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Ligue Frontier: place à Équipe Québec

Publié | Mis à jour

Tout indique que la formation réunissant des joueurs des Capitales de Québec, des Aigles de Trois-Rivières et des Titans d’Ottawa au sein de la Ligue Frontier portera le nom d’Équipe Québec pour la saison 2021.

«Ça pourrait ressembler à ça», a convenu le président des Capitales, Michel Laplante, qui a été le délégué au front pour les trois clubs canadiens auprès du reste du circuit.

«On a jusqu’à jeudi pour finaliser le nom, le logo et tout ça. C’est beaucoup de travail en quelques jours, mais on a avancé là-dessus pendant la fin de semaine», a ajouté Laplante en spécifiant qu’il y aurait aussi de nouveaux uniformes pour cette saison particulière.

Le noyau actuel de joueurs des Capitales demeurera intact puisque la formation de Québec pourra conserver autant ses joueurs canadiens qu’étrangers. À cet alignement se grefferont autant que possible les meilleurs éléments canadiens des Aigles et des Titans.

Jeudi, les joueurs étrangers des Aigles et des Titans seront disponibles pour les autres équipes de la ligue par un repêchage de dispersion, mais leurs droits appartiendront toujours à leur équipe d’origine au retour à la normale, anticipé en 2022.

«On va jouer beaucoup sur la fibre nationaliste. Ce sera un peu l’image du nous contre eux. On veut aller aux États-Unis et battre les équipes américaines avec nos joueurs», a lancé le gérant Patrick Scalabrini, qui sera épaulé par ses adjoints Pierre Arsenault et Gift Ngoepe, ainsi que par le gérant des Aigles, Matthew Rusch, dans le rôle de directeur général adjoint.

Aide financière

Comme annoncé la semaine dernière, c’est, entre autres, grâce à un prêt du gouvernement du Québec, obtenu à l’occasion du pacte touristique d’Investissement Québec, que l’aventure est rendue possible. Le prêt remboursable sera de l’ordre de 500 000 $.

La Ligue Frontier assumera aussi l’hébergement de l’équipe aux États-Unis et d’autres dépenses.

L’Équipe Québec disputera ses matchs au sud de la frontière jusqu’au 22 juillet, où un retour à la maison est souhaité pour 28 matchs (sur les 48 restant au calendrier) partagés équitablement entre Québec et Trois-Rivières.

«Ce n’est pas une formule évidente pour les joueurs, qui passeront beaucoup de temps sur la route. Il fallait qu’on sente que pour leur part, c’était important de jouer. Pour nos propriétaires, ce sera une saison dans le rouge. Les propriétaires comprennent l’écosystème dans lequel on est présentement, où l’ensemble du baseball mineur est relié à nous. Ils tiennent compte de la volonté de nos fans», a expliqué Laplante.

Spectateurs souhaités

Évidemment, pour les 28 matchs en sol québécois, des spectateurs sont souhaités, mais il est trop tôt pour déterminer dans quelle mesure.

«On n’est pas encore là. On se base sur le fait que le 24 juin, l’entièreté des Québécois devraient être vaccinés. Beaucoup de choses peuvent changer et on va travailler avec la Santé publique. C’est peut-être une position qui va évoluer. Par exemple, on pourrait être à 25 % du stade le 23 juillet et à 50 % le 23 août. Il faudra voir», a noté Laplante.

Ce dernier, sous toute réserve, espère que d’ici au retour de l’équipe à la fin de juillet, des activités pourront être organisées sur la terrasse du Stade Canac.

Soulagement pour Patrick Scalabrini

Pour Patrick Scalabrini et ses joueurs, il faudra s’habituer à vivre dans une valise pendant une bonne portion de l’été. Dans le contexte actuel, le gérant ne demandait pas mieux.

Le père de deux jeunes enfants ne se réjouit évidemment pas à l’idée d’être séparé de sa famille pendant de longues semaines, mais l’idée de ne pas baigner dans le baseball professionnel pour une deuxième année de suite n’était pas une meilleure option.

«J’ai changé d’idée fréquemment dans ma tête et mon cœur. J’ai passé quelques nuits d’angoisse. Il reste que j’avais envie de faire partie d’une aventure comme celle-là. Je m’ennuie du baseball. C’est une passion pour moi et ça me manquait», a confié le gérant.

Pour les joueurs

Malgré le sacrifice sur le plan familial, Scalabrini ne se voyait tout simplement pas dire à ses joueurs qu’il n’embarquait pas dans le navire.

«Je suis en contact constant avec les joueurs et ils vivaient beaucoup d’inquiétudes. Je n’aurais jamais pu me regarder dans le miroir si je ne leur avais pas donné la meilleure opportunité de jouer.»

«Pour plusieurs d’entre eux, deux étés sans baseball, ça pourrait sonner la fin de leur carrière professionnelle. On va vivre d’hôtel en hôtel, de ville en ville, mais à ma grande surprise et joie, c’était unanime, les gars veulent jouer.»

Un camp en mouvement

L’équipe devrait tenir un premier camp d’essai à Québec pour les joueurs locaux quelques jours avant le début officiel du camp d’entraînement, prévu le 13 mai.

À cette date, c’est aux États-Unis, possiblement à Rockland, que l’Équipe Québec installerait son bivouac pendant quelques jours.

«On va se déplacer ensuite peu à peu vers la région de St. Louis, où on commence notre saison.»

«On va être loin de nos familles pendant de longues semaines, mais on va partir heureux d’aller représenter nos organisations. On va tout faire pour revenir au Québec à la fin juillet avec une excitante course aux séries», a conclu Scalabrini.

Parmi les effectifs québécois, l’entraîneur s’attend à pouvoir miser de nouveau sur David Glaude et Jonathan Lacroix.

Pour ce qui est de l’artilleur Karl Gélinas, son nouvel emploi de gérant des Diamants de Québec, dans la LBJEQ, ne lui permettra pas de s’aligner en même temps dans la Frontier. La présence de Raphaël Gladu semble improbable.

À voir dans la vidéo ci-dessus.