Renaud Lavoie

Coups à la tête: vers un débordement majeur?

Coups à la tête: vers un débordement majeur?

Renaud Lavoie

Publié 08 février
Mis à jour 08 février

En moins de trois semaines, trois joueurs des Canadiens se sont faits frapper solidement au haut du corps. 

Joel Armia se remet tranquillement de la commotion cérébrale qu’il a subie, gracieuseté de Tyler Myers. Jesperi Kotkaniemi a de son côté été chanceux de ne pas se blesser sérieusement à la suite du coup de Dillon Dube et on peut dire la même chose de Jake Evans, qui s’est fait ramasser par Erik Gudbranson, samedi, à Ottawa. 

Ces trois incidents peuvent inquiéter à un certain point parce qu’on pourrait avoir l’impression que, de plus en plus, certaines équipes prennent des libertés, si je peux m’exprimer ainsi, à l’endroit des joueurs des Canadiens. 

J’ai posé la question à Claude Julien lundi et voici une partie de sa réponse: «Je ne sais pas si c’est un adon. Ça reste que ces mises en échec sont hautes à nos yeux. Je n’ai toujours pas compris pourquoi celle à l'endroit de Jesperi Kotkaniemi n’a pas été jugée comme un coup d’épaule à la tête, mais ce sont les décisions de la ligue. Si quelque chose doit être fait, c’est à eux de sévir. Mais à un moment donné, les joueurs vont se tanner et les bâtons vont être plus élevés que présentement, pour se protéger. »

La fameuse ligne 

Le département de sécurité de la LNH travaille avec des barèmes qui sont très clairs et l’objectif de ses dirigeants n’est pas de trouver des raisons pour ne pas suspendre les joueurs coupables. Plus souvent qu’autrement, on évalue si le point de contact principal est la tête ou le corps. Si c’est la tête qui est surtout touchée, il y aura suspension. Il ne faut pas oublier non plus que la Ligue a accès à des angles de caméras qui ne sont pas disponibles lors de la diffusion des matchs.

Reste qu’il faut comprendre une chose qui est aussi essentielle dans l’équation. Il y a beaucoup de joueurs dans la LNH qui jouent avec les règles, ou si vous voulez, avec la fameuse fine ligne. Par exemple, si un joueur donne une mise en échec dans le haut du corps d’un adversaire, mais que la rondelle est dans les environs, les chances qu’il y ait une suspension sont très minces (à moins d’un geste disgracieux). La même mise en échec peut être interprétée différemment, toutefois, si le disque n’est plus autour du joueur frappé, et ce, depuis plus d’une demie seconde.

Pourquoi? 

Même si de plus en plus de dirigeants d’équipes de la LNH croient qu’il y a un problème présentement avec certaines mises en échec, la Ligue est réticente à l'idée de resserrer les règles parce qu’on ne veut évidemment pas enrayer les contacts physiques. 

Mais faut-il craindre les conséquences de cette décision de ne pas suspendre des joueurs qui n’ont aucune intention de jouer la rondelle, mais beaucoup plus de frapper un joueur dans une position précaire?

Présentement il n’y aucune règle qui force un joueur à jouer la rondelle et à ne pas diriger son corps vers un adversaire alors que ce dernier tente de compléter un jeu. 

On a donc l’impression que certains joueurs semblent avoir trouvé une faille dans les règles qui leur permet une plus grande liberté dans leurs gestes, uniquement parce que la rondelle est près de l’adversaire.

Je ne sais pas pour vous, mais je crains que les joueurs vont commencer à en avoir assez de ces mises en échec à la limite de la légalité et qu’ils tentent éventuellement de régler leurs problèmes sur la glace, ce qui pourrait occasionner un sérieux débordement. 

Une chose est certaine, on sent que les esprits pourraient commencer à s’échauffer bientôt, et ne parle pas ici uniquement des Canadiens. Ces gestes se répètent un peu partout présentement et la question est de savoir si une intervention de la Ligue ne serait pas préférable présentement.