Crédit : Martin Chevalier / JdeM

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Prédictions MLS: Montréal mérite plus de respect

Prédictions MLS: Montréal mérite plus de respect

Vincent Destouches

Publié 13 avril
Mis à jour 13 avril

Avez-vous vu les prédictions de la MLS concernant la saison du CF Montréal? Ce n’est pas glorieux... Aucun des 11 experts ne voit Montréal dépasser le 13e rang de l’Est... sur 14 équipes! Ah, et le CFMTL apparaît bon dernier au Power Rankings de l’ensemble de la ligue, à l’aube de sa 26e saison.

Mon but n’est pas de faire le procès de qui que ce soit. Toutes les opinions se valent, et à ce moment de l’histoire de la saison, tout est subjectif. N’importe qui a le droit de penser que Montréal est la moins bonne équipe de l’Est. Et peut-être que cela se confirmera! Ou pas.

Le CF Montréal, c’est un peu Jennifer Grey (Baby) dans Dirty Dancing. Jeune, inexpérimenté, avec une soif évidente de vivre et, visiblement, devant défier un certain mépris de classe. Nobody puts Baby in a corner, clamait Patrick Swayze (Johnny)!

Sauf qu’en MLS, il semble facile, voire beaucoup trop facile, de mettre Montréal dans un coin.

Qu’a fait le club d’expansion d’Austin pour mériter d’être 6 rangs au-dessus de Montréal au Power Rankings de la MLS? Ah oui, ils ont deux joueurs désignés, c’est vrai – et qu’importe la qualité globale (très moyenne) de l’effectif... J’oubliais que la MLS était un gigantesque concours de qui a le plus gros... joueur désigné. À moins que ce soit la présence du co-propriétaire Matthew McConaughey qui aveugle tout le monde? Si c’est le cas, alright, alright, alright!

Autre exemple : Chicago. Au contraire de Montréal, le club de l’Illinois n’a pas participé aux séries éliminatoires en 2020. Au contraire de Montréal, Chicago a à peine bougé le petit doigt durant l’intersaison. Qu’à cela ne tienne, tous prédisent que Chicago terminera devant Montréal au classement! Normal...

Alors, je veux bien. Peut-être que ce groupe, avec un an d’apprentissage auprès de Raphaël Wicky, va se révéler. Chicago avait quand même délié les cordons de sa bourse lors de l’hiver 2019-2020 pour obtenir la signature de trois joueurs désignés (on y revient toujours...). Mais je ne vois pas très bien sur quels éléments se basent cette vision (cet espoir?).

Encore une fois : tout ceci est subjectif. Les prédictions se font parfois sur des éléments non tangibles. Et comprenez-moi bien : je ne suis pas train de vous dire qu’Olivier Renard est aussi efficace à dénicher des pépites sur le marché des transferts qu’Indiana Jones à identifier le Graal sur une étagère de coupes dorées.

Mais se peut-il qu’Olivier Renard ait eu le nez creux avec ses acquisitions? Se peut-il qu’il y ait des super joueurs de MLS en devenir dans ce groupe? Est-ce que Montréal peut obtenir du succès (qu’elle qu’en soit votre définition) avec un modèle bien différent du reste de la MLS? Tout cela est intrigant et mérite qu’on s’y intéresse. En tout cas, il faut éviter de lever le nez sur ce club simplement parce que les noms ne sont pas bling-bling ou parce qu’il n’y a pas d’étiquettes accolées aux renforts.

Le bénéfice du doute?   

Bien sûr, on ne peut être contre la vertu : avoir des joueurs de grande qualité, ça aide – encore faut-il ne pas se tromper sur le recrutement, car une erreur qui coûte 5 millions, ça fesse 5 millions de fois plus qu’une erreur sur un joueur gratuit.

Peut-être est-ce un vœu pieux, mais je pense quand même que la conversation autour des clubs MLS y gagnerait si on ne la réduisait pas toujours à son plus petit dénominateur commun, c’est-à-dire : combien de joueurs désignés ont-ils?

Ici, ce n’est pas l’Europe. Il y a eu 10 champions différents au cours des 15 dernières saisons, et ce n’est pas toujours l’équipe la plus dépensière qui l’a emporté, loin de là. Il y a beaucoup d’outils à disposition, qui eux-mêmes permettent une variété d’approches différentes.

La question qui peut se poser, et qui est légitime, est la suivante : est-ce que Montréal mérite le bénéfice du doute au vu de son passé erratique? Peut-être pas, la réponse est propre à chacun.

Mais encore là : qu’a fait Chicago pour mériter le bénéfice du doute? Ils n’ont participé qu’une fois aux séries éliminatoires lors des 8 dernières saisons, en 2017, et ils avaient alors été éjectés dès le premier tour!

Sur quoi se base-t-on alors pour placer Montréal si bas? Au moment d’écrire ces lignes, l’équipe n’a même pas une semaine d’entraînement dans les jambes avec l’effectif au complet. Et personne n’a vu le contenu des matchs.

Justement, le manque d’informations est-elle la raison pour laquelle les différents analystes américains se sont montrés si sévères? Si oui, je m’explique mal pourquoi Montréal ne s’est pas retrouvé dans la liste des 5 équipes les plus imprévisibles de 2021, d’autant que bon nombre de nouveaux joueurs sont des points d’interrogation... (Pour les curieux, les 5 clubs imprévisibles en question se sont trouvés être : LA Galaxy, DC, Cincinnati, Colorado et Chicago, bien sûr.)

Nuance importante  

Il est important pour moi de préciser une chose : dans le balado XI MTL, où Frédéric Lord, Patrice Bernier et moi avons fait le portrait de l’association Est, j’ai été le plus pessimiste, ou plutôt le plus zélé envers la situation du CF Montréal, puisque j’ai été le seul de nous 3 à placer le club dans les 5 derniers de l’Est. Pas parce que je garantis une saison de misère, mais tout simplement parce qu’à ce stade des choses, je n’ai pas beaucoup d’éléments pour avancer que Montréal terminera bien plus haut ou bien plus bas qu’en 2020 (l’Impact avait fini 9e de la saison régulière). Bref, je n’essaye vraiment pas de vous vendre une saison de rêve à l’antenne de TVA Sports (je vous vois, les cyniques!).

Placer Montréal 10e ou 13e dans les prédictions ne fait pas beaucoup de différence, me direz-vous. À mes yeux, il y a pourtant une différence : c’est le respect. Montréal mérite davantage de respect.

Le départ de Thierry Henry ne peut expliquer à lui seul qu’un club ayant participé aux séries se fasse déclasser de la sorte. Il faut vraiment que la balance des arrivées et des départs ait été très mauvaise en soi – et encore plus mauvaise que celle des autres clubs – pour en arriver à un tel résultat. Et je ne vois simplement pas comment on peut l’affirmer aujourd’hui. -30