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Quarante ans dans le monde du hockey

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C'est après un stage de trois semaines à l'automne de 1980 que la jeune étudiante du Cégep Limoilou Nicole Bouchard reçoit un appel des Nordiques de Québec.

«Deux semaines après je reçois un coup de téléphone pour me demander de travailler pour eux dès janvier 1981, se souvient-elle. Pour moi, c'était la réalisation d'un rêve.» 

Un rêve qu'elle réalise dans un monde d'hommes et lors d'une autre époque...

«C'était intimidant, surtout au niveau professionnel parce qu'une femme dans l'entourage d'un vestiaire ça n'existait pas.»

Voyez le reportage de Stéphane Turcot dans la vidéo ci-dessus.

Nicole Bouchard a vécu l'histoire des Nordiques dans la Ligue nationale de hockey et elle était aux premières loges de la rivalité Montréal-Québec. Elle se souvient encore de la tension après le match du Vendredi saint.

«On était dans un autocar d'employés à la sortie du Forum et même des partisans des Canadiens frappaient dehors sur l'autobus. C'était vraiment une grosse affaire.»

Si elle a tissé des liens avec plusieurs anciens joueurs comme les frères Stastny, il y avait aussi les plus détestables comme un certain gardien...

«J'étais toujours un peu frustrée de voir des joueurs refuser de venir à Québec, dont le gardien Greg Millen, qui nous a fait languir pendant plusieurs semaines avant de se rapporter à Québec. Ces joueurs pensaient que Québec était un trou perdu au milieu de nulle part, mais ils ont tous appris à apprécier celle-ci au fil du temps.»

Le 25 mai 1995, son monde s'écoule. C'est le départ des Nordiques.

«C'était la fin du monde, s'est-elle rappelée. Je me fais appeler à 6 heures le matin pour me faire dire qu'on a une importante conférence de presse. Émotivement, ç'a été très difficile. C'était mon premier emploi, j'avais donné presque 15 ans de ma vie pour les Nordiques, c'était ma passion. Je me demandais ce que j'allais faire...»

Après le départ des Nordiques... 

Elle vivra l'époque des Rafales et des Citadelles, mais ce sont les Remparts qui lui redonnent un sentiment d'appartenance.

Elle doit se convaincre de travailler au quotidien avec Patrick Roy, qui était encore dans sa tête l'ennemi juré.

«Je ne le connaissais pas, mais je lui avais fait savoir qu'il n'y avait pas d'amour parce qu'il nous battait tout le temps. Il m'a dit : "Tu vas voir, tu vas apprendre à m'aimer quand tu vas me connaître.»

Et elle l'aime tellement aujourd'hui qu'elle avait versé une larme à l'annonce de son départ pour le Colorado.

De ses 40 ans dans le monde du hockey, elle tire une leçon de vie.

«Je suis devenue une plus grande personne, car j'étais de nature plus timide au début et au fil du temps, j'ai appris à me faire une carapace dans ce milieu d'hommes là. J'ai appris à mettre mon pied à terre, à m'affirmer, et je pense que j'en sors grandie.»