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«Patrick Roy a démoli le stéréo à grands coups de bâton»

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Note de l’auteur : tous les joueurs ayant participé à ce reportage ont unanimement fait savoir qu’ils ont adoré jouer pour Patrick Roy. Les anecdotes que vous lirez plus bas ont toutes été racontées sur un ton léger teinté d'humour. 

Le nom de Patrick Roy ne laisse personne indifférent au sein de la communauté hockey.  

Après une carrière phénoménale (et le mot est faible!) devant le filet des Canadiens et de l’Avalanche du Colorado, «Casseau» s’est tourné, en 2005, vers le métier d’entraîneur. 

Et si ses exploits d’homme masqué ont marqué l’imaginaire, on peut également dire sans crainte de se tromper que son cheminement d’instructeur a lui aussi sa place parmi les plus rocambolesques.

Qui ne se rappelle pas le premier passage de Roy derrière le banc des Remparts (entre 2005 et 2013)? À peine trois ans après son dernier match dans la Ligue nationale de hockey, le légendaire gardien alors âgé de 40 ans débarquait à Québec avec une fougue et une énergie... débordantes! 

Prises de bec avec les officiels, engueulades musclées avec ses homologues, déclarations incendiaires dans les médias... Patrick Roy venait carrément de faire renaître la Ligue de hockey junior majeur du Québec!

«Patrick Roy ne veut qu’une chose : gagner. Honnêtement, j’ai assisté à plusieurs scènes l’impliquant qui m’ont laissé sans voix. Ses méthodes étaient peut-être peu orthodoxes par moment, mais elles finissaient quand même toujours par payer. J’ai toujours respecté Pat pour le désir de vaincre et la passion qu’il affichait. Il aime son sport, ça c’est indéniable.»

Danick Paquette a évolué sous les ordres de Patrick Roy lors de la campagne 2009-2010. Il était alors âgé de 19 ans. Le fougueux ailier fait partie d’une longue liste de joueurs ayant accepté l’invitation du TVASports.ca. 

Dans le cadre d’un dossier spécial, l’auteur de ces lignes a pris l’initiative de mettre en lumière le parcours d’entraîneur de l’ex-gardien, ponctué de nombreux rebondissements. 

À travers différents témoignages impliquant plusieurs anciens patineurs des Remparts et de l’Avalanche du Colorado, il vous sera possible d’entendre neuf savoureuses anecdotes jusqu’ici méconnues du grand public. 

Certaines vous feront rire, d’autres vous feront tomber en bas de votre chaise, mais toutes vous confirmeront une chose : Patrick Roy est un gagnant... qui n’est jamais à court d’idées! 

Le système de son écope       

La saison 2006-2007 bat son plein à Québec. Malgré une historique conquête de la coupe Memorial quelques mois auparavant, les attentes sont toujours très élevées dans la Vieille Capitale. C’est la réalité quotidienne des joueurs des Remparts.

Après une vingtaine de matchs, l’équipe affiche un excellent dossier et se classe, encore une fois, parmi les puissances du circuit Courteau. Mais ce n’est semble-t-il pas un motif raisonnable pour que l’entraîneur-chef Patrick Roy accepte un manque de volonté de ses troupiers. 

Le soir d’un match contre Bathurst, la marmite explose. 

«Avant cette partie-là, nous étions en train de nous préparer dans le vestiaire, comme à l’habitude», se rappelle Marc-Olivier Vallerand, qui a joué quatre saisons à Québec (dont une dans le rôle de capitaine). 

Marc-Olivier Vallerand
Crédit photo : Archives

«Comme pas mal toutes les équipes, nous écoutions un peu de musique avant les matchs pour nous motiver. À un moment donné, notre gardien Kevin Defossés a décidé de mettre une chanson qu’il aimait. Mais Brent Aubin, notre capitaine de l’époque, détestait cette chanson-là. Il a donc immédiatement changé le répertoire musical. Les gars ont commencé à s’obstiner dans la chambre.»

L’heure du match arrive entretemps et les joueurs, peut-être encore à la recherche de la chanson parfaite, sautent sur la glace du Colisée Pepsi et connaissent une première période absolument horrible. Après 20 minutes de jeu, le Titan mène par quatre buts. 

