Photo : Aaron Rodgers Crédit : AFP

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Attente terminée pour Aaron Rodgers et les Packers?

Publié | Mis à jour

Pour Aaron Rodgers et les Packers, c’est potentiellement la fin d’une longue attente. Dix ans sans atteindre le Super Bowl pour un quart-arrière d’une si rare qualité, c’est impensable. 

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Depuis le sacre des Packers en 2010, l’équipe n’a pas pris part au match ultime. Elle est passée près du but en 2014, 2016 et 2019, mais des défaites sur la route en finale de la Conférence nationale ont mis fin au rêve. Cette fois, c’est dans leur forteresse du Lambeau Field que les Packers doivent franchir le dernier pas avant le Super Bowl.   

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Les attentes vaines, c’est le lot de plusieurs grands quarts-arrières. Dan Marino devait, en théorie, retourner à plusieurs reprises au Super Bowl après 1984, en vertu de son irréel talent. Même chose pour Brett Favre après ses deux présences de suite en 1996 et 1997 ou pour Drew Brees après sa saison héroïque de 2009. Ce ne fut jamais le cas. C’est dire à quel point il est difficile, même pour les meilleurs, d’atteindre le Super Bowl.

Une équipe complète

Sauf que cette année, Rodgers connaît la saison la plus productive de sa carrière, autant au chapitre des passes de touché (48) et du pourcentage de passes complétées (70,7%) que des gains par tentative de passe (9,1 verges).

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Au-delà de sa performance individuelle, il a rarement été aussi bien appuyé sur le plan collectif. Pendant trop longtemps, Rodgers a porté les Packers à bout de bras. S’il en est encore la locomotive, les wagons derrière lui ne sont plus vides.

La défensive n’est pas encore considérée à sa juste valeur, mais elle s’est pourtant classée au neuvième rang. C’est la première fois depuis l’année du Super Bowl, en 2010, qu’une défensive des Packers boucle la saison dans le top 10. 

Tout au long de la carrière de Rodgers comme partant, soit depuis 2008, l’attaque au sol des Packers s’est hissée dans le top 10 du circuit à seulement trois reprises, dont cette année. Jamais, avec Rodgers aux commandes, les Packers n’ont fait mieux que leur moyenne de 135,6 verges au sol par rencontre de la présente saison.

La ligne offensive des Packers est aussi amplement équipée pour résister aux assauts des Buccaneers. Rodgers n’a été victime que de 20 sacs cette saison, le plus bas total à ses dépens depuis qu’il est partant. Tout, chez les Packers, clique donc en même temps cette saison.

Pas deux fois

Bien entendu, ce ne sera pas simple face aux Buccaneers. Cette équipe, tout comme les Packers, c’est beaucoup plus que Tom Brady. 

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Les Buccaneers disposent d’un arsenal impressionnant de receveurs de qualité et d’une ligne offensive qui livrera un bon duel aux chasseurs de quarts que sont Rashan Gary et Za’Darius Smith. 

Dans le duel en saison régulière face aux Packers, le front défensif a tourmenté Aaron Rodgers, qui a connu un rare match de deux interceptions dans un revers à sens unique. Le blitz a été diablement efficace contre lui dans ce match, puisque Rodgers n’a complété que trois de ses 12 passes dans ce contexte. 

Il est difficile d’imaginer, toutefois, que Rodgers puisse connaître un deuxième match ardu de suite contre un même adversaire, soigneusement étudié. Après la dégelée subie face aux Bucs, les Packers ont vu d’autres équipes tenter de décontenancer Rodgers en appuyant à leur tour leur stratégie défensive sur le blitz. Selon NextGen Stats, Rodgers a charcuté ses ennemis suivants avec 15 passes de touché et seulement une interception face au blitz.

Les Buccaneers peuvent être une équipe extrêmement physique et leur tertiaire a fait mal paraître l’attaque aérienne des Saints dimanche dernier. Sauf que Rodgers et sa bande posent un défi bien plus complexe. Contrairement aux Saints, ils peuvent attaquer en profondeur.

On dit souvent qu’il ne faut pas miser contre Tom Brady en séries et cette stratégie m’a souvent servi. Sauf que jamais auparavant Aaron Rodgers ne s’est retrouvé sur son chemin en matchs éliminatoires. Il y aura donc exception à la règle.   

  • PRÉDICTION: BUCCANEERS 24 PACKERS 30  
  • PRÉDICTIONS EN SÉRIES: 7 en 10 (70%)  
  • TOTAL CETTE SAISON: 182 en 266 (68,4%)    

CINQ DUELS À SURVEILLER  

Il est vendeur de présenter l’affrontement entre les Buccaneers et les Packers comme un duel de quarts-arrières légendaires entre Tom Brady et Aaron Rodgers. Dans les faits, les deux pivots ne se croisent jamais sur le terrain et ce match donnant accès au Super Bowl se décidera dans d’autres confrontations déterminantes. L’offensive productive et multidimensionnelle des Packers pourrait en avoir plein les bras si les Buccaneers jouent de manière aussi agressive que la semaine dernière défensivement. À l’attaque, les Buccaneers ont parfois cliqué sur tous les fronts, tandis que d’autres défensives les ont parfois freinés. La défensive des Packers peut-elle s’illustrer dans une rare finale de conférence à Green Bay? Voici cinq duels à surveiller dans ce match.


