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«On parle d’un immense défi»

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Pendant dix saisons, David Savard a endossé l’uniforme des Blue Jackets. Il a entendu des tonnes de coups de canon au Nationwide Arena de Columbus. Choix de 4e tour au repêchage de 2009, il avait grandi au sein de l’organisation des Jackets.

Mais depuis maintenant deux semaines, le défenseur de 30 ans s’adapte à un nouvel environnement avec le Lightning de Tampa Bay. Pour Savard, c’est un changement de décor important et, surtout, une chance de jouer pour une équipe avec de grandes ambitions.

«Il y avait beaucoup d’excitation quand j’ai entendu que je partais pour Tampa, j’étais vraiment content, a rappelé Savard en entrevue téléphonique au Journal. J’ai toujours trouvé ça fatigant de jouer contre le Lightning. Et quand je dis fatigant, c’est du bon côté des choses. Le Lightning a beaucoup de talent. Dès que tu fais une erreur, c’est une équipe qui te fait payer cher.»

«Je découvrirai une autre réalité à Tampa. C’est une équipe axée plus sur l’attaque, contrairement aux Blue Jackets, qui ont toujours gardé une mentalité défensive. Malgré le sentiment d’excitation, je ressentais aussi de la tristesse. Je viens de laisser partir dix ans de ma vie à Columbus. Je dois laisser ça derrière moi. J’avais des sentiments partagés le jour de l’échange.»

Un DG créatif

Le 10 avril dernier, soit deux jours avant la date limite des transactions, Savard a pris la route de Tampa dans une transaction à trois équipes. Julien BriseBois a démontré toute sa créativité et ses talents en gymnastique comptable en forçant les Blue Jackets (50 %) et les Red Wings (25 %) à payer 75 % des 4,25 millions pour la dernière année du contrat de Savard.

«Dès que Jarmo [Kekalainen] m’a téléphoné, il m’a dit que je partais pour Tampa, a dit Savard. Ensuite, j’ai appris que j’avais gravité par Detroit pour finir à Tampa. Mais mon passage à Detroit était juste pour des raisons comptables. J’ai toujours su que c’était Tampa.

«Le Lightning a travaillé fort pour rentrer mon salaire, a-t-il continué. Julien [BriseBois] devait régler des trucs avec la LNH, il devait avoir l’approbation de la LNH pour la transaction. Une fois que c’était réglé, nous avons eu une belle conversation.

«Je sais que le Lightning a usé de créativité pour venir me chercher. Ça ajoute au bonheur de me joindre à une aussi bonne formation. Le Lightning a gagné la coupe Stanley l’an dernier et c’est encore l’objectif cette année. C’est difficile de l’emporter deux ans d’affilée. On parle d’un immense défi. Mais il y a le talent pour y arriver. Comme joueur, je ne peux pas demander mieux.»

D’ennemis à coéquipiers

Savard a maintenant joué six matchs avec le Lightning. Jeudi soir, il a affronté son ancienne équipe pour une première fois. Il se retrouvait de l’autre côté de la clôture.

«C’est un peu bizarre, a-t-il reconnu. Dans le passé, j’ai eu de bonnes batailles avec les joueurs du Lightning. En 2019, nous avions balayé Tampa au premier tour des séries. Mais en 2020, nous avions perdu en cinq au premier tour des séries contre eux. Je peux dire que j’avais appris à adorer les détester. J’en garde de beaux souvenirs de nos confrontations contre Tampa. C’était de belles batailles.»

McDonagh ou Hedman

Jon Cooper a placé Savard dans une très bonne chaise depuis ses débuts à Tampa. Le défenseur à la grosse barbe a obtenu un match aux côtés de Victor Hedman et, depuis ce temps, il se retrouve à la droite d’un autre très bon défenseur en Ryan McDonagh.

«Je suis bien heureux avec McDonagh, a-t-il affirmé. Il est très fiable comme partenaire et il a beaucoup d’expérience. J’ai aussi aimé jouer avec Victor même si nous n’avions pas joué un bon match [revers de 7 à 2 contre Nashville]. Victor patine tellement bien et il est agressif dans ses prises de décision. C’était différent de mes partenaires à Columbus. Je pourrais m’habituer à ça rapidement. Nous avions fait des erreurs, mais c’était juste un match.»

À Tampa, Savard découvre également une personnalité bien différente de John Tortorella derrière le banc de l’équipe.

«Torts est beaucoup plus émotif, Cooper reste beaucoup plus calme. Mais le message est assez semblable. On parle de deux entraîneurs exigeants. Cooper corrige autant de choses que Torts, mais il n’a pas nécessairement la même façon de dire les choses.»

«Moi, j’ai aimé jouer pour Torts. Il est intense, mais très honnête avec ses joueurs. Quand tu joues bien, il te le dit. Quand tu joues mal, il te le dit aussi. Il veut juste que tu travailles toujours au plus haut niveau possible. Je me suis habitué à ce standard. Il a été bon pour ma carrière.»