Crédit : TOMA ICZKOVITS/AGENCE QMI

Soccer

Coupe du monde 2026: Soccer Québec amèrement déçu

Publié | Mis à jour

La décision du gouvernement du Québec de retirer son soutien financier à Montréal en vue de la Coupe du monde de soccer de 2026 a grandement déçu Soccer Québec.

«On est amèrement déçus, a laissé tomber le directeur général Mathieu Chamberland. C’est la ville qui portait le projet, mais on voyait tous les bienfaits que ça pouvait avoir pour la communauté sportive et la communauté du soccer.»

L’organisme qui chapeaute les activités des clubs de soccer au Québec estime que ce retrait vient plomber la candidature de Montréal parmi les autres villes canadiennes.

«C’est un gros joueur qui vient de se retirer. Ça amène des questionnements sur la possibilité de réaliser l’événement, mais ce n’est pas à Soccer Québec de décider qui investit.»

Rappelons les faits : la semaine dernière, on apprenait que le gouvernement Legault avait avisé le bureau de la mairesse, Valérie Plante, qu’il ne soutiendrait pas financièrement le projet. Québec s’était engagé à investir 50 millions $, mais les estimations parlaient maintenant de plus du double.

Occasion d’une vie

Pour Mathieu Chamberland, cette décision équivaut à fermer la porte sur une chance qui ne se présente qu’une seule fois.

«C’est l’occasion d’une vie qui ne repassera pas. La dernière qui est venue en Amérique du Nord, c’est en 1994, aux États-Unis.»

«En 2026, c’est le continent nord-américain, et avec le passage à 48 équipes, ça sera difficile pour le Canada d’organiser un événement d’une telle envergure avec autant de pays impliqués», soutient-il, en faisant référence au manque d’infrastructures appropriées au pays.

Qui plus est, on passerait à côté d’un coup d’œil historique qui n’a rien de banal.

«En plus, 2026 coïncide au 50e anniversaire des Jeux olympiques, ce qui serait un beau clin d’œil et une belle vitrine.»

Visibilité

Mathieu Chamberland estime que le gouvernement fait preuve de courte vue en n’évaluant que l’aspect financier de l’investissement qui, on doit l’admettre, est important en temps de pandémie.

«Avoir cet événement planétaire dans notre cour, on voyait les retombées. Ça permettait aussi de remettre Montréal à l’avant-plan de la scène mondiale.»

Soccer Québec, qui fédère près de 200 000 membres, regarde tout ce qu’un tel événement pourrait apporter.

«Au-delà d’un accroissement de membership, il faut voir ce que les jeunes qui pratiquent déjà le sport peuvent en retirer. Ça peut aussi nous amener des formations d’entraîneurs et d’officiels. Ça peut engendrer des développements éducatifs.»

Selon lui, ce n’est pas que le soccer qui profiterait de cette manne.

«Avec tout ce que ça va amener en activités économiques, en programmes dédiés au sport, et le legs sportif, il faut regarder au-delà de l’investissement dans l’événement.»

Cela dit, comme Soccer Québec ne participe pas au montage financier, il n’y a pas eu de discussions avec Québec afin de tenter de renverser la vapeur.