Crédit : DIDIER DEBUSSCHERE/JOURNAL DE QUEBEC

Tennis

Le grand retour de Rebecca Marino

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C’est avec fébrilité et fierté que Rebecca Marino entrevoit son retour dans le tableau principal d’un tournoi du Grand Chelem après une absence de huit ans.

Après avoir remporté ses trois matchs de qualifications à Dubaï, la Canadienne de 30 ans a pris la route pour Melbourne, où elle prendra part aux Internationaux d’Australie pour la première fois depuis 2013 en février. Aux prises avec des problèmes de santé mentale, elle s’est ensuite retirée du tennis pendant près de cinq ans. Son retour encourageant a été freiné par une blessure à un pied qui l’a tenue à l’écart des courts pendant un an et demi. En effet, avant Dubaï, Marino n’avait pas joué depuis juillet 2019. 

«À l’évidence, je suis vraiment excitée de faire mon retour dans le tableau principal en Grand Chelem, a-t-elle lancé lors d’une visioconférence mercredi. D’être de retour en santé, sans blessure, et de revenir de cette manière... Il y a beaucoup de travail derrière ça et je suis contente que ça ait payé.»

Ce retour en force est d’autant plus apprécié par Marino qui a perdu son père en 2020 des suites d’une longue bataille contre le cancer.

«Mon père a été très important dans ma décision de revenir au jeu. Ce sont ses batailles pour retrouver la santé qui m’ont inspirée, a confié la Britanno-Colombienne, émotive. L’année 2020 a probablement été la plus difficile de ma vie. Je suis vraiment heureuse d’avoir réussi à me rendre ici, avec lui en tête tout au long du processus.»

Une personne différente 

Occupant présentement le 313e rang mondial, Marino se sent aujourd’hui une personne et une joueuse différente comparativement à ses débuts sur le circuit en 2006.

«Je ne pense pas que mon jeu ait changé beaucoup. J’ai toujours le gros service et les grandes frappes en fond de terrain. La grosse différence est plus au niveau de la compétitivité et la détermination. Je me sens beaucoup plus forte mentalement. Je le veux beaucoup plus (gagner) maintenant.»

Marino estime que le circuit a évolué au fil des ans et soutient mieux ses athlètes pour prévenir les problèmes de santé mentale comme elle a vécu.

«Je sens qu’il y a plus de ressources pour les joueurs en termes de support psychologique... Ça a aussi changé entre les joueurs. On est plus ouverts, on parle plus entre nous, c’est plus social et amical. Il y a une structure pour supporter les joueurs et il y a eu des changements positifs.»