Crédit : PHOTO COURTOISIE/Curling Canada

Sports divers

La «Reine des neiges» est Québécoise

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Ça prenait bien «La Reine des neiges» pour attirer l’attention des Québécois sur le curling, surtout dans une semaine où Claude Julien et Thierry Henry quittent tour à tour leur poste d’entraîneur avec le Canadien et le CF Montréal, respectivement.

La jeune Laurie St-Georges, skip pour l’équipe du Québec au présent Tournoi des Coeurs Scotties, n’en revient pas de tout l’intérêt qu’elle suscite, d’un océan à l’autre, dans le cadre de la compétition nationale qui se déroule présentement à Calgary. Certains la surnomment Elsa, prénom de la fameuse reine des neiges de Disney, et d’autres, «Frozen».

«Il y a des enfants et des parents d’un peu partout au Canada qui m’envoient des messages sur Instagram, Facebook ou Twitter et qui m’encouragent à gagner les matchs, c’est fou», dit l’athlète originaire de Laval, qui a déjà surpris bien des gens en qualifiant le Québec pour la ronde de championnat aux Scotties.

La formation québécoise a complété la phase préliminaire dans le groupe B en l’emportant par le pointage de 9 à 7, jeudi soir, contre les représentantes du Nouveau-Brunswick.

Six victoires en huit matchs

La skip de 23 ans aux longs cheveux blonds a conservé une excellente fiche de 6-2 dans le tournoi à la ronde en compagnie de ses coéquipières Hailey Armstrong, Emily Riley et Cynthia St-Georges, qui est aussi sa petite soeur. L'action se poursuit ce week-end.

«Avant de venir au tournoi, je suis passée chez ma coiffeuse, car ça faisait un peu pitié mon affaire avec la COVID et je voulais avoir une belle tête pour les Scotties, explique Laurie St-Georges, amusée, lors d’un entretien téléphonique. Habituellement, j’ai les cheveux châtains foncés, mais la coiffeuse m’a convaincue de me faire teindre les cheveux blonds, presque blancs.»

Si Kelly, la coiffeuse en question, lui a fait remarquer une certaine ressemblance avec «La Reine des neiges», la principale intéressée ne s’attendait pas à créer un tel effet.

«Ce n’était vraiment pas mon but de ressembler à une princesse pour venir ici, mais en voyant les réactions, j’ai décidé de jouer le jeu à fond et je me suis même fait des tresses avant un de nos matchs, dit-elle en riant. Le curling, c’est un sport que j’ai à coeur et si ça prend “La Reine des neiges” pour le populariser, je suis prête à faire ma part. En plus, le curling est un sport qui se pratique sur la glace. Donc, ç’a du sens.»

Plaisir et fierté

Au-delà de la charmante histoire, Laurie St-Georges, la compétitrice, avoue vivre une semaine de rêve aux Scotties avec ses coéquipières. En étant à sa première expérience à ce tournoi regroupant les meilleures joueuses de curling au Canada, dont Rachel Homan et Jennifer Jones, la Lavalloise a mené son équipe à des résultats qui ont dépassé les attentes.

«Honnêtement, je passe par toute la gamme des émotions, mais je n’ai pas encore été fâchée ou déçue cette semaine, indique-t-elle. On a du plaisir et je suis surtout fière de notre équipe.»

«On n’est pas vraiment stressées, ajoute celle qui étudie en journalisme à l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Nous sommes arrivées ici, sans pression aucune. Nous sommes simplement contentes de jouer ensemble et c’est ce qui nous rend dangereuses. Et maintenant, rendues où nous en sommes, ça donnera le résultat que ça va donner.»

Peu importe l’issue du présent tournoi, Laurie St-Georges conservera des souvenirs précieux. Elle n’entend toutefois pas incarner le rôle de «La Reine des neiges» pendant encore bien des semaines. À son retour à Laval, elle retrouvera tranquillement sa couleur naturelle pour ensuite se sentir, dans un certain sens, «libérée, délivrée».

«Pour un père, c’est du bonbon»

La famille St-Georges vit une semaine extraordinaire au Tournoi des Coeurs Scotties, à Calgary. Il y a Laurie et Cynthia, deux soeurs, qui contribuent sur la glace au succès de l’équipe du Québec, tandis que leur père Michel occupe le rôle d’entraîneur.

«Pour un père, c’est du bonbon», qualifie Michel St-Georges, avec émotion.

En plus d’accompagner et de conseiller ses deux filles, St-Georges tient à souligner l’apport de Hailey Armstrong, originaire de la région d’Ottawa, et d’Emily Riley, qui provient de Kirkland.

«La seule chose pour laquelle on a de la peine, c’est que Josée [Ricard], qui est la maman, ne peut pas être là en raison des contraintes reliées à la COVID, reconnaît le paternel. Habituellement, c’est elle, la gérante de l’équipe et la photographe. Mais on sait qu’elle est là avec nous, même à distance, et on vit des émotions à 100 milles à l’heure.»

À écouter les anecdotes de Michel, force est de constater que le curling a toujours fait partie de la famille St-Georges.

«Cynthia, la plus jeune, a participé à son premier championnat provincial mixte alors qu’elle n’était pas encore née», se plaît ainsi à raconter Michel, expliquant que sa femme Josée avait pris part à cette compétition lorsqu’elle était enceinte en 2001.

Maintenant âgée de 19 ans, Cynthia continue de suivre les traces de sa grande soeur Laurie (23 ans), qui est la skip de l’équipe du Québec. Ensemble, elles pourraient même représenter le Canada, un jour, à des Jeux olympiques. Qui sait?

La piscine transformée

Chose certaine, Michel St-Georges ne ménage aucun effort pour favoriser le développement de ses filles. Ainsi, pendant que plusieurs Québécois ont bâti une patinoire derrière leur maison cet hiver pour contrer les effets de la pandémie, il a plutôt transformé la piscine familiale dans le but de pratiquer le curling.

«Après avoir nettoyé, on a sorti le boyau d’arrosage et il fallait envoyer des filets d’eau, a décrit le papa. Ensuite, on a demandé à un club de curling pour qu’on nous prête un étrier (le bloc de départ) et quelques pierres. En région rouge, on ne pouvait plus aller pratiquer, il fallait bien se débrouiller.»