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Weber a-t-il encore sa place avec Équipe Canada?

Publié | Mis à jour

Shea Weber méritera-t-il encore sa place avec Équipe Canada aux Jeux olympiques d’hiver de Pékin en 2022? 

Il est tôt pour se prononcer, mais la question a tout de même fait l’objet d’un débat assez animé lors du segment «Les recrues» de l’émission JiC, mercredi. 

Le sujet fait d’autant plus jaser que Weber connaît un début de saison couci-couça avec les Canadiens de Montréal cette année. 

Le journaliste Nicolas Cloutier n’a pas tardé à afficher ses couleurs en défendant la candidature de celui que Mike Babcock surnomme «l’homme montagne».

«Le légendaire entraîneur Herb Brooks a dit : "Je ne veux pas les meilleurs joueurs, je veux les bons joueurs pour gagner", a-t-il illustré. Avec ou sans Weber, le Canada est pratiquement assuré d’être l’équipe la plus talentueuse du tournoi.

«Donc Weber, un pilier d’Équipe Canada à travers les années, apporterait une autre dimension avec sa prestance, son leadership et son jeu défensif.

«Et j’ajouterais qu’Équipe Canada a souvent misé sur la stabilité à travers les années et sur un équilibre entre les défenseurs gauchers et droitiers. Ça, c’est le blueprint d’Équipe Canada, mais Anthony Martineau semble en avoir un meilleur, lui en fait...»

La dernière remarque a piqué au vif l’autre débatteur. 

«[J’en ai] un meilleur, a répliqué Martineau du tac au tac. J’ai pris un rendez-vous chez l’optométriste parce qu’il y a quelque chose que j’ai manqué là... À quel moment pense-t-on que Weber ferait un meilleur travail que Pietrangelo, Makar, Hamilton, Ekblad et Doughty à la droite de la défensive canadienne?» 

Martineau a ensuite insisté sur l’apparente lenteur de Weber, tout en remettant en question l’importance de son aura dans le vestiaire. 

«Chaque fois que Weber est opposé à des joueurs agiles et rapides cette année, il paraît mal. [...] Malheureusement, Nic, des joueurs de la sorte, il y a juste ça aux Jeux olympiques. À partir de ce moment, le leadership, je m’excuse, mais tu as Crosby, MacKinnon et Bergeron dans ton équipe. Le leadership, c’est la même chose qu’être ponctuel dans un rendez-vous!»

Jean-Charles Lajoie s’est alors immiscé dans le débat en apportant un bémol. 

«Si on est sur une glace de dimension olympique, je pense que Shea n’a pas d’affaire là, mais pas pantoute. Si on joue sur une glace de dimension nord-américaine, là est-ce qu’on ne pourrait pas considérer sa candidature avec une fesse dans le taxi et une fesse sur le banc? C’est-à-dire, septième défenseur en guise de police d’assurance?», s’est-il interrogé. 

Weber : un réel déclin?  

Repartant à l’attaque, Cloutier a décidé d’illustrer à quel point son point de vue et celui de son collègue étaient irréconciliables.

«Mon collègue ici ne semble jamais apprécier toute l’importance de la fameuse prestance de Weber. Je regarde les partenaires de Weber avec le CH à travers les années : Mike Reilly, Nathan Beaulieu, Victor Mete, Alexei Emelin et, maintenant... Ben Chiarot. À la coupe du monde de 2016, qu’est-ce qui est arrivé? Weber a joué avec Marc-Édoudard Vlasic et ils ont formé un formidable duo défensif.»

«En 2016! 2016», a alors rappelé Martineau. 

«Oui, parce que tu penses que Weber est fini, de répondre et constater Cloutier. Chaque année, on a cette conversation et tu crois que Weber amorce un déclin alors que moi, je te parle d’un passage à vide.»

Weber et les autres candidats   

L’ennui avec la sélection de Weber, aux yeux de Martineau, c’est qu’il y a simplement de meilleurs candidats que lui. Également, le numéro 6 ne montre pas le profil du défenseur moderne. 

«J’ai parlé à un ami qui travaille pour l’Académie Saint-Louis dans la région de Québec. Il m’a dit : "Maintenant ce qu’on regarde chez un défenseur en 2021, ce sont trois points : la tête, les pieds, les mains." Présentement, Weber a 33% des acquis et c’est la tête. Les réflexes des mains et des pieds, il ne les a plus. Est-ce que Pietrangelo, Makar, Ekbald et Doughty sont derrière Weber sur le plan de ces acquis? Absolument pas. 

«Et je reviens au point du fameux leadership, cette équipe déborde de leadership. Weber n’est pas un gars qui effectue une bonne première passe et, malheureusement, avec Équipe Canada, tu as quatre premiers trios, donc 12 gars qui veulent la rondelle. Ça va être beau à coups de rondelles dans la baie vitrée, hein? Ça va être super plaisant pour ces gars-là!»

Jean-Charles a alors cru bon d’analyser le portrait dans son ensemble. 

«On tient pour acquis qu’en parfaite santé, Pietrangelo est là, a-t-il soutenu. Je pense que Doughty passe un peu par la peur, mais il va y être parce que Makar se doit d’y être absolument.» 

Ce qui laisserait alors peut-être une place à Weber comme septième défenseur... 

«Et Ekblad, premier buteur chez les défenseurs cette année? Non? Et pour ce qui est de notre ami Dougie Hamilton?», a mentionné Martineau. 

«En tout cas, Weber n’est pas dans les trois premiers, absolument», a indiqué JiC. 

Cloutier a alors pris la balle au bond en soulignant que Weber était le joueur tout indiqué pour un rôle de réserviste. 

«Si tu veux un septième défenseur fiable qui met les autres en confiance, tu sais exactement à quoi t’attendre de Shea Weber.»

Martineau croit pour sa part que Jared Spurgeon, par exemple, représenterait une meilleure option. 

«Il a 31 ans et il est beaucoup plus mobile que Shea Weber. Si tu veux un gars capable de faire une bonne première passe, un stay at home comme Weber, et droitier, prends Spurgeon.»

Des arguments qui n’ont pas convaincu Cloutier, qui accorde une plus grande valeur aux aptitudes physiques et à l’expérience de Weber. 

«Tu veux que ton septième défenseur joue en infériorité numérique et tu sais exactement ce que tu vas obtenir de Shea Weber chaque match, alors ça amène une certaine sécurité, une certaine fiabilité. Les décideurs d’Équipe Canada ont toujours misé sur une constance à travers les années. Weber, qu’on le veuille ou non, est un pilier d’Équipe Canada. Tu crois avoir une meilleure formule qu’Équipe Canada?», a-t-il conclu. 

Satisfait par les arguments des deux côtés, Jean-Charles n’a voulu couronner aucun vainqueur. Il a manifestement lancé la balle dans le camp des téléspectateurs... 

Voyez le segment «Les recrues» dans son intégralité dans la vidéo ci-dessus.