«Pat avait eu vent de l’histoire de la musique. Après la première période, il est entré dans le vestiaire sans dire un mot, a saisi un bâton qui trainait et a démoli le système de son en pièces.»

L’attaquant Kelsey Tessier, qui avait 16 ans à l’époque, a lui aussi été marqué par cet épisode. 

«Après avoir réduit le stéréo en miettes, il nous a fixés droit dans les yeux en disant : "Ça a l’air que la musique est ben importante avant les games. Je vais vous dire une chose. Vous allez vous en passer pour un maudit bout! En fait, pas de musique avant votre prochaine victoire."»

Mais l’histoire ne s’arrête pas là. 

«Le plus drôle, là-dedans, ajoute Vallerand, c’est qu’en frappant partout avec le bâton, Pat s’est cogné la main sur une colonne d’acier dans le vestiaire. Il s’est vraiment "snapé" le doigt en cognant. J’étais assis juste devant lui et tu voyais qu’il souffrait le martyre. Mais penses-tu vraiment qu’il allait le montrer? Ça l’a juste poussé à frapper encore plus fort!»

Résultat des courses? Les Remparts ont finalement remporté le match... mais ont quand même été privés de musique pendant les quatre derniers mois de la saison! 

«En bout de ligne, Pat venait de nous donner une bonne leçon sur les priorités!», philosophe Kelsey Tessier. 

«Décâl*ce!»      

En 2009, Danick Paquette est âgé de 19 ans et est considéré comme un attaquant de puissance dans la LHJMQ. Il a un côté très «tough», mais possède également de très belles habiletés avec la rondelle et marque sa part de buts. 

C’est d’ailleurs cette polyvalence qui incite Roy à en faire l’acquisition. 

Paquette vient de connaître une saison de 230 minutes de pénalité à Lewiston, le plus haut total parmi tous les patineurs du circuit. Ce n’est pas un enfant de chœur. 

Si son fort caractère lui a nui à quelques reprises dans le passé, le jeune homme comprend rapidement qu’il sera son meilleur ami sous les ordres de Patrick Roy. 

«Pat, c’est Pat. Une journée, il peut te sortir des phrases extrêmement motivantes. Le lendemain, toutefois, il peut décider qu’il teste ton caractère. C'est sa façon à lui d'aller chercher le meilleur de ses joueurs.»

Paquette se rappelle une scène en particulier qu’il n’oubliera jamais. 

«À 19 ans, je jouais sur le premier trio des Remparts et je faisais pas mal de points. Je jouais beaucoup. Je me souviens d’un match contre Rimouski au Colisée Pepsi. Mes parents avaient fait beaucoup de route pour assister à la partie, car c’était un jour important pour l’équipe relativement au classement. Le Colisée était plein.»

Danick Paquette pourrait s'aligner au sein de la même unité que Patrice Cormier, au prochain camp des Thrashers d'Atlanta.
Crédit photo : Archives

Il y a environ dix minutes d’écoulées en deuxième période, lorsque Roy s’approche de Paquette au banc des joueurs. 

«Il me regarde droit dans les yeux, et me dit : "Décâl*ce!"

«Je lui réponds : "Qu’est-ce que tu viens de me dire là?". Et il me répète en haussant la voix : "Tu ne veux pas jouer de la bonne manière? Ben sacre ton camp!!!". 

Paquette est conscient qu’il ne joue pas son meilleur match, mais est quand même renversé par ce que vient de lui dire son entraîneur. 

«Je lui ai répondu que j’allais rester au banc pour encourager l’équipe. Mais ma réponse l’a encore plus mis en colère et il m’a alors crié : "Je ne veux pas te voir la face! Vas-t'en dans le vestiaire!" 

«J’ai alors été obligé de quitter vers le vestiaire devant les 15 000 partisans, dont mes parents, qui savaient très bien que je n’étais pas blessé. Sur le coup, je n'étais pas vraiment heureux. Mais je suis fait fort. J'ai ensuite réfléchi à mon match, j'ai compris certains trucs et j'ai décidé de montrer à Pat que j'avais saisi son message.»

La rencontre suivante, Paquette démontre effectivement qu'il a tout compris. Il enfile un doublé et se révèle l’un des meilleurs joueurs des siens sur la patinoire. 

«C’était la meilleure façon de lui répondre», ajoute le coloré hockeyeur. 

