Crédit : Dominic Chan / Agence QMI

LNH

Sur les traces de Mike Bossy

Publié | Mis à jour

Longtemps avant Alexis Lafrenière, un autre Québécois a fait le saut directement des rangs juniors à la Ligue nationale de hockey (LNH). Choix de première ronde des Islanders de New York en 1977, Mike Bossy a connu des débuts prodigieux dans le marché new-yorkais et il en souhaite tout autant à la première sélection du dernier repêchage.

Lafrenière disputera son premier match tant attendu dans le circuit Bettman jeudi, alors que les Rangers de New York recevront la visite des Islanders au Madison Square Garden.

«La ville de New York, c’est quelque chose d’extraordinaire pour un athlète, raconte Bossy. Mais je crois que le fait qu’il n’y ait pas de partisans dans les estrades va alléger ses débuts dans la Ligue nationale de hockey. Les partisans peuvent être très chauds ou très froids à New York, je crois que le fait qu’il n’y en ait pas va l’aider.»

Tout le tapage entourant la sélection de Lafrenière au dernier repêchage de la LNH fera assurément monter la pression, autant pour les Rangers que pour le jeune attaquant québécois.

«L’équipe est en reconstruction, oui. Mais je ne pense pas qu’ils s’attendaient à avoir le premier choix. En obtenant un joueur comme Alexis, dans la tête des gens et des médias, ça accélère la reconstruction. Alors c’est sûr que les attentes seront élevées.»

Un départ fulgurant

Bossy avait été choisi au 15e rang lors du repêchage de 1977. Il est passé directement du National de Laval aux Islanders, avec qui il a inscrit 53 buts et 38 aides, pour un total de 91 points en 73 matchs, dès la saison 1977-1978. Il s’est d’ailleurs mérité le trophée Calder au terme de sa première campagne dans la LNH.

Pour plusieurs raisons, la pression et les attentes n’ont pas été si difficiles à gérer pour lui.

«C’était tellement différent dans mon temps, se souvient Bossy. La conférence de presse pour annoncer ma signature s’est faite à Manhattan plutôt qu’à Long Island juste pour essayer d’avoir un peu de visibilité et de publicité.»

«Et pour être honnête, je n’ai aucune idée quelles étaient les attentes envers moi quand je suis arrivé à New York. Par contre, moi j’avais des attentes très élevées envers moi-même. J’avais même mentionné pendant les négociations, pour essayer d’avoir plus d’argent, que je marquerais 50 buts dès ma première année.»

La clé de son succès?

«Je suis resté moi-même tant sur la glace qu’à l’extérieur (...) J’ai toujours essayé de donner le meilleur de moi-même et de jouer en équipe. Plus tu joues en équipe, plus tes coéquipiers sont prêts à t’aider. L’année que j’ai compté 50 buts en 50 matchs, c’est impossible de réussir ça sans avoir de l’aide (...). D’être un bon coéquipier, je trouve que c’est primordial.»

Pour un marqueur naturel comme Lafrenière, il y a toutefois un juste milieu qui peut parfois prendre du temps à trouver.

«Il faut apprendre à être un bon coéquipier, sans sacrifier ce que toi tu fais de mieux sur la patinoire, indique Bossy. On dit souvent que les super vedettes, dans n’importe quel sport, sont un peu égoïstes. Mais il faut aussi être assez mature pour savoir quand il faut en donner et quand il faut en garder.»

Le match entre les Rangers et les Islanders sera diffusé ce jeudi, à 19h, sur les ondes de TVA Sports.