Marc Bergevin

Crédit : Pierre-Paul Poulin / Le Journal de Montréal

Canadiens de Montréal

Quand Bergevin a jeté les gants devant... Chara!

Publié | Mis à jour

Shea Weber recevra le bâton d’argent pour souligner ses 1000 matchs dans la Ligue nationale de hockey (LNH) jeudi soir, à l’occasion de la visite des Sénateurs d’Ottawa au Centre Bell. C’est Marc Bergevin qui lui offrira le cadeau symbolique.

Il n’y aura pas d’ovation pour Weber puisque les matchs à Montréal sont présentés à huis clos en raison de la pandémie de COVID-19. Dans ce contexte particulier, le directeur général du Canadien partagera donc la scène avec son capitaine, qu’il respecte au plus haut point.

«Toutes les bonnes choses que j’avais entendues sur Shea avant son arrivée à Montréal en 2016, je dois les multiplier par dix. On voit ce qu’il fait sur la patinoire, mais c’est ce qu’il amène à une équipe qui est encore plus impressionnant. Il a changé la culture de l’équipe.

«Jeudi dernier, nous avons battu les Flames 4 à 2. Le lendemain à l’entraînement, je regardais Shea et j’aimais son intensité. Il poussait certains joueurs, il n’aimait pas le rythme de l’entraînement. Il lançait son message que même si nous jouions bien, nous ne pouvions pas baisser la garde. Oui, il aime rire avec ses coéquipiers, mais il est sérieux. Il a une présence dans le vestiaire. Juste par son regard, tu vois que c’est un pro.»

Jeter les gants devant Chara

Dans sa carrière de joueur, Bergevin a aussi atteint le plateau magique des 1000 matchs. C’était le 13 janvier 2001. Il portait les couleurs des Penguins de Pittsburgh. Une soirée qu’il n’oubliera pas pour plusieurs raisons.

«À l’époque, on ne donnait pas un bâton d’argent, a rappelé l’homme de 55 ans. C’était plutôt un ramasse-poussière. C’était une espèce de tube, ça ressemble à un globe de chez Tiffany. Je l’ai encore chez moi et je l’ai regardé avant le 1000e match de Shea. J’ai aussi parlé à mon fils mardi et il m’a demandé s’il était né le jour de mon 1000e match. C’était trois semaines avant sa naissance.

«À mon 1000e match, nous affrontions les Islanders à Uniondale. Je me souviens du match comme si c’était hier. Zdeno Chara et Eric Cairns couraient après Mario [Lemieux], ils étaient "tough" avec lui. Pendant une pause publicitaire, je me suis présenté devant Chara et j’ai laissé tomber mes gants pour me battre. Zdeno m’a regardé, surpris. Les arbitres sont intervenus rapidement pour nous séparer. J’ai finalement reçu une punition pour mauvaise conduite de dix minutes. Quand j’étais au banc des punitions, mes mains tremblaient. S’il avait eu le temps de se battre contre moi, j’aurais laissé quelques dents à Uniondale.»

Plusieurs années plus tard, Bergevin a reparlé de cette soirée de janvier 2001 avec le défenseur format géant.

«Quand j’ai revu Z (Zdeno) à Vegas il y a quelques années pour une remise de trophées de la LNH, je lui en ai glissé un mot. C’est un bon gars, il me regardait et il m’a dit qu’il n’aurait pas voulu me faire de mal!»

Deux bagarreurs

Craig Patrick, le directeur général des Penguins en 2001, avait fait le choix de mieux protéger Lemieux.

«Mario était notre capitaine. On n’avait pas une équipe robuste à l’époque. Il y avait moi et Matthew Barnaby. Une semaine plus tard, Craig avait fait l’acquisition de Steve McKenna et Krzyszstof Oliwa.»

Ce n’était pas une semaine plus tard. Le 13 janvier 2001, jour du 1000e match de Bergevin, les Penguins avaient acquis McKenna du Wild du Minnesota en échange de Roman Simicek. À 6 pi 8 po, McKenna était un des rares joueurs de la LNH qui pouvait regarder Chara (6 pi 9 po) dans les yeux. Le 14 janvier, c’était au tour d’Oliwa de débarquer à Pittsburgh. Patrick avait cédé un choix de troisième tour aux Blue Jackets de Columbus pour obtenir l’homme fort originaire de la Pologne.

«J’avais compris que Craig Patrick aussi ne voulait pas que je me fasse mal!» a lancé Bergevin en riant.

Au total, Bergevin a joué 1191 matchs dans la LNH avec huit équipes: les Blackhawks, les Islanders, les Whalers, le Lightning, les Red Wings, les Blues, les Penguins et les Canucks.

«Moi, j’ai eu de la misère à jouer 1000 matchs, mais Shea a joué 1000 bons matchs, a répliqué le DG du CH. Il y a une grosse différence entre nous deux. Et Shea est comme Z (Zdeno). Il pourra jouer très longtemps encore dans la LNH.»