Plusieurs années plus tard, Paquette affirme qu'il est toujours demeuré en bons termes avec son ancien entraîneur. 

«Il m'a permis de terminer ma carrière junior à Québec et a toujours été là pour me pousser. Je le respecte beaucoup pour ça», conclut-il. 

Le complot contre Richard Martel       

La rivalité Remparts-Saguenéens ne date pas d’hier. Entre 2005 et 2010, celle-ci a toutefois atteint un sommet inégalé. 

Nous sommes le 12 mars 2007 à l’occasion d’un match entre les deux équipes disputé au Centre Georges-Vézina de Chicoutimi. 

En fin de match, une énorme mêlée éclate. Les 12 joueurs sur la patinoire (incluant les gardiens) en viennent aux coups. Pendant ce temps, Richard Martel et Patrick Roy se menacent physiquement et se crient des bêtises alors que les bancs des deux équipes sont situés l’un devant l’autre. 

Dans une scène digne du classique «Slap shot», les partisans des «Sags» décident eux aussi de s’en mêler. Brent Aubin, alors capitaine des Remparts, raconte la suite. 

«Je faisais partie de la mêlée et je me suis fait expulser du match. Mais en traversant la glace pour rejoindre le vestiaire, un partisan des Saguenéens m’a lancé une bière en plein visage. J’avais 20 ans et je venais de me faire garocher une bière à la figure. J’ai vu noir. J’ai alors, sans réfléchir, fait un doigt d’honneur à la foule.»

Les heures passent et Brent Aubin regagne sa pension à Québec. Le jeune homme a déjà oublié cet épisode, quand il se fait tirer de son sommeil le lendemain. Il est 6h15 du matin et son téléphone sonne. Au bout du fil : Patrick Roy. 

«Il me dit : "Brent, as-tu vu le Journal de Québec?". Je lui réponds que non. Il me dit : "Va l’acheter et rappelle-moi." Je me rends donc au dépanneur pour acheter le journal. Dès que j’ai mis la main dessus, j’ai compris. 

«En page couverture, il y avait une photo de moi, Brent Aubin, qui envoyait un doigt d’honneur à un partisan. J’ai alors rappelé Pat et il m’a demandé de venir le rejoindre au Colisée pour 11h. L’équipe tenait une conférence de presse à 13h pour calmer le jeu. Pat avait l’air en beau maudit. Je me sentais petit dans mes shorts.»

Crédit photo : Photo d'archives Didier Debusschère

Aubin se présente donc à l’aréna comme prévu. À son arrivée, une surprise l’attend. 

«Pat, était effectivement déçu de mon geste, mais il m’a tout de suite rassuré. Il m’a lancé : "Brent, je comprends ta réaction et je sais que ça devait être frustrant. C’est juste qu’en tant que capitaine des Remparts, tu ne peux pas te permettre ça. Cela dit, j’ai une petite idée pour la conférence..."

«Patrick m’explique alors qu’il veut que je m’excuse en débutant la conférence de presse pour calmer la grogne populaire, mais qu’il souhaite ensuite profiter du point de presse pour décocher une flèche vers Richard Martel. Martin Lapperière et moi regardons Patrick en lui disant qu’il est fou. Nous étions là pour calmer le jeu et lui, il voulait juste en profiter pour en rajouter. Je n’en revenais pas.»

Bien que stupéfait, Brent Aubin écoute les ordres de son patron. 

«La conférence était retransmise en direct sur les ondes de LCN. J’ai fait mes excuses et je suis parti m’asseoir dans le bureau de Pat. J’ai ouvert la télé pour regarder la suite. À la deuxième question des journalistes, Pat a imité la voix de Richard en fixant la caméra. Il a alors crié : "TU FAIS PAS ÇA, BRENT!" 

«J’étais plié en quatre dans le bureau. Ce jour-là, j’ai compris que Pat était prêt à tout pour enlever le "spotlight" de sur ses joueurs. C’est un gars qui a énormément de cran.»

Vous devinerez que cette conférence de presse n’a finalement rien arrangé entre les Remparts et les Saguenéens... 

«Il aurait dû souffrir...»      

Patrick Roy a cette capacité à sortir des sentiers battus pour faire passer ses messages. À ce sujet, deux histoires sont particulièrement révélatrices. 

