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Crédit : AFP

Golf

Augusta: un défi 2021 plus relevé

Publié | Mis à jour

Cinq mois ont passé depuis que Dustin Johnson a ridiculisé le parcours de l’Augusta National en novembre dernier. Un score cumulatif de 20 coups sous la normale et un record à ce prestigieux tournoi datant de 1934. Il ne faut surtout pas s’attendre à ce que l’exploit soit répété.

Le soleil brille dans le nord-est de la Géorgie depuis une semaine. Les balles galopent sur des allées et des verts plus fermes. Il serait étonnant, dans les conditions actuelles et contrôlées par les surintendants, que les scores plongent sous la barre des -10.

Les golfeurs prévoient que le défi sera plus corsé. Plusieurs gros canons convoitent le précieux veston vert, à commencer par Dustin Johnson, qui souhaiterait conserver son titre plus longtemps. Il n’a profité que de quelques mois depuis sa victoire.

Jeunes loups 

Les jeunes loups tels que Jon Rahm, nouvellement papa, Xander Schauffele, Collin Morikawa, Justin Thomas et cie sont assoiffés. Les vétérans le sont tout autant grâce aux expériences encaissées au fil des participations. Il ne faut pas exclure trop rapidement les Adam Scott, Jason Day, Webb Simpson et autres sur un parcours récompensant la précision et la maîtrise des coups autour des verts.

Pour les amateurs de pool, la sélection de Paul Casey et de Corey Conners pourrait aussi rapporter gros. L’Anglais compte cinq top 10 en 14 passages à Augusta tandis qu’il était le meneur à l’issue de la première ronde en novembre. Quant au Canadien, il a terminé au 10e rang à l’édition de 2020 en plus de récemment cumuler les bonnes performances au PGA Tour.

Conners s’est pointé dans une forme exemplaire à Augusta. S’il veut grimper dans le peloton de tête ce week-end, son jeu court devra être à point. Impossible de l’emporter s’il ne parvient pas à sauver les normales quand il ratera les verts. Il devra aussi abaisser sa moyenne de roulés par ronde sous la barre des 30. Il y parvient dans les tournois du circuit de la PGA, selon sa moyenne annuelle.

Revoilà Spieth 

Spieth a débarqué en Géorgie en début de semaine avec une première victoire en quatre ans lors de l’Omnium Valero du Texas. Peu importe la force du plateau, on ne peut lui enlever cette réalisation.

Depuis février, le sympathique Texan semble renaître après des années sombres. Il a terminé cinq fois dans le top 10, se démarquant d’ailleurs dans plusieurs événements d’envergure.

Et sur un parcours qu’il affectionne et où il connaît du succès grâce à ses quatre top 10 à ses sept présences, l’homme aux trois titres majeurs et 14 victoires professionnelles est dangereux. Surtout sur les verts.

La bataille sera féroce jusqu’à la toute fin.

En direct d’Augusta 

Quand on pense au lancement du Masters, on pense inévitablement aux coups de départ protocolaires de Jack Nicklaus et de Gary Player dès 7 h 40 jeudi matin. Le «Golden Bear» et le «Black Knight» seront accompagnés de Lee Helder, le premier Afro-Américain à avoir participé au tournoi en 1975. Il a passé six fois par Augusta dans sa carrière, terminant à deux reprises dans le top 25. D’ailleurs, une bourse d’études en son nom est maintenant disponible à Paine College, un établissement scolaire privé, historiquement afro-américain, à Augusta.

Nouveau papa depuis samedi dernier d’un petit garçon nommé Kepa, Jon Rahm a déambulé sur Magnolia Lane mercredi matin pour s’enregistrer en vitesse au tournoi. Sa femme et son fils sont en santé. L’Espagnol ne croyait pas être en mesure de participer au tournoi. Son cadet a scruté le parcours mardi afin de déceler ses particularités printanières. Dès son arrivée dans le champ d’exercice, ses collègues l’ont félicité en plus de lui tirer un peu la pipe. L’atmosphère est bien détendue et «Rambo» ne s’inquiète pas de son manque de préparation.

