Anthony Brodeur

Crédit : Photos courtoisie Circuit Mackenzie et d'archives, Agence QMI

Golf

Anthony Brodeur: du filet de hockey aux verts de golf

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Terminée la carrière devant les filets au hockey. Anthony Brodeur a accroché ses jambières en optant pour ses bâtons de golf. Il espère que sa passion née durant son enfance lui permettra de rejoindre les plus hautes sphères du golf professionnel. 

L’ancien gardien ayant traîné sa « poche » dans le programme de la réputée institution américaine Shattuck St. Mary’s, dans la LHJMQ, la BCHL et la ligue universitaire canadienne chez les Gee-Gees gravite maintenant dans les circuits mineurs professionnels de golf aux États-Unis. 

Âgé de 25 ans, le fils du célèbre gardien québécois Martin Brodeur s’est fixé une mission même s’il sait avoir commencé sa carrière en retard sur une scène extrêmement féroce. Bien soutenu, il veut grimper les échelons vers le circuit de la PGA, rien de moins. Il est conscient que le chemin pourrait être long et ardu, mais il ne se décourage surtout pas. Comme au hockey, il est animé par sa soif de vaincre.

Depuis quelques mois, il participe à une panoplie de tournois et tente même ses chances dans les qualifications hebdomadaires aux événements du circuit de la PGA. Même s’il a mordu la poussière, il a accumulé des outils importants, notamment l’automne dernier en s’élançant dans les quatre événements de la série Canada Life, au sein du circuit Mackenzie.

Dans l’aquarium

« J’ai encore besoin d’expérience. Je dois continuer à m’améliorer quotidiennement si je veux être compétitif pour rivaliser avec les gars sur ces circuits. L’objectif est de créer un calendrier 2021 avec des événements intéressants à jouer à travers les États-Unis et évoluer sur les mini-tours, a-t-il expliqué dans une entrevue avec Le Journal de Montréal depuis son domicile familial à Boynton Beach, en Floride.

« Ce qui est impressionnant lors de ces événements, c’est la quantité de golfeurs de qualité. Ils sont tellement nombreux, surtout l’hiver. Il y a des gars du circuit Korn Ferry, du circuit canadien Mackenzie et ceux de la PGA qui veulent s’amuser. Tous ces excellents joueurs peuvent afficher de très bas pointages à n’importe quel moment. » 

Comme plusieurs Québécois, Brodeur a directement plongé dans l’aquarium à requins. Au fil de ses présences, il s’est habitué à cette réalité en plus de prendre conscience qu’une petite ronde de deux coups sous la normale ne vaut plus un top 10 ou un top 20. Elle représente au mieux un top 40 et au moment de signer la carte, une tape dans le dos en se faisant dire : « meilleure chance la prochaine fois ». 

Selon lui, il doit se mettre dans des positions inconfortables pour apprendre et gérer le stress. Il doit aussi améliorer ses approches aux verts, son jeu de 100 à
150 verges. Il souhaite aussi économiser de précieux coups sur les verts en maîtrisant son fer droit.

Car ceux qui l’ont entraîné et affronté sur les allées connaissent sa puissance depuis les tertres. Plusieurs intervenants du milieu du golf ont souligné la qualité de ses contacts avec la balle et sa puissance déployée. Des qualités recherchées dans l’élite.

Faire sa marque

Il passe donc ses journées dans le champ d’exercice et sur les allées du prestigieux club Pine Tree, au nord de Boca Raton. Entraîné par des enseignants aguerris, il y est aussi entouré de professionnels tels que le champion de l’Omnium des États-Unis 2019, Gary Woodland. 

Durant sa carrière sur la patinoire, le jeune homme a évidemment porté le nom d’un des plus grands gardiens de l’histoire, détenteur de nombreux records et
immortel de la LNH. 

Mais sur les parcours, c’est une autre affaire.

« Je veux faire ma place et mon nom. J’adore le golf. Je veux y avoir du succès et j’y travaille très fort pour y arriver. Des gens reconnaissent mon nom et des rivaux allument après quelques trous que je suis le fils du grand gardien, mais au golf, je veux tracer mon chemin. » 

Crédit photo : Photo d'archives, DIDIER DEBUSSCHERE

Papa a porté le sac

Lors du processus de qualification à l’Omnium de Porto Rico à la mi-février, Anthony était accompagné du célèbre paternel, qui trimballait son sac. 