Aaron Rodgers contre Ndamukong Suh

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Le quart-arrière des Packers et le gros plaqueur des Bucs entretiennent une relation pour le moins tendue depuis des années. Suh a longtemps été membre des Lions, des rivaux de division, et à chaque match entre les deux, il se fait un plaisir de brasser Rodgers et de le narguer. En octobre dernier, ce fut exactement le cas. Rodgers n’est habituellement pas du genre à perdre sa concentration et à se laisser intimider par plus puissant physiquement que lui. Suh est encore capable d’appliquer une forte pression de l’intérieur, mais l’intérieur de la ligne offensive des Packers joue de façon dominante.


Tom Brady contre Jaire Alexander

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Cette saison, trop peu d’analystes et de partisans louangent les exploits du demi de coin des Packers Jaire Alexander. Il s’aligne régulièrement face aux meilleurs receveurs adverses et même s’il ne revendique qu’une interception cette saison, les quarts-arrières adverses l’évitent plus souvent qu’autrement. Selon Pro Football Focus, il n’a concédé que 35 réceptions pour 337 verges cette saison. Les Buccaneers sont dotés de nombreux receveurs de qualité et Tom Brady a le choix des cadeaux. Mike Evans risque de croiser souvent le fer avec Alexander et il est loin d’être certain que Brady défiera le demi de coin à répétition.


Rashan Gary contre Tristan Wirfs

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Il est grand temps d’oublier la saison timide de Rashan Gary en 2019 et de se pencher sur la révélation qu’il est devenu cette année. Le 12e choix au total a connu une excellente deuxième campagne, particulièrement depuis la fin du calendrier régulier. Le secondeur à l’extérieur a appliqué la pression à 39 reprises sur les quarts adverses, obtenant sept sacs au passage. Du côté des Buccaneers, c’est un bloqueur recrue inexpérimenté en Tristan Wirfs, mais qui a joué comme un vétéran aguerri, qui devra limiter les élans de Gary la plupart du temps. 


Davante Adams contre Carlton Davis

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La semaine dernière, la confrontation entre le receveur étoile des Packers Davante Adams et le demi de coin des Rams Jalen Ramsey a fait beaucoup jaser. De son côté, dans son match face aux Saints, le demi de coin des Bucs Carlton Davis a complètement éclipsé Michael Thomas. Il fait cette fois face au receveur qui s’est établi comme le plus dominant du circuit cette saison et probablement celui qui court les meilleurs tracés. Difficile de croire que Davis pourra contenir aussi bien Adams que Thomas, qui jouait blessé.


Billy Turner contre Shaquil Barrett

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Les Buccaneers ont été quatrièmes dans la ligue avec 48 sacs du quart. Le joueur qui applique le plus régulièrement la pression est le secondeur extérieur Shaquil Barrett. À la sixième semaine cette saison, les Bucs avaient réussi cinq sacs aux dépens des Packers, préconisant une approche lourde sur le blitz. Le bloqueur à gauche étoile des Packers David Bakhtiari est blessé, mais en son absence, Billy Turner est loin d’avoir mal paru samedi dernier. La commande qui l’attend est toutefois colossale. Quand Aaron Rodgers est bien protégé, il finit toujours par faire des ravages.

SAVIEZ-VOUS QUE...  

BUCCANEERS

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  • À vie, les Buccaneers montrent une fiche d’une victoire et 17 défaites dans des matchs où la température est sous zéro.   
  • Bruce Arians devient le 12e entraîneur-chef dans l’histoire à amener deux équipes différentes en finale de conférence. Il avait aussi réussi le coup avec les Cardinals en 2015.   
  • Aucun record en séries n’échappe à Tom Brady. La preuve, c’est que son prochain touché au sol serait son huitième en carrière en séries, ce qui égalerait la marque détenue par Steve Young.      

PACKERS

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  • Aaron Rodgers a lancé au moins une passe de touché dans 15 matchs de suite en séries. Seuls Brett Favre (20, de 1995 à 2009), Tom Brady (18, de 2001 à 2011) et Drew Brees (18, de 2004 à 2020) ont fait mieux.   
  • Les Packers ont établi un sommet dans la NFL en inscrivant des points à 13 reprises sur leur séquence initiale à l’attaque cette saison.   
  • Les Packers montrent une fiche de 10-0 à vie en séries à la maison lorsqu’ils sont les premiers à s’inscrire au pointage.