Canadiens de Montréal

Le déclic de Jonathan Drouin

Le déclic de Jonathan Drouin

Louis Jean

Publié 18 janvier
Mis à jour 18 janvier

S’il y a une chose qui saute aux yeux après seulement deux matchs, c’est que les Canadiens sont différents, très différents cette saison.

Les indicateurs sont nombreux. L’équipe travaille, attaque et fait preuve de beaucoup d’acharnement. L’avantage numérique est transformé par rapport à l’an dernier. C’est encourageant. 

Carey Price semble avoir repris là où il avait laissé l’an dernier. De même que Jeff Petry (excellente prolongation de contrat), Tomas Tatar (reçoit-il le crédit qu’il mérite?), Phillip Danault (un pro jusqu’au bout des doigts), le trio de Nick Suzuki (Josh Anderson pourrait s’avérer une aubaine), Joel Edmundson (a très bien fait contre les Oilers) et Alexander Romanov (imaginez s’il avait pu jouer en séries). Et je pourrais continuer.

Avec autant de nouveaux visages - et on n'a pas encore vu Corey Perry et Michael Frolik -, il y aura inévitablement une période d’adaptation. Il y a un manque de cohésion évident sur le trio composé de Jesperi Kotkaniemi, Joel Armia et Tyler Toffoli. Il est encore tôt. L’efficacité dans le cercle des mises en jeu sera à surveiller. Ça n’a guère été mieux le week-end dernier. 

Le travail paie pour Drouin    

Un des joueurs qui attire mon regard depuis le premier jour du camp est Jonathan Drouin. Il est habité d’un enthousiasme et d’une joie de vivre qui s’est transposée dans son jeu. Contre les Maple Leafs, le natif de Huberdeau dans les Laurentides était partout sur la glace. Résultat? Un petit match de trois points. Pas si mal! (voyez les faits saillants de ce match dans la vidéo ci-dessus)

Drouin n’a pas noirci la feuille de pointage contre Edmonton, mais il a été tout aussi bon, sinon meilleur. Il était responsable défensivement et a stoppé quelques attaques de Connor McDavid. Il a repéré ses coéquipiers toute la soirée. Il y a même une séquence en deuxième période en fond de territoire où l’on revoyait le Drouin dominant des Mooseheads de Halifax.

Ces deux performances, sans oublier qu’il a connu un fort camp, ne sont pas le fruit du hasard. Selon ce qu’on m’a raconté, Drouin comptait pratiquement les jours avant le retour du hockey. 

«Je l’ai rarement vu aussi enthousiaste pendant la saison morte, m’a confié un des proches de Drouin. Jouer avec Nick Suzuki en séries lui a redonné des ailes. Il ne pouvait attendre de recommencer à jouer.»

Il faut dire que la saison morte a été inhabituelle en raison de la COVID-19. Plusieurs joueurs étaient limités dans leur entraînement. L’ancien choix de premier tour n’y a pas échappé. Les gymnases étaient fermés. Les arénas aussi. La routine habituelle du dynamique attaquant a complètement été chambardée. Drouin s’est donc entraîné seul à la maison afin de s’assurer d’être d’attaque pour sa septième saison dans la LNH. 

Drouin s’est pointé au camp d’entraînement en excellente forme physique. Toutefois, le plus gros de sa préparation n’avait rien à voir avec cet aspect. Drouin a passé des heures à scruter à la loupe ses matchs et ses présences sur la glace. Il cherchait à comprendre pourquoi il pouvait si bien faire certains soirs et sembler désorienté certains autres.

Conclusion? Plus que jamais, Drouin a compris ce qui le rendait efficace et ce qui lui permettait d’avoir un impact chaque présence. Ce n’est pas la première fois que Drouin faisait une introspection et une analyse profonde de son jeu de la sorte, mais il est allé plus en profondeur que par le passé en attendant le retour du hockey.

Ça se voit, tous ces changements auront un effet bénéfique sur le 92. 

Moins de pression    

Mais il y a fort à parier que ce qu’il l’aidera davantage, c’est le travail accompli par Marc Bergevin pour colmater les brèches et régler certaines carences de l'équipe. Dans les dernières années, si l’équipe n’allait pas bien, immédiatement, Drouin était pointé du doigt.

«Il y a un poids énorme qui a été retiré de ses épaules avec la composition de l’équipe», a constaté un ami de Drouin. 

Étant donné le manque de profondeur, le Tricolore donnait des allures d’un groupe d’individus. Maintenant, il s’agit d’un tout, d’une équipe. Je suis convaincu que cela va aider l’attaquant québécois à pleinement s’épanouir et s’éclater. Il ne faut non plus ignorer la pression avec laquelle un joueur québécois doit vivre, particulièrement lorsqu’il a le coffre d’outils aussi rempli que celui de Jonathan.

Le 15 juin 2017, les Canadiens de Montréal faisaient l’acquisition de Jonathan Drouin. 

Son chemin a été parsemé de hauts et de bas. Le «casting» n’a pas toujours idéal. Mais les conditions semblent beaucoup plus optimales actuellement pour maximiser le potentiel du groupe et des individus. Vous avez raison d’être excité pour l’équipe et pour Drouin qui semblent prêts à éclore et démontrer toute l’étendue de leur talent et potentiel.