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Le coin des stats: trois domaines où Montréal devra s’améliorer

Le coin des stats: trois domaines où Montréal devra s’améliorer

Vincent Destouches

Publié 20 avril
Mis à jour 20 avril

Lors de sa seule saison en charge de feu l’Impact de Montréal, Thierry Henry a essayé de mettre en place ses idées, sa philosophie, dans un contexte et des conditions dantesques. Son départ précipité laisse un goût d’inachevé en ce qui a trait à son projet de jeu.

Mais alors que Montréal a vu un 8e entraîneur-chef prendre les commandes de l’équipe en 10 saisons MLS, il y a un sentiment d’évolution dans la continuité avec le choix – très à propos, à mon humble avis – de Wilfried Nancy.

Dans son concept de jeu, que Nancy a beaucoup renforcé auprès des joueurs tout au long de la préparation, il y a des similitudes. Montréal sera une équipe joueuse, dynamique, pressante, cherchant à prendre de la vitesse offensivement... tout ceci étant alimenté par le don de soi et la répétition des efforts. Il faut aussi s’attendre à des ajustements : j’entrevois davantage de flexibilité notamment en ce qui concerne les relances courtes et dans les pieds.

Certains ajustements paraissent de toute façon nécessaires, que ce soit dans les préceptes de jeu ou dans l’utilisation des hommes, tant Montréal traîne la patte dans certaines facettes du jeu. En effet, les statistiques de la saison 2020 en MLS mettent en lumière quelques carences, techniques et/ou tactiques, qu’il faudra gommer.

La création offensive

On n’est jamais en surplus de création, évidemment! Mais parfois, la « créativité » peut être discutée de manière abstraite et fourre-tout. Alors, parlons concrètement.

En 2020, selon InStat, Montréal a obtenu 114 chances de marquer. Avec 34 buts inscrits (saison régulière et séries éliminatoires confondues), l’équipe a donc affiché un ratio de 30% de chances converties.

Ce qui amène deux constats. D’une part, l’Impact n’était que 18e (sur 26) du point de vue des chances de marquer. Par contre, il était le 8e meilleur club au chapitre de la conversion desdites chances. En somme : Montréal était une équipe qui peinait à se créer des occasions, mais qui était plutôt efficace dans la finition.

Une partie du problème repose sur les épaules du nouvel entraîneur, qui devra outiller son équipe pour mieux déséquilibrer l’adversaire et trouver les astuces tactiques pour mettre de manière systématique son équipe en position de marquer.

L’autre partie du problème appartient à Olivier Renard, qui se devait de bonifier l’effectif durant l’intersaison. Est-ce le cas? Nous verrons. En tout cas, le directeur sportif a amené des profils différents et intéressants, de Djordje Mihailovic à Björn Johnsen en passant par Joaquin Torres et Sunusi Ibrahim. Sur papier, le club semble disposer de davantage d’armes pour créer du danger.

Tendance 2021 : le premier week-end d’activité en MLS, lors duquel le CF Montréal a vaincu Toronto 4-2, a montré du mieux dans la créativité montréalaise. L’échantillon est très faible, mais le CFMTL se classe 6e à travers la ligue avec ses 7 occasions de marquer. Nashville est le premier de ce classement avec 10 occasions, mais a concédé le match nul à domicile (2-2) face à Cincinnati. Comme quoi, la meilleure statistique reste le tableau d’affichage! Toujours aussi efficace à la finition, Montréal trône au sommet de la MLS avec 57% de chances converties.

Les pertes de balle

Sur l’ensemble de la saison 2020, Montréal est dans la moyenne MLS en ce qui a trait au volume de pertes de balle. Là où le bât blesse pour les Montréalais, c’est dans la proportion de ballons perdus dans leur propre moitié de terrain (447, bien au-delà de la moyenne de 392).

Dans le circuit Garber, seules six équipes ont perdu la possession plus souvent dans leur propre camp, selon InStat : Portland (453), Minnesota (455), Dallas (460), San Jose (465), Orlando (466) et Cincinnati (466). (À noter : Minnesota, Orlando et Portland ont pour eux d’être également dans le top 5 des équipes récupérant le plus de ballons.)

Nul besoin d’être un grand tacticien pour comprendre qu’idéalement, il vaut mieux perdre la balle dans des zones peu dangereuses et plus éloignées de son but. Se faire déposséder du ballon dans son camp n’est pas rédhibitoire (Minnesota, Orlando et Dallas faisaient d’ailleurs partie des bonnes défenses de MLS), mais sur la durée et sur le volume, cela mène à davantage d’occasions de buts pour l’adversaire.

En 2020, Montréal a été la 4e pire défense de la ligue (43 buts encaissés), derrière San Jose (51), LA Galaxy (46) et Vancouver (44). Et Thierry Henry s’est ému plusieurs fois du nombre d’erreurs défensives qui ont coûté des buts. Le CF Montréal devra tenter de minimiser ces pertes de balles inutiles qui, dans son cas, lui ont coûté cher.

Tendance 2021 : la tendance se maintient! Avec 23 ballons perdus dans sa propre moitié de terrain, Montréal se classe 21e sur 27 en MLS (sachant que le Real Salt Lake n’a pas joué durant la fin de semaine). Ceci étant dit, il faut prendre en compte l’opposition sur le seul match de cet échantillon, puisque Toronto est devenue une équipe qui presse énormément – 6e équipe à ce chapitre, ce week-end.

Le pressing

Presser fait partie des intentions de Wilfried Nancy pour son CF Montréal. C’est une bonne chose, surtout si le pressing est haut, afin d’accomplir deux choses : profiter de la désorganisation adverse et des grands espaces qui s’ouvrent soudainement, ainsi qu’éviter de passer trop de temps à défendre.

Encore faut-il que le pressing soit au point. Selon InStat, le pressing de l’Impact n’était efficace que 43% du temps en 2020, en-deçà de la moyenne MLS de 46%. En fait, trois équipes seulement ont effectué un pressing moins efficace : San Jose (42%), LA Galaxy (42%) et Vancouver (39%). Portland et Nashville ont affiché le même ratio que Montréal, soit 43%.

Il s’agit assez concrètement d’un aspect du jeu pouvant être perfectionné et, le cas échéant, pouvant avoir une incidence directe sur le tableau d’affichage et le nombre de buts marqués et/ou accordés.

Tendance 2021 : Avec 54% d’efficacité dans son pressing, Montréal est 12e en MLS après la semaine 1 de la nouvelle saison. Reste que la moyenne du circuit Garber (48%) indique un certain succès des Montréalais dans cette entreprise. À confirmer!