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Benoit Paire l'échappe et en a «rien à foutre»

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«Je n’en ai rien à cirer!». Comme un credo qui accompagne une triste routine, le commentaire du Français Benoît Paire était nihiliste après sa nouvelle défaite au premier tour d'un tournoi, dimanche au Masters 1000 de Monte-Carlo.

Un seul autre match du tableau principal était programmé lors de cette première journée monégasque et David Goffin (14e) a battu Marin Cilic (43e) 6-4, 3-6, 6-0. 

Dans la foulée, Paire (33e) a affronté l'Australien Jordan Thompson (62e) et perdu 6-4, 6-7 (3/7), 7-6 (7/5) après 3h03 d'une partie sans saveur qui s'est terminée sous les projecteurs à la nuit tombante. Les épices ont été rajoutées juste après, en conférence de presse.

«Je n’en ai rien à branler. J'ai un double encore (associé à son compatriote Adrian Mannarino, ndlr) et après je me casse chez moi», a lâché le Français comme premier commentaire.

«Sur le match, ça se voit, je ne dis rien. Le tennis ne m'apporte plus rien d'heureux. Se retrouver ici c'est d'une tristesse absolue alors que d'habitude c'est le meilleur tournoi du monde... Donc, franchement, rien à foutre.»

Pourtant, Paire n'a pas complètement bâclé son match puisqu'il n'a cédé qu'en troisième manche, après avoir perdu le premier. Mais, illustration symbolique, il a donné la victoire à Thompson sur une vilaine double faute, sa 74e faute directe de la partie.

«Je n'ai plus l'étincelle» 

«Je n’en ai rien à cirer... me battre, pas me battre... On dit que c'est Monte-Carlo, mais on joue dans une ambiance d'une tristesse rarement vue. C'est comme ça, le circuit est devenu pourri», a-t-il poursuivi, en confortant un sentiment déjà exprimé lors de la tournée sud-américaine en mars.

Il avait alors évité de justesse une sanction de la Fédération française de tennis après avoir présenté ses excuses et avoir reçu un appel du président de la FFT pour lui dire tout le mal qu'il pensait de son attitude.

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Mais de retour à Monaco, plus près de ses bases, Benoît Paire n'en a pas pour autant vaincu ses démons.

«Que je gagne ou que je perde, j'en ai rien à cirer, ça me passe à des années-lumière. Gagner ou perdre dans des conditions pareilles, je m'en fous. Je n'ai plus l'étincelle», a-t-il insisté.

Psychologiquement très atteint par les mesures sanitaires liées à la pandémie, et notamment l'absence de public, Paire n'a gagné qu'un seul match cette saison sur les dix qu'il a joués. C'était contre Nicolas Jarry (1165e) à Cordoba.

«Aucune magie» 

«Je perds, tant mieux je rentre chez moi. Je gagne, et je me dis qu'il y a deux jours de plus et qu'après je vais perdre... Franchement, vraiment rien à cirer», a-t-il affirmé dimanche.

«J'ai pris 12 000 euros pour être à l'hôtel tranquille, après je rentre chez moi», a-t-il encore dit, bien conscient de la nature provocante de son discours.

Espère-t-il retrouver la magie à domicile à Roland-Garros en juin ? 

«J'ai aucune magie à retrouver. J'ai rien à retrouver, franchement. Pour les rats morts du tennis, c'est sûr que c'est génial de venir jouer ici, c'est comme s'ils s'entraînaient. Mais si tu as connu un petit peu le circuit, et si tu connais Monte-Carlo, quand tu arrives et que tu vois comment c'est, franchement tu as envie de te jeter», a-t-il estimé.

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D'autant que le court Rainier III, au bord de la Méditerranée, «est normalement le plus beau court du monde», a-t-il relevé.

Mais cette année, même là «on se retrouve dans une ambiance de cimetière».

«Alors on va dire oui, c'est comme la vie normale. Et ben très bien, moi je trouve que la vie normale elle est à chier en ce moment et le circuit est à chier pareil. Tout est pour l'instant à chier. Le seul moment de bonheur c'est quand je suis chez moi, que je ne mets pas mon masque, que j'en ai rien à foutre de la COVID", a-t-il conclu.