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Canadiens de Montréal

Huit points qui expliquent les insuccès récents du CH

Publié | Mis à jour

À un moment où le niveau de jeu gagne en intensité en vue des éliminatoires, les Canadiens de Montréal semblent manquer de carburant dans le réservoir.   

Avec sept défaites à leur 10 derniers matchs, les buts se font plus rares et il n'y a aucune «puissance» dans le jeu du club en supériorité.

Voici huit points qui expliquent les récents déboires du Bleu-blanc-rouge :

1. Jeff Petry a perdu de son aplomb   

Bien entendu, le vétéran est un pilier à la ligne bleue. Polyvalent et doté d’une vision hors pair sur la glace, il demeure un incontournable dans le succès de l’attaque montréalaise. Mais celui qui se trouvait naguère dans les discussions concernant le trophée Norris n’a aucun but à ses 16 derniers matchs. Son dernier filet remonte au 16 mars, lorsqu’il en avait marqué un cinquième en sept matchs. Face aux Oilers d’Edmonton, lundi, il n’a expédié aucun lancer au filet. Une première pour lui en près d’un mois.

«Les buts que l’on marquera à présent viendront devant le filet. Les jeux chics ne se concrétiseront plus à ce stade-ci de la saison», a-t-il prévenu après la débandade de 4-1 à Edmonton. 

2. Jonathan Drouin inquiète   

Le Québécois revête fièrement la Sainte-Flanelle depuis son arrivée à Montréal et les partisans sont ravis qu’un francophone – jadis une vedette dans le junior sous les ordres de Dominique Ducharme – se trouve dans le giron. Mais force est d’admettre que l’ailier gauche n’est plus le même depuis son intervention chirurgicale à un poignet en novembre 2019. 

Il l’a lui-même signifié le mois dernier, déclarant : «Je n’ai plus le tir que j’avais avant, mais ce n’est pas une excuse. Maintenant, sur l’avantage numérique, je suis un passeur et je ne passe pas mon temps à lancer». Par conséquent, l’attaquant aux feintes ingénieuses n’a que deux buts et 23 points en 43 sorties.

3. Shea Weber n’est plus que l’ombre de lui-même   

Que se passe-t-il avec le capitaine Shea Weber? Celui qui a patiné dans un 1000e match cette saison n’avance plus avec la même rapidité. Son tir dévastateur ne vient plus. Défensivement, il est constamment débordé. Au cours de ses trois derniers matchs, son différentiel se situe à -4.

«Je ne trouve pas que j'ai autant d'occasions de décocher des tirs de qualité», a-t-il laissé tomber, mardi, après l'entraînement.

Avec un point à ses neuf derniers duels, le capitaine a maintenu une moyenne de 1,5 tir par joute au cours de cette période. Comme le soulevait l’animateur et journaliste Louis Jean à «JiC», récemment, comment ce leader aguerri peut-il se lever pour défier ses camarades dans le vestiaire quand son propre rendement est en chute? 

La confiance pourrait peser lourdement dans la balance, pusiqu'il n'a pas voulu faire d'introspection au sujet de ses récentes performances, mardi.

Crédit photo : Photo Martin Chevalier

4. Trop de leaders dans le vestiaire?   

Depuis qu’il a orchestré ses acquisitions impressionnantes pendant l’entre-saison, Marc Bergevin se targue d’avoir recruté des joueurs ayant gagné la coupe Stanley. Effectivement, Jake Allen, Joel Edmundson, Tyler Toffoli, Corey Perry, Michael Frolik (qui n’a participé qu’à deux matchs) et le nouveau venu Eric Staal ont tous brandi le plus prestigieux trophée du sport professionnel au fil de leurs carrières. 

«Ce n’est pas un hasard si on a amené des champions de la coupe Stanley ici», a indiqué le DG après avoir transigé des choix de troisième et cinquième tours aux Sabres de Buffalo en retour de Staal.

Ajoutez les noms de vétérans dont le leadership est incontesté depuis bon nombre d’années dans le noyau, tels Carey Price, Shea Weber, Jeff Petry, Phillip Danault (qui détient une bague de la conquête de 2015 à Chicago) puis Brendan Gallagher, et on peut se demander si cette équipe ne compte pas trop de leaders dans le vestiaire, ce qui peut constituer un couteau à deux tranchants : posséder trop de soldats décorés n’est pas forcément un gage de succès, surtout si la moyenne d’âge de cette liste de troupiers est de 34,4 ans.

5. Les mains liées   

Ducharme est extrêmement limité dans ses options et semblait plutôt irrité après la défaite contre les Sénateurs d’Ottawa, samedi après-midi, lorsque le pilote de Joliette s’est fait demander s’il envisageait des changements dans sa formation :

«C’est la troisième fois que je le dis. Je ne peux pas en faire de changements. C’est assez simple. Si on voit une possibilité, j’en ferai. Mais je vais le répéter, dans la situation (du plafond salarial) où on se retrouve, on ne peut pas faire de changements.»

Dans les faits, le CH n’a droit qu’à un rappel d’ici la fin du calendrier régulier. Bergevin a rappelé le prodigieux Cole Caufield sur l’escouade de réserve. Pourrait-il être lancé dans la mêlée pour générer une étincelle dans une attaque qui ne revendique que trois buts en quatre sorties?

À noter que les arrières Jon Merrill et Erik Gustafsson font partie de la formation des 22 joueurs et pourraient être intégrés dès mercredi.

6. Les défenseurs ne marquent pas   

Savez-vous à quand remonte le dernier but d’un défenseur du CH? Le 14 avril dernier, lorsque Brett Kulak y est allé d’une impressionnante incursion en territoire adverse. Mais vous souvenez-vous quel arrière avait fait scintiller la lumière rouge avant lui?

Joel Edmundson, le 20 mars dernier, dans une éclatante victoire en tirs de barrage contre les Canucks de Vancouver.

Pire encore, le dernier défenseur à avoir touché la cible en supériorité numérique remonte au 10 mars dernier! Shea Weber a alors fait secouer les cordages, ce que ni lui ni aucun patrouilleur à la ligne bleue n’est pas parvenu à réaliser depuis ce soir-là.

Crédit photo : Martin Chevalier / JdeM

7. L’attaque massive inerte   

Quant à l’avantage numérique, parlons-en! Le CH n’a frappé dans le mille que deux fois à ses 33 dernières occasions pour une efficacité de... 6%!   

L’attaque massive se classe présentement au 21e rang dans le circuit Bettman avec un taux de succès de 18,8%, soit 22 réussites en 117 occasions. Dire qu’au 1er février, cette équipe était tout juste exclue du top 10, au 12e échelon, avec un taux de 26,5%.

Jeff Petry mène les siens avec 12 points en avantage numérique. À l’attaque, Nick Suzuki trône avec neuf points en supériorité, dont quatre buts. C’est avec l’homme en plus qu’il a marqué son plus récent but, qui remonte au 12 avril dernier.

8. Kotkaniemi et Suzuki : au neutre!   

Les jeunes joueurs de centre Nick Suzuki et Jesperi Kotkaniemi ont démontré beaucoup de promesse pendant les éliminatoires, l’été dernier, mais voilà que l’essoufflement s’est installé.

Le premier n’a enfilé qu’un but à ses 12 dernières rencontres (en supériorité, pas à forces égales), pour un total de sept points pendant cette séquence, tandis que l’autre connait une disette de 11 matchs. Le Finlandais, qui a été muté à l’aile droite sur le trio de Phillip Danault et Tomas Tatar pendant quelques jours, a inscrit trois aides au cours de ladite séquence.

Suzuki revendique 27 points en 43 sorties cette saison avec une moyenne de tirs de 1,69 et un temps de glace moyen de 18 min 13s par soir. 

Kotkaniemi a récolté 15 de ses 19 points à cinq contre cinq avec une moyenne d’utilisation de 14 min 53s.