Celui-ci lui avait d’abord conseillé d’avoir un cadet, mais il avait finalement sauté dans l’avion de St. Louis vers la Floride pour marcher aux côtés de fiston dans un autre cher moment père-fils.

« Même si ce n’était pas le résultat souhaité, nous avons eu du plaisir ensemble, a souligné celui qui n’avait pu mettre le grappin sur l’un des billets en jeu. Ce n’était pas la première fois qu’il était avec moi. 

«Il avait déjà traîné mon sac pendant une journée de 36 trous lors d’une qualification au Championnat amateur américain. Il m’aide beaucoup. Même s’il n’est pas un expert du golf, c’est un athlète et il connaît le sport. Il a cette mentalité de gagnant et il souhaite que je grimpe les échelons du golf professionnel. »

Il estime que les leçons apprises sur les patinoires lui seront bénéfiques pour exceller sur les allées et les verts.  

Une passion plus forte que le hockey  

Anthony Brodeur
Crédit photo : Photo courtoisie, Circuit Mackenzie

Élevé dans un environnement hockey dès son jeune âge, Anthony Brodeur n’aurait jamais cru un jour privilégier une carrière au golf.

Devenu une passion, le sport estival de son enfance est finalement devenu prioritaire dans sa vie.

« Le golf a longtemps fait partie de notre vie familiale, mais je n’aurais jamais pensé à mes débuts qu’il surpasserait le hockey », a relaté celui qui a montré un indice de « handicap » de zéro à l’âge de 15 ans. 

« Je n’avais jamais vraiment souhaité participer à de gros tournois, mais je jouais dans les événements locaux à mon club, a ajouté celui qui a fait ses armes au club Balmoral, dans les Laurentides, près de la résidence familiale. 

La piqûre

La véritable piqûre est rapidement venue à ses années au secondaire au Minnesota. Et à son entrée à l’Université d’Ottawa en 2016, il a d’abord gardé le filet des Gee-Gees. Dès sa deuxième année, avec ses contacts et son intérêt, il a ajouté une corde à son arc en défendant aussi les couleurs du gris et grenat sur les parcours de golf. 

Il a rapidement fait sentir sa présence en multipliant les podiums et en aidant son équipe à se démarquer sur la scène universitaire canadienne. 

Ses racines athlétiques et son bagage sportif l’ont inévitablement aidé dans son passage au golf. Outre ses aptitudes physiques, il estime que les apprentissages psychologiques sur la patinoire jouent un rôle important sur les parcours dans un sport où tout se passe entre les oreilles. 

« Pour ceux qui croient que c’est facile, ce ne l’est pas du tout. Je connais bon nombre d’athlètes qui ont toutes les misères du monde à jouer. Le bagage athlétique aide à frapper la balle, mais le golf, c’est beaucoup plus que ça. » 

Terminé, le hockey

Depuis le début de la pandémie, il y a plus d’un an, Brodeur n’a jamais chaussé ses patins ou enfilé ses jambières. Cette époque est maintenant derrière lui. Celui qui a conservé une moyenne de 3,35 buts alloués par match et un taux d’efficacité de ,883 à ses 62 rencontres chez les Olympiques de Gatineau et les Voltigeurs de Drummondville, de 2013 à 2015, ne s’ennuie même pas du hockey. 

Choix de septième ronde des Devils du New Jersey à l’encan 2013, il enfilerait peut-être les patins pour jouer à l’attaque ou à la défense si on lui proposait de jouer dans une ligue amicale. Mais encore là, le golf prime. 

Long cogneur, il doit vraiment améliorer ses approches aux fanions, ce qui représente souvent le véritable enjeu de ce type de golfeur. 

« Mon contact et ma distance des tertres sont vraiment mes forces. Ils sont venus naturellement dans mon jeu quand j’étais jeune. Maintenant que j’ai amélioré ma précision, je dois tirer profit de mes qualités. Il faut que je place la balle avec régularité à cinq ou dix pieds du fanion, et non à plus de vingt pieds. » 

Avec sa détermination et sa ténacité, ces améliorations devraient lui permettre de grimper les échelons du golf professionnel.