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Golf

Justin Rose dans une classe à part

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Surprise, surprise ! Justin Rose est sorti du brouillard dans lequel il était perdu depuis des mois, jeudi, en offrant une grande performance sur le démoniaque parcours de l’Augusta National.

Avec une percutante ronde initiale de 65 (-7), le Britannique âgé de 40 ans a survolé la compétition au Tournoi des Maîtres. Le champion olympique en titre a été impérial, rien de moins.

Si bien qu’on aurait cru qu’il s’élançait sur un parcours différent. À preuve, il distance la compétition par quatre coups.

Son aigle et ses sept oiselets ont rapidement corrigé ses deux bogueys. Il a d’ailleurs commencé avec un boguey et en a ajouté un autre au septième trou. Un coup de pied au derrière qui l’a catapulté sur une séquence incendiaire. Du 8e au 18e fanion, il a retranché pas moins de neuf coups à la normale.

Fléchettes

Rose a offert une véritable clinique en jouant aux dards avec les fanions. L’écouter raconter sa ronde semblait si facile, du moins à partir du 8e.

«J’ai tellement bien fait sur les verts. J’ai réussi à très bien comprendre et à lire les lignes. Si on m’avait dit en grimpant le tertre du 8e que j’allais terminer avec un score de 65, j’aurais répondu que je n’avais aucune chance.»

«Ce n’était pas la fin du monde jusque-là, a-t-il enchaîné. Mais je savais que j’allais dans la mauvaise direction. On ne gagne pas un tournoi le jeudi, même avec un 65. En fait, on peut le perdre. Je n’ai pas paniqué.»

«Le parcours était configuré pour jouer des tours, a souligné le vainqueur d’un titre majeur en carrière, l’Omnium américain de 2013. Ç’a été une ronde incroyable. C’est un excellent rappel qu’on ne sait jamais ce qui nous attend par ici.»

Brian Harman et Hideki Matsuyama traînent derrière à -3 pendant que les gros canons ont connu une journée de travail plutôt pénible.

Le président de l’Augusta National a souligné en caractères gras à l’aube du tournoi que le parcours montre des conditions exceptionnelles. Il offrirait ainsi un excellent défi aux golfeurs. Il n’avait pas menti.

Conditions démentielles

La fermeté et la rapidité des surfaces ont fait baver les participants en ronde initiale. En ajoutant le vent qui s’est levé durant l’après-midi en asséchant les surfaces, le parcours a pris une allure démoniaque.

«Il est beaucoup plus difficile qu’en novembre, surtout quand il est aussi rapide et que le vent est de la partie», a témoigné le champion en titre, Dustin Johnson, auteur d’une carte de 74 (+2).

Le champion de l’édition 2018, Patrick Reed, a offert un regard différent sur les stratégies à adopter dans pareilles circonstances, surtout dans l’attaque de certains fanions. Il a ajusté ses approches sur les normales 5, comme au 15e fanion, protégé à l’avant par un étang.

«En après-midi, c’était impossible de faire tenir une balle sur un vert si ferme. J’ai vu des balles frappées avec des cocheurs atterrir près du fanion et rebondir au-delà du vert. Il faut réfléchir et adopter la bonne stratégie», a expliqué l’Américain, qui a signé une carte de 70 (-2).

Dans une glissade depuis plusieurs semaines, Rory McIlroy a peiné en ouverture de tournoi. Il a relaté que le vent lui a joué de vilains tours, surtout à l’approche des drapeaux.

«C’était compliqué de laisser la balle sous la coupe sur les verts pour s’offrir des chances d’oiselets.»

Seulement 12 golfeurs ont brisé la normale.

Henrik Stenson a montré le meilleur rendement sur les verts avec 24 roulés.

Parmi les faits saillants de la journée, Tommy Fleetwood a réalisé l’exploit d’un trou d’un coup au 16e, sur une distance de 170 verges avec un solide fer 9. C’était le 23e as de l’histoire à cet endroit.