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Formule E

Formule E : une saison en deux temps?

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En Formule électrique, où la majorité des pièces sont standardisées, la lutte au développement se joue sur deux plans: le groupe motopropulseur et les logiciels.

Dans le but d’offrir une grande parité au sein du peloton, les écuries partagent les mêmes châssis et les mêmes batteries, construits par des fournisseurs externes. Elles peuvent toutefois développer leur groupe motopropulseur et homologuer une nouvelle version avant chaque saison.

La FE a toutefois été elle aussi touchée par la pandémie de COVID-19, avec des annulations et des pertes de revenus. Dans le but de réduire les coûts, les équipes ne pourront homologuer qu’un seul moteur pour les deux prochaines saisons. Elles pourront le faire à certains moments précis.

Ainsi, une majorité d’entre elles ont décidé d’amorcer la campagne avec une évolution, tandis que trois, soit DS Techeetah, Nissan e.dams et Dragon Racing, attendront au 5 avril pour le faire. Les résultats pourraient ainsi être bien différents avant et après cette date.

«Il y a beaucoup de modifications qui peuvent être apportées [au groupe motopropulseur]», a expliqué Bertrand Godin, qui commentera les courses en direct sur les ondes de TVA Sports à compter de vendredi.

«Certains ont décidé d’y aller plus tard dans la saison pour que cette mise au point soit vraiment efficace. D’autres l’ont lancée plus tôt. Ça pourrait avoir un impact majeur sur le titre.»

Les champions en bonne posture

Parmi les trois écuries qui ont décidé de repousser l’intégration d’un nouveau groupe motopropulseur, DS Techeetah est certainement celle en meilleure posture. Championne des constructeurs lors des deux dernières saisons, l’équipe compte ainsi sur un moteur qui a fait ses preuves, même s’il prend de l’âge.

«Si les équipes ne sont pas bien préparées, ça pourrait être un couteau à double tranchant. La stratégie [de repousser la nouvelle motorisation] de DS Techeetah est assez intéressante. Même s’ils n’ont pas d’évolution, ils pourront être capables d’exploiter au mieux leur [motorisation actuelle]. C’est sûr que pour une équipe qui a gagné trois fois le titre [des pilotes], il y a des choses qu’elle comprend très bien.»

Pour ce qui est du logiciel, toutefois, il n’y a aucune limite sur le nombre de mises à jour possibles et c’est dans ce champ bien précis que les écuries pourront se démarquer. Les logiciels sont d’une importance primordiale pour gérer l’énergie, limitée à 300 kW en course.

«Ça, les équipes peuvent travailler là-dessus : pour la propulsion de la voiture, mais aussi pour la récupération d’énergie. Il y a beaucoup de recherche sur les logiciels qui permettent de gérer la température et l’énergie pour pouvoir se rendre jusqu’au bout», a expliqué Godin.