Félix Séguin

Alexis Lafrenière: davantage Huberdeau que Crosby

Alexis Lafrenière: davantage Huberdeau que Crosby

Félix Séguin, TVA Sports

Publié 10 février
Mis à jour 10 février

Les performances d’Alexis Lafrenière sont épiées à la loupe.

Déjà, certains sont inquiets de son rendement puisque le Québécois n’a qu’un but en 11 matchs depuis le début de la saison.   

Je me suis prêté à un exercice. J’ai comparé Lafrenière à d’anciens premiers choix au repêchage de la LNH qui avaient connu un départ au ralenti, mais qui ont ensuite connu de très belles carrières.

C’était le cas de Joe Thornton, Vincent Lecavalier, Rick Nash et Steven Stamkos.

Le cas de Thornton était particulièrement inquiétant. Il avait dû attendre à son 22e match avant d’inscrire son premier but et il n’en avait qu’un seul après 32 parties. Ce départ laborieux ne l’a pas empêché d’avoir plus de 1500 points au compteur et sa carrière n’est pas terminée.

Pour sa part, Lecavalier n’avait que trois buts à ses 25 premières rencontres. Il a ensuite connu 12 saisons de suite de 20 buts ou plus dont une de 52.

Les premiers matchs de Stamkos étaient aussi pénibles. Il n’avait marqué que deux fois à ses 22 premières rencontres et que trois fois lors des 34 premiers matchs. L’année suivante, Stamkos a inscrit 51 buts.

Bref, il n’y aucune raison d’être alarmiste dans le cas de Lafrenière. Plusieurs exemples du passé le démontrent.

Il faut être patient et ne pas porter un jugement sévère trop rapidement.

Lafrenière n'est pas Crosby   

Ce ne sont pas tous les premiers choix au repêchage qui deviennent instantanément des joueurs vedettes comme l’ont été Alexander Ovechkin, Sidney Crosby, Connor McDavid et Auston Matthews.

Les amateurs le souhaitent, certaines équipes aussi, mais la réalité est différente. Plusieurs jeunes ont besoin de temps. Parfois, il faut attendre une, deux, trois, quatre ou cinq saisons. Je pense notamment à Nathan MacKinnon, premier choix en 2013, qui s’est imposé comme l’un des meilleurs de la LNH seulement à sa cinquième année.

Pour ce qui est de Lafrenière, il doit composer avec des comparaisons répétées avec Sidney Crosby.

Deux anciens de l’Océanic de Rimouski. Les deux seuls dans l’histoire à avoir été nommé joueur par excellence au niveau junior canadien deux années de suite. Deux premiers choix au repêchage.

Mais, selon moi, les comparaisons doivent s’arrêter là. Ce sont deux joueurs différents. Crosby est un centre. Lafrenière un ailier.

Crosby est dans une classe à part. Il fait partie des plus grands de l’histoire avec Wayne Gretzky, Mario Lemieux, Bobby Orr et Gordie Howe. Ils sont des joueurs d’exception.

Comprenez-moi bien.

Lafrenière sera un bon joueur, mais il n’aura jamais l’impact de Crosby. À mon humble avis, le joueur qui ressemble le plus à ce que pourrait devenir Lafrenière, c’est Jonathan Huberdeau, des Panthers de la Floride.

Deux ailiers. Deux joueurs intelligents qui voit les ouvertures sur la glace. Deux bons fabricants de jeux. Je crois que Lafrenière est plus fort physiquement au même âge.

Troisième joueur repêché en 2011, Huberdeau a eu besoin de temps pour se développer. Il a aussi fallu bien l’entourer et ce fut le cas lorsqu’Alexander Barkov s’est amené en Floride. On peut dire maintenant, sans se tromper, que Jonathan Huberdeau est devenu l’un des très bons ailiers gauches dans la LNH.

J’anticipe la même courbe de projection avec Lafrenière.

Laissons-lui le temps de s’adapter à sa nouvelle vie. C’est sûrement tout un défi pour lui de vivre à New York, une ville qu’il n’avait jamais visitée avant d’être repêché par les Rangers.

La pandémie, la pression et l’éloignement avec sa famille sont aussi des facteurs qui affectent sûrement sa vie.

Soyons patients.