Félix Séguin

Ne pas sous-estimer Dominique Ducharme

Ne pas sous-estimer Dominique Ducharme

Félix Séguin, TVA Sports

Publié 24 février
Mis à jour 24 février

Dans un premier temps, je tiens personnellement à remercier Claude Julien pour sa générosité et son temps. Au cours des dernières années, j’ai eu le privilège d’échanger avec lui sur une base hebdomadaire avant les matchs des Canadiens le samedi soir et en séries éliminatoires.

Claude est un homme bon, jovial et il aime rire et jouer des tours. Il a su partager avec moi, et plusieurs de mes collègues, son expérience et ses anecdotes. C’était toujours agréable et cordial, même dans les moments où les victoires étaient plus rares.  

Claude Julien va toujours demeurer un très bon entraîneur-chef. D’ailleurs, ses 1274 parties (17e LNH) et ses 667 victoires (13e LNH) le placent parmi les meilleurs dans l’histoire de la Ligue nationale.

Merci Claude.

Un chapitre se ferme. Ouvrons celui de Dominique Ducharme.

La première fois que j’ai rencontré Ducharme, c’était en 2008 alors qu’il était un entraîneur adjoint avec le Junior de Montréal dans la LHJMQ. J’allais souvent voir les matchs de l’équipe et je passais souvent par le bureau des entraîneurs après les matchs pour parler avec l’entraîneur-chef Pascal Vincent et son autre entraîneur adjoint qui était Joël Bouchard.

Ducharme était discret, il ne parlait pas beaucoup et il ne faisait pas beaucoup de bruit, mais Pascal Vincent lui accordait beaucoup d’importance au sein de son équipe. 

Je serais menteur de vous dire qu’on pouvait prédire, en 2008, que 13 ans plus tard il deviendrait l’entraîneur-chef des Canadiens. Rien ne laissait présager un tel scénario.

En 2011, lorsqu’il a été embauché par les Mooseheads de Halifax pour devenir l’entraîneur-chef de l’équipe, j’étais de ceux qui se demandaient si Ducharme avait la personnalité et le caractère pour occuper cette fonction importante. Je vais être honnête, j’avais des doutes.

Mais rapidement, Ducharme a confondu les sceptiques comme moi qui se questionnaient à son sujet.

À sa première saison à la barre d’une équipe de la LHJMQ, Ducharme a mené les Mooseheads à la demi-finale avec des jeunes joueurs comme Nathan MacKinnon, Jonathan Drouin et Zachary Fucale qui n’avaient que 16 ans.

L’année suivante (2012-13), Ducharme et les Mooseheads ont été la meilleure équipe junior au Canada. Ils ont gagné la Coupe du Président ainsi que la Coupe Memorial. Ducharme a fait un travail colossal pour mener son équipe aux grands honneurs.

En 2018, Ducharme a réalisé un autre exploit hors du commun lorsqu’il a mené l’équipe junior canadienne à la médaille d’or. Il est alors devenu le quatrième entraîneur-chef seulement dans l’histoire à gagner cette prestigieuse médaille ainsi que la Coupe Memorial. Les autres sont Terry Simpson, Don Hay et Brent Sutter.

Le conseil que je peux vous donner est le suivant.

Svp, ne commettez pas la même erreur que j’ai déjà commise à l’endroit de Dominique. Ne le sous-estimez pas. Ne pensez pas qu’il est seulement de passage.

Originaire de Joliette, Ducharme n’est pas le plus volubile, le plus exubérant et le plus extroverti, mais il sait se faire respecter.

Dans son cas, il ne faut pas s’attendre à des crises ou à des envolées oratoires. Non.

Tout se passe dans le regard de Ducharme. Parfois, il n’a pas besoin de parler. Ses yeux veulent tout dire et c’est de cette façon qu’il démontre son autorité. C’est un bon homme de hockey qui met beaucoup de sérieux dans son travail.

Quelles sont ses principales qualités?  

Âgé de 47 ans, Ducharme est dynamique et travaillant et il s’inscrit dans cette nouvelle génération d’entraîneurs qui mettent l’accent sur la rapidité et la vitesse. Il est un entraîneur intelligent qui est en mesure de faire jouer ses joueurs au maximum de leur capacité.

On me dit que ses joueurs ont toujours respecté son approche et qu’il est bon pour apporter des ajustements au cours d’un match.

Lorsque Ducharme avait été engagé en 2018 pour devenir adjoint à Montréal, je croyais à ce moment que Marc Begevin venait d’embaucher celui qui était pour devenir éventuellement le successeur de Claude Julien.

Maintenant que c’est fait, Ducharme fait face à un défi important. Il doit trouver une façon de mettre en application ses stratégies, sa vision et son leadership à des joueurs de la LNH.