Trois Canadiens participent au tournoi. Le champion de 2003, Mike Weir, a une fois de plus donné de nombreux conseils à Corey Conners et Mackenzie Hughes depuis le début de la semaine. Le trio de «Crazy Canucks» a d’ailleurs joué une ronde de pratique ensemble.

Six recrues participent à cette 85e édition du Masters, un record. Du nombre, trois sont professionnels. Will Zalatoris et Robert MacIntyre sont invités puisqu’ils figurent dans le top 50 du classement mondial.

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Mission impossible? 

Trois golfeurs sont parvenus à défendre leur veston vert au Tournoi des Maîtres. Aucun ne l’a fait après un règne de seulement cinq mois. Dustin Johnson n’est pas rassasié, il veut rejoindre un groupe sélect dimanche.

Dans la riche histoire du Masters, seulement trois golfeurs ont réussi à conserver leur veston vert après leur consécration. Jack Nicklaus (1966), Nick Faldo (1990) et Tiger Woods (2002) l’attendent dans ce cercle fermé.

S’agit-il d’une mission impossible? L’histoire ne joue certainement pas en sa faveur. «DJ» en est bien conscient. Il connaît même l’identité des grands ayant réussi ce tour de force.

«C’est un tournoi si difficile à gagner. Il faut absolument assembler quatre bonnes rondes, surtout dans des conditions comme celles qui nous attendent cette semaine, fermes et rapides, a fait savoir le meilleur golfeur au monde. Ce sont des conditions normales tellement difficiles. Il faut que tout clique dans le jeu, car n’importe quel trou peut faire soudainement très mal.»

Gare au 12e trou 

Évidemment, le grand golfeur n’a pas nommé les déroutes auxquelles les amateurs ont assisté depuis 1934. Plus récemment, on se souvient que la normale 3 du 12e, Golden Bell, située au cœur du fameux Amen Corner, a mis K.-O. Jordan Spieth en 2015 et fait dérailler le train de Francesco Molinari en 2019. Il y a cinq mois, Tiger Woods y a aussi commis un abominable 10 dans une ronde finale où il n’était pas dans la course.

«C’est un tournoi vraiment difficile à gagner, surtout plusieurs fois», a insisté Johnson, qui a terminé dans le top 10 à ses cinq dernières visites à Augusta.

À cet effet, il importe de rappeler que Nicklaus compte six vestons verts, soit un de plus que Woods. Arnold Palmer suit avec quatre.

Progressivement, Johnson commence à retrouver ses moyens. Depuis janvier, il s’était éloigné des tableaux principaux. Et depuis la mi-mars, il est en deuil de son grand-papa, Art, grand joueur de basketball qui a marqué le livre des records des Gamecocks de l’Université de la Caroline du Sud.

Vainqueur de 33 titres professionnels, Johnson estime que son jeu revient sur le droit chemin à temps pour la défense de son veston.

«Il n’est pas aussi à point qu’en novembre, mais ça ne saurait tarder. Je frappe plusieurs des mêmes coups qui m’ont permis de gagner. Je suis aussi plus à l’aise quand je m’installe devant ma balle. La forme est là.»

Peu d’occasions

Cela dit, les cinq mois depuis sa retentissante victoire émotive de novembre ont déboulé rapidement. Il a rarement profité de l’occasion d’enfiler son veston. Surtout avec cette satanée COVID-19 qui empêche la reprise d’une vie normale. On l’a aperçu festoyer quelques fois, sans toutefois porter cette pièce de collection verte.

«Ce que j’ai le plus apprécié, c’est de le porter alors que j’étais attablé ici pour le souper. C’est mon moment le plus mémorable. Je ne le porte pas partout et je ne l’ai pas fait depuis très longtemps. Mais les fois où je l’ai enfilé, j’ai savouré le moment.»