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Anthony Mantha... comme John LeClair?

Anthony Mantha... comme John LeClair?

Félix Séguin, TVA Sports

Publié 20 avril
Mis à jour 20 avril

Quand j’ai vu Anthony Mantha marquer dès son premier match avec les Capitals de Washington, je n’ai pu m’empêcher de penser à John LeClair.

Laissez-moi vous rafraîchir la mémoire.

En 1995, les Canadiens avaient lancé la serviette avec LeClair en l’échangeant aux Flyers de Philadelphie en compagnie d’Éric Desjardins et Gilbert Dionne. En retour, Montréal avait obtenu Mark Recchi. Il s’agit encore de l’une des pires transactions dans l’histoire du Tricolore.

LeClair était un ailier grand (6’03) et costaud (225 livres). Lors de ses cinq saisons (1990-1995) avec les Canadiens, l’Américain avait démontré qu’il possédait des outils qui permettait de croire à l’organisation qu’il pouvait devenir un joueur puissant et dominant.

À Montréal, LeClair avait connu deux saisons de 19 buts, mais il avait surtout été dominant lors de la finale de la Coupe Stanley, en 1993, contre les Kings de Los Angeles en marquant notamment deux buts en prolongation dans les matchs no 3 et no 4.

Toutefois, LeClair était inconstant et certains le jugeaient paresseux. L’organisation des Canadiens avait donc perdu patience.

Aussitôt arrivé à Philadelphie, les Flyers l’ont fait jouer sur le premier trio avec Eric Lindros et Mikael Renberg, un trio qui fut surnommé « « Legion of Doom » et qui fut l’un des meilleurs à la fin des années 90 dans la LNH.

Cette transaction a permis à LeClair de devenir l’un des meilleurs ailiers en puissance dans la LNH. Au grand désarroi des Canadiens, il a connu trois saisons de 50 buts et deux autres de 40. Le Tricolore s’en est mordu les doigts pendant longtemps.

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Dans le cas de Mantha, il a un potentiel énorme. Tout comme LeClair, il est grand (6’05-230 livres) et fort. Il possède un excellent tir. C’est un marqueur. Il a connu deux saisons de 20 buts avec les Red Wings, mais il est capable de plus.

À Detroit, on lui reprochait son effort et son éthique de travail, mais je juge qu’il était très mal entouré ou mal utilisé.

Dès son arrivée à Washington, les Capitals ont placé Mantha avec Nicklas Backstrom qui est considéré comme l’un des meilleurs passeurs de sa génération, et T.J. Oshie. Mantha n’a pas tardé à impressionner. L’ancien des Foreurs de Val-d’Or a marqué à chacun de ses quatre premiers matchs avec sa nouvelle équipe.

L’échantillon est encore très très petit, mais je trouve que Mantha est dans une position pour se mettre en valeur avec Backstrom comme joueur de centre. Ce fut le cas lorsque John LeClair s’est joint aux Flyers de Philadelphie en 1995 et qu’on l’a placé avec Lindros.

Sans vouloir être chauvin et démontrer une partisanerie qui me rend aveugle, je pense néanmoins que Mantha a une occasion rêvée à Washington de faire mal paraître les Red Wings qui pourraient regretter longtemps de l’avoir laissé partir.

John LeClair en 1995. Anthony Mantha en 2021.

On verra.