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Golf

Tournoi des Maîtres: Schauffele attend son moment

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AUGUSTA - Dans l’univers du sport, l’histoire des négligés fascine depuis la nuit des temps. À quatre coups de la tête à l’aube de la ronde finale du Tournoi des Maitres, Xander Schauffele croit en ses chances. Celles du négligé. .

L’Américain est prêt à bondir sur le Japonais Hideki Matsuyama, qui sera à nouveau son partenaire de jeu pour cette ronde finale.

Le golfeur de 27 ans, qui participe au Masters pour la quatrième fois de sa carrière, se souvient encore fraîchement de ses 30 secondes de gloire sur le parcours de l’Augusta National. C’était sur le neuf de retour par un certain dimanche d’avril 2019. Celui où Tiger Woods a marqué l’histoire par son grand retour au sommet en remportant un 15e titre majeur et un cinquième veston vert.

Trente secondes ni plus ni moins, lorsqu’il avait callé son troisième oiselet du retour au 14e fanion. C’était tout juste avant que Woods prenne le large alors qu’il avait à ses trousses une dizaine de gros canons.

Schauffele figurait parmi ceux-ci à son deuxième passage à Augusta. Mais tout le monde connaît l’histoire. Celle de Tiger, bien sûr. Pas la sienne. À part ses parents, son grand-père ou sa grand-mère comme plaisantent certains.

Xander avait terminé à égalité au second rang en compagnie de Brooks Koepka et de Dustin Johnson. Après sa ronde finale, il avait assez de ses 10 doigts pour compter les journalistes assistant à sa conférence de presse. Les autres attendaient Woods. Pas grave, il avait le sourire fendu jusqu’aux oreilles.

Leçons du passé

Depuis le début de sa carrière parmi l’élite du golf professionnel en 2017, le sympathique Californien compte sept top-10 en tournois du Grand Chelem, dont six top-5. Il attend patiemment son tour après avoir pris le second rang à l’Omnium britannique 2018 et à ce Masters de 2019.

Serait-ce finalement le moment à Augusta?

«J’avais fait une gaffe de débutant sur la normale 3 du 16e en ratant un roulé par quatre ou cinq pieds, a-t-il raconté samedi, après avoir signé une carte de 68 (-4), notamment grâce à un roulé de 60 pieds pour un aigle au 15e.»

«Dans cette ronde finale de 2019, je m’étais emballé dans le feu de l’action. Je suis heureux que ce soit arrivé plus tôt que tard dans ma carrière. Je crois avoir appris de ce moment.»

Après son oiselet au 14e, il n’avait pu en acheter un autre. C’était le rendez-vous avec l’histoire du Tigre.

Dimanche, il aura fort à faire afin de rattraper Matsuyama. Avec sa fiche cumulative de -11 en vertu d’un 65 (-7), le meilleur score de la journée, le Japonais de 29 ans est lui aussi en quête d’un premier sacre majeur en carrière. Depuis le temps qu’il l’attend... Les médias asiatiques aussi. Ironie du sort, il pourrait y arriver alors que le tournoi est couvert par une petite poignée de Japonais. D’ordinaire, ils sont une armée à butiner autour de leur héros.

Dans le siège conducteur

L’histoire du Masters nous apprend que le meneur à l’issue de 54 trous a enfilé le veston vert le lendemain à 47 reprises. Du nombre, 13 l’ont réussi depuis 2013.

Quatre coups d’avance à Augusta lorsque les conditions sont fermes et rapides, que la brise souffle à Amen Corner et que les loups guettent leur proie, c’est un très mince coussin.

«Je vivrais une nouvelle expérience en amorçant la ronde finale d’un majeur comme meneur. Je dois être calme et prêt pour le défi», a souligné le golfeur, qui participe à son 10e Masters. En 2011, il avait remporté la Silver Cup, remise au meilleur amateur. Il avait alors pris le 27e rang.

Matsuyama a connu sa part de succès lors des tournois du Grand Chelem alors qu’il a terminé dans le top-10 des quatre grands championnats sur la planète. Il compte 14 victoires professionnelles, dont cinq sur le circuit de la PGA. Il n’a rien gagné depuis le Championnat du monde Bridgestone en août 2017.

Les meneurs prendront le départ à 14 h 40 dimanche après-midi.

En direct d'Augusta

 Y.E Yang est à ce jour l’unique golfeur asiatique à avoir soulevé le trophée d’un tournoi du Grand Chelem dans l’histoire. La scène se déroulait sous les yeux de Tiger Woods au club de golf Hazeltine, au Minnesota, lors du Championnat de la PGA d’Amérique en 2009. S’il parvient à enfiler le veston vert dimanche soir, Hideki Matsuyama serait le premier Japonais à gagner un titre majeur.

 Questionné à savoir ce qu’il avait fait lors de l’arrêt du jeu ayant duré 75 minutes en raison d’un orage en fin d’après-midi samedi, Matsuyama a répondu qu’il s’était enfermé dans sa voiture à regarder sur son cellulaire... Il est revenu au jeu en inscrivant quatre oiselets et un aigle sur le retour pour s’installer en tête, notamment grâce à un retour de 30 (-6)!

 Pendant ce temps, le meneur à l’issue des deux premières rondes, Justin Rose, n’a rien cassé, même s’il a amorcé sa journée de travail avec deux moineaux. Il a finalement remis une carte de 72 à la tombée du jour. Il est installé au second rang à -7 en compagnie de Xander Schauffele, de Marc Leishman et de Will Zalatoris.

 La pluie tombée en milieu d’après-midi a ennuyé plusieurs golfeurs lorsque fut le moment de reprendre le jeu. Tout à coup, les surfaces des verts ont ralenti. Alors qu’il s’exécutait pour un aigle sur la normale 5 du 13e, le Canadien Corey Conners a malheureusement effectué trois roulés.

«Après la pause, le vent est tombé et la balle ne voyageait pas aussi loin. Les verts étaient aussi légèrement plus tendres. Ils m’ont joué quelques tours alors qu’ils étaient plus lents. Mais dans l’ensemble, c’était une ronde très solide, surtout avec ce trou d’un coup.» Installé au 6e échelon à -6, donc à 5 coups du meneur, Conners appliquera le même plan de match en ronde finale en optant pour la patience. Son compatriote Mackenzie Hughes occupe quant à lui le 21e rang à égalité avec la normale. Il a aligné une troisième ronde de suite de 72.

 Durant la suspension du jeu, le descripteur américain Jim Nantz a raconté que le golfeur Tony Finau a reçu les encouragements du grand quart-arrière des Buccaneers de Tampa Bay et septuple champion du Super Bowl, Tom Brady. «Il a appelé par FaceTime Jimmy Dunne, qui m’a ensuite transféré son cellulaire. C’était la deuxième fois de ma vie que je lui parlais. C’était une belle surprise. Il m’a dit que je jouais bien et il a plaisanté à propos de l’arrêt du jeu en raison de la pluie.» Tony a finalement enregistré un score de 73 (+1), ce qui le place à égalité au 9e rang.