Crédit : Martin Chevalier / JdeM

Canadiens de Montréal

Épuisé et épuisant le CH

Épuisé et épuisant le CH

Jean-Charles Lajoie

Publié 24 avril
Mis à jour 24 avril

L’actuelle saison de la LNH n’a pas beaucoup de sens. Surtout dans la section canadienne. La pandémie a dicté le pas à Gary Bettman afin qu’il puisse tenir un calendrier à frontière fermée. En fin de compte, le commissaire de la LNH se retrouve avec un scénario à son goût.

Quatre sections, une seule regroupant les équipes canadiennes et trois logeant exclusivement aux États-Unis, son marché de prédilection. Les deux premières rondes éliminatoires disputées à l’intérieur de chacune des sections, ce qui assure la présence d’une seule équipe canadienne parmi les quatre demi-finalistes de la Coupe Stanley.

Mais dans quel état arrivera le champion canadien au carré d’as ? 

Aucune autre équipe du circuit Bettman n’aura voyagé autant que les Canadiens de Montréal et les Canucks de Vancouver. Restreints aux mêmes rigueurs du calendrier condensé de 56 matchs, soit huit de trop, ces deux clubs du Nord voyagent sans relâche d’un océan à l’autre, traversant quatre fuseaux horaires. 

Train ou autobus

En comparaison, les équipes de la section «USA-East» auraient pu disputer l’entière saison en utilisant la voiture, le train ou l’autobus. Prenez les favoris de Gary, les Rangers. Vingt-huit matchs à Madison Square Garden, quatre à Long Island, quatre au New Jersey et quatre à Philadelphie. Quarante de leurs 56 matchs sans prendre l’avion. 

Au final, ils auront volé seulement 15 fois pour disputer des matchs et en revenir, et ce, sans jamais changer de fuseau horaire. Une moyenne de 70 minutes par envolée, toutes nolisées.

Les Canadien auront quant à eux pris l’avion à 19 reprises, dont 11 en devant changer de fuseau horaire. 

Je ne suis pas dans un exercice visant à excuser les performances en dents de scie du Tricolore. L’équipe performe par rapport aux attentes placées en elle et son irrégularité inquiète. N’empêche, les partisans sont brûlés de devoir écouter les nombreux matchs disputés après 21 h le soir. Imaginez ceux qui doivent les jouer. Le groupe de leaders chargé de mener le CH avance en âge. Carey Price et Jeff Petry ont 34 ans, Shea Weber et Corey Perry 36. Eric Staal a 37 ans, Tomas Tatar 31, Ben Chiarot 30, Tyler Toffoli et Brendan Gallagher 29 et Philippe Danault 28. Ces 10 piliers affichent une moyenne d’âge de 32,4 ans. 

Dans une saison normale, ça peut aller. Dans un calendrier débile, chamboulé par des reports de match, alors que tu dois te faire jouer dans le nez tous les matins et que tu ne peux jouir de tes beaux dollars puisque semi-confiné à l’hôtel... Dans une campagne où tu n’as pas le droit de décompresser autour de quelques bonnes bouteilles avec tes coéquipiers sur la route un soir de congé... Au fait, nonobstant ceux imposés par la convention, il n’y a pas de congé. 

Pour une équipe sous pression comme le Bleu-Blanc-Rouge, un club qui n’a pas le droit de manquer son coup cette année, ce doit être difficilement supportable.

Je comprends que le Tricolore soit épuisé. N’empêche, à le regarder suer ou pas certains soirs, c’est aussi épuisant.   

Coup de coeur 

Au CF Montréal! Une victoire contre Toronto FC est toujours grisante. Celle de samedi dernier avait ce petit quelque chose de plus. Je m’attendais tellement à moins, à peu, à rien en fait, qu’un nul de 2-2 m’aurait ébloui. Un 11 uni et déterminé m’a plutôt offert un spectacle formidable avec de la créativité, de l’entrain et un résultat. C’est de très bon augure même si désormais les attentes montent. 

Coup de gueule 

Je ne sais trop s’il doit revenir aux Oilers ou à la LNH. Toujours est-il que la scène de lundi où l’on a vu Jujhar Khaira titubant tout croche sur la glace après la mise en échec d’Alexander Romanov était troublante. 

Qui a permis à Khaira de revenir au jeu quatre petits jours après le K.-O. violent encaissé dans une bagarre face à Brett Ritchie des Flames, le 15 mars dernier?  

Un p'tit 2 sur...

Une lutte serrée jusqu’à la fin du calendrier dans la section Nord. Ça ne paraît pas, mais le Tricolore ne peut pas respirer d’aise malgré le retard de points des Flames et des Canucks. Vancouver veut devenir l’histoire Cendrillon de la pandémie. Le CH aura terminé sa saison alors que Calgary et Vancouver vont s’affronter à quatre reprises. Montréal assistera peut-être impuissant à sa chute. Faudrait pas...