme une pièce centrale de l’avenir de l’équipe avec Nick Suzuki à la position de centre.

Il faut toujours rester prudent dans l’analyse du potentiel d’un jeune joueur. Mais à sa troisième saison dans la LNH, le Finlandais n’a toujours pas pris son envol, surtout sur le plan offensif, avec seulement 20 points (5 buts, 15 passes) en 48 matchs.

«Même s’il en est à sa troisième saison, il ne faut pas oublier qu’il reste un joueur, a rappelé Dominique Ducharme. On voit une progression dans son jeu cette année. Pour un jeune, le plus difficile, c’est la constance. KK le sait aussi. Quand il a un bon engagement, qu’il patine bien et qu’il rentre dans ses confrontations, tu le remarques assez tôt dans un match. S’il est engagé, il a plus la rondelle et plus d’espace pour décocher des tirs. C’est comme ça qu’il a du succès. Il doit être capable de le répéter soir après soir.»

Un défi mentalement 

À l’image du Tricolore, Kotkaniemi a frappé un mur depuis plusieurs semaines. Il n’a pas marqué à ses 16 dernières rencontres, obtenant seulement quatre passes.

«Oui, c’est difficile, a reconnu le numéro 15. La plus grande chose pour moi, ça reste de gagner des matchs. Mentalement, ça représente aussi un défi de jouer aussi souvent. Nous jouons un match tous les deux jours depuis longtemps. Je devrai trouver des solutions pour être bon et connaître du succès.»

Parmi les solutions à court terme, il y aura visiblement un changement de position. Pour une troisième fois cette saison, Kotkaniemi devrait jouer à l’aile. Les 7 et 8 avril, il avait reçu une audition de deux rencontres à l’aile droite en remplacement de Brendan Gallagher aux côtés de Phillip Danault et de Tomas Tatar.

Cette fois, il se retrouvera sur le flanc gauche en compagnie de Danault et de Josh Anderson. Il s’agissait de l’un des quatre nouveaux trios concoctés par Ducharme à la veille du match contre les Jets de Winnipeg au Centre Bell.

S’il a été repêché pour ses atouts à la position de centre, Kotkaniemi n’avait rien contre l’idée d’un changement temporaire.

«J’aimerais utiliser plus mon tir. Quand je joue à l’aile, je sens que j’ai plus de temps pour décocher des tirs et générer de l’offensive, a-t-il répliqué. Au centre, il y a plus de responsabilités défensives. Je tenterai de provoquer des choses.»

L’éternelle confiance 

Ducharme a parlé du défi de la constance pour un jeune comme Kotkaniemi. On a répété des centaines de fois qu’il demeurait très jeune à 20 ans. Et c’est vrai. Mais les grandes étoiles dans la LNH ont souvent trouvé des façons de produire à un âge précoce. Il y a un bon exemple à l’intérieur même du vestiaire du Tricolore.

Deuxième choix au total en 2003, après le gardien Marc-André Fleury, Eric Staal a rapidement atteint le statut d’un joueur élite. À sa troisième saison chez les professionnels, Staal a touché au plateau magique des 100 points (45 buts, 55 passes) avec les Hurricanes de la Caroline.

Lors de cette campagne de 2005-2006, Staal avait célébré ses 21 ans au mois d’octobre et l’année précédente, il avait joué 77 matchs à Lowell dans la Ligue américaine en raison du lock-out dans la LNH. Sur le plan du développement, ce n’était pas identique à Kotkaniemi.

«C’est facile aujourd’hui de dire que c’était une bonne chose pour moi de jouer dans la Ligue américaine, a mentionné Staal. Mais on ne peut pas réellement le savoir, il n’y avait pas eu de saison dans la LNH. À cette époque, c’était bien pour moi. J’ai joué de grosses minutes dans la Ligue américaine, j’avais un rôle comme dans le junior. J’ai regagné en confiance à mon retour en Caroline. Pour un jeune joueur, c’est le rythme et les détails du jeu qui font une différence. C’est tellement important d’être efficace dans tous les endroits. Tu dois gagner la confiance des coachs. Et quand tu y parviens, tu obtiens un plus grand temps de jeu et tu peux utiliser tes talents pour créer et marquer si tu es un marqueur.»

À sa troisième saison en Caroline, Staal jouait près de 20 minutes (19:39) en moyenne, alors que Kotkaniemi se situe à 15 minutes (14:56). Mais sans rien enlever à Kotkaniemi, Staal avait un talent brut encore plus important au même âge.