Hiver 2010. Québec vient de perdre plusieurs matchs consécutifs... et Roy en a ras-le-bol. Mais plutôt que de punir ses joueurs en les faisant patiner à fond de train (comme il l’a souvent fait!), l’ancien gardien opte plutôt pour une stratégie différente.

«Il nous a fait faire un mini-tournoi à trois contre trois où l’intensité devait être à son comble, se rappelle Danick Paquette. Nous avions le loisir de faire nos propres équipes et à la fin, Alexandre Néron n’avait pas été choisi. Patrick a alors décidé qu’il participerait au tournoi en compagnie d’Alex et de Martin Lapperière. Ils ont formé une équipe.»

Évidemment, Roy joue à fond de train. Il parvient même à guider son équipe jusqu’en grande finale du mini-tournoi.

«Il affrontait mon équipe! Je m’en rappelle, parce que c’est moi qui le surveillait devant le filet. Le prochain but était celui de la victoire. À un certain moment, Néron s’est emparé de la rondelle. Pat lui a crié : "Tire, tire!!!".

«Alex a hésité, parce que Pat était devant le but et n’avait pas d’équipement. Mais Roy lui a à nouveau sommé de tirer. Néron a alors décoché un boulet de canon. Un vrai lancer-frappé des ligues majeures. Et la rondelle... a frappé Pat directement à la cheville, puis a ricoché dans le but. L’équipe de Patrick venait de remporter le tournoi. 

«Je te jure que n’importe qui aurait hurlé de douleur. As-tu déjà reçu un tir frappé sur une cheville? Patrick aurait dû souffrir à ce moment-là, mais il a plutôt célébré comme s’il venait de remporter la coupe Stanley. Il a ensuite regardé les gars en criant : "C’est comme ça qu’on gagne des matchs de hockey!" Puis il a retraité au vestiaire sans rien ajouter. Son message était passé.»

Quebec
Crédit photo : Photo Stevens LeBlanc

L’autre événement assez surréaliste est raconté par Marc-Olivier Vallerand. 

«Lors d’un entraînement, Patrick trouvait que Louis Domingue tenait sa mitaine trop basse. Il est alors allé se poster derrière lui et ordonnait aux joueurs de décocher de violents lancers du côté du gant. Pat criait à Louis : "Si ta mitaine est trop basse, devine qui va payer!". 

«On était tous renversés. Tous les gars faisait exprès de rater le filet! Imagine un "coach" qui reçoit une rondelle en plein sur la "tomate"...»

«Une colère... arrangée?»      

En 2013, Patrick Roy dispute son premier match dans la LNH en tant qu’entraîneur. Pour l’occasion, il prend fièrement place derrière le banc de l’Avalanche du Colorado, l’équipe avec laquelle il a terminé sa carrière de gardien dix ans plus tôt. 

Ce soir-là, l’Avalanche affronte les Ducks, dirigés par Bruce Boudreau. 

Le gardien Jean-Sébastien Giguère, qui agissait comme gardien substitut pour le Colorado lors de cette joute, n’a rien oublié de cette soirée. 

«Nous menions 6-1 et en fin de match, tous les joueurs en sont venus aux coups. Pat avait envoyé sa ligne d’hommes forts, parce que nos joueurs-vedettes avaient été ciblés toute la soirée. Le match s’est donc terminé dans le tumulte et à un moment donné, les joueurs sur le banc des Ducks ont commencé à insulter ceux qui étaient sur notre banc. Patrick n’a pas apprécié et il a commencé à envoyer promener Corey Perry. 

«Bruce Boudreau a alors dit à Pat de lâcher ses joueurs et les deux entraîneurs se sont "pognés" solide.»

La scène est toujours bien ancrée dans la mémoire des partisans. Alors que Boudreau s’approche de la baie vitrée séparant les bancs des deux équipes, Patrick Roy la pousse et tente de la faire basculer sur son homologue, ce qu’il parvient pratiquement à faire. 

Au terme de son premier match à vie derrière un banc, Roy écope d’une inconduite de partie et... voit son club l’emporter 6-1. 

Sept ans plus tard, Giguère accepte de livrer sa petite théorie sur l’événement. 

«Honnêtement, je pense que c’était une mise en scène de Pat! Tu ne trouves pas que la baie vitrée était pas mal lousse? Il est peut-être allé se promener entre les bancs avant le match... Je crois vraiment, avec du recul, que Patrick souhaitait montrer à ses joueurs qu’il était prêt à tout pour eux. L’Avalanche venait de traverser plusieurs saisons de misère et Pat, selon moi, voulait démontrer à ses joueurs que cette époque était terminée. Mais arrangé ou non, à partir de ce moment, tous les gars étaient tous prêts à aller à la guerre pour lui.»

Un entraînement à la «Miracle»      

Janvier 2006. Brent Aubin vient tout juste de débarquer à Québec. Patrick Roy l’a acquis par le biais d’une transaction. Âgé de 19 ans à l’époque, c’est fort d’une indéniable expérience que l'habile buteur se joint à l’équipe. 

Mais il se rend rapidement compte qu’être préparé pour «l’expérience Patrick Roy» est impossible. 

«Un soir, nous affrontions Bathurst et nous menions 2-1 après deux périodes. Le Titan nous suivait de près au classement. Nous avons finalement perdu le match 4-2, mais j’étais vraiment d’avis que nous venions de disputer un excellent match. Patrick n’était pas du même avis.  

«Après la partie, nous étions en train de nous changer, quand il est entré dans le vestiaire. Il nous a lancé sans détour : "Les boys, remettez votre équipement. On retourne sur la glace!"

«Tout le monde se regardait un peu médusé. Certains avaient retiré leur équipement au complet. Finalement, nous sommes retournés sur la patinoire du K.C. Irving de Bathurst et Patrick nous avait fait souffrir comme dans le film "Miracle". Exactement pareil. Les "mountains" s’enchainaient sans arrêt.»

Un an plus tard, Aubin discute avec Roy dans l’autobus de l’équipe, lorsqu'il est pris de stupeur.  

«À un moment donné, il me lance tout bonnement : "Tu te rappelles la pratique de l’an dernier à Bathurst? Je voulais faire ça depuis la première journée de ma carrière en tant que coach. J’en rêvais. J’étais tellement content de pouvoir faire ça!"»

Trois ans plus tard, Kelsey Tessier a lui aussi vécu un épisode similaire... mais avant une partie! 

«C’était en 2009 et nous étions dans une mauvaise séquence de défaites. Je me souviens d’un entraînement matinal complètement horrible à Baie Comeau où Patrick nous avait fait patiner sans arrêt pendant plus d’une heure le matin même d’un match contre le Drakkar. Les gars étaient brûlés, voire complètement vidés. 

«Tout le monde pensait que la page était tournée après cette séance-là, mais c’était mal connaître Pat. Il était entré dans le vestiaire après la pratique et sa colère ne s’était pas estompée. Il nous a lancé : "Voici le deal. Tant que vous ne gagnez pas un match de hockey, tous vos entraînements seront comme ça." Et il était ressorti. Ce soir-là, on a battu Baie-Comeau. Patrick venait encore une fois de gagner son pari!»

Des félicitations... surprenantes!       

À l’été 2019, Félix Bibeau est échangé des Huskies aux Remparts. Peu de temps après son arrivée à Québec, il est nommé capitaine du club. Nous sommes en octobre 2019. 

Dès le début de la campagne, il comprend que Patrick Roy n’a rien de l’entraîneur typique. 

«Patrick a un appétit pour la compétition qui ne disparaîtra jamais», lance le jeune homme.

«Un soir, je m’étais fait renversé de façon assez sournoise par un rival. En fin de match, alors que nous menions par deux buts, j’ai choisi d’aller me faire justice moi-même et je suis allé pincer l’autre joueur. Je dois avouer que c’était un geste limite. Je n’ai pas été suspendu, mais j’ai été envoyé au vestiaire par les arbitres parce que le match tirait à sa fin. 

«Honnêtement, je ne savais pas trop comment Pat allait réagir. Je ne le connaissais pas encore beaucoup à ce moment-là. Je redoutais une forte réaction de sa part. Mais quand le match s’est terminé, il est immédiatement venu me féliciter. Il était heureux que je ne me sois pas laissé marcher sur les pieds! Patrick n’a jamais encouragé la violence, mais il voulait que ses joueurs se fassent respecter.»

Une mentalité qui, visiblement, ne disparaîtra jamais! 

À lire prochainement: Patrick Roy, un entraîneur ayant su s'adapter à la nouvelle réalité